Si vous demandez à un enfant de trois ans de compter les personnes présentes dans une pièce (s'il sait compter), il oubliera presque toujours de se compter lui-même. Des psychologues comme Piaget l'avaient remarqué, mais n'importe quelle institutrice de maternelle en petite section peut l'observer tous les jours.

Cela nous semble une erreur, car nous n'oublions pas de nous compter nous-mêmes.

Mais se peut-il que l'enfant ait raison ?

Douglas Harding donne de tels témoignages d'enfants dans son livre Vivre sans tête : "Alors qu'on célébrait son troisième anniveraire, on demanda à Carlos de désigner ses différents oncles et tantes. Il les montra du doigt les uns après les autres sans difficulté. Puis quelqu'un lui demanda où était Carlos. Il agita vaguement la main...Carlos ne pouvait pas localiser Carlos."

En réalité c'est l'enfant qui a raison. Nous ne pouvons nous compter que si nous sommes identifiés au corps; alors en effet nous nous prenons pour quelqu'un, c'est-à-dire un individu, une personne.

Mais ce que nous sommes vraiment n'est pas localisable; nous ne sommes pas dans la pièce, c'est la pièce qui est en nous.

Il m'arrive assez souvent dans mes ateliers comme premier exercice de demander aux gens de compter le nombre de personnes présentes dans la pièce (à condition qu'on ne soit pas trop nombreux...) C'est très interessant.

Regardons la photographie suivante prise par Douglas dans les années 70 :

Combien compter vous de personnes sur l'image ? Trois ou quatre ?

Trois, n'est-ce pas ?

 

compter-1

 

 

Celui qui regarde ne fait pas partie du décor, car personne ne regarde n'est-ce pas?

Vous êtes la conscience, pas un individu ; vous êtes une non-chose, pas une chose.

La différence avec le petit enfant c'est que nous savons que  pour les autres nous possédons une apparence ; par exemple je sais où est José pour les autres, mais je prends bien garde de ne pas me réduire à cette apparence.

 

Jlr

 

une autre photo au même moment

photo-douglas

 

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