Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

23 mai 2018

Alors que verrai-je ?

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"Wei Wu Wei : Quelle est l'utilité de regarder dehors ? Tout ce que vous allez voir ce sont des objets ! Retournez-vous et regardez dedans.

- Verrai-je donc le sujet à la place ?

Wei Wu Wei :Si c'était ce que vous voyiez, vous regarderiez un objet. Un objet est un objet quelle que soit la direction dans laquelle vous regardez.

- Ne me verrai-je donc pas ?

Wei Wu Wei :Vous ne pouvez pas voir ce qui n'est pas là !

- Alors que verrai-je ?

Wei Wu Wei :Vous verrez peut-être l'absence de vous-même, ce qui est ce qui regarde. On l'a appelé "le vide"."

Wei wu Wei, Open secret

 

Merci à Patrice Ongaro pour le texte

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Atelier du mois de mai

 

Réunion sur internet avec José Le Roy jeudi 24 mai

jeudi 24 mai

20h30-21h30

Gratuit

 

Atelier à Paris vendredi 25 mai

avec José Le Roy, Lorène et Serge Durand

20h30-22h30

Gratuit

 

Atelier à Epinal samedi 26 mai

Samedi 26 mai

10h30-17h

 

Atelier à Bruxelles 2 et 3 juin

avec José Le Roy

 

Renseignements https://www.joseleroy.com/evenements

Réservations : joseleroy29@gmail.com

 

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22 mai 2018

Ma joie

Le maître zen Bukko Kokushi (1226-1286) (connu aussi comme Mugaku Sogen (無学祖元)) raconte ici son éveil grâce à un son:

MugakuSogen

« Une nuit, alors que j’étais assis, je tins mes yeux grands ouverts.

Et soudain, le son d’un coup contre la table, en face de la chambre du moine supérieur, arriva à mon oreille et me révéla aussitôt “l’homme originel” dans son intégrité…

Ma joie ne connut plus de limites.

Je ne pouvais plus m’asseoir tranquillement dans le hall de méditation, je m’en allais sans but, dans les montagnes, marchant de-ci, de-là. » 

Les Sectes bouddhiques japonaises

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19 mai 2018

Brahman est-il conscient de lui?

 

J'ai posé la question suivante à Swamiji Yogananda Sarasvati, qui est un advaitin français de la tradition de Shankara, de l'ashram Kaivalya. C'est un fin connaisseur des textes sanskrits de cette tradition.

Brahman est-il conscient de lui?

Brahman désigne l'absolu dans la tradition de l'advaita vedanta.

Voici sa réponse :

Sankaracharya

 

"Sachant que Brahman est Pure Conscience par nature (cinmâtra-svarûpam), qu'il est lumineux par lui-même (svayam prakâsham), qu'il est sa propre preuve (svatah siddham) et qu'il est éternellement comblé dans sa plénitude (sadâ paripûrnatvam), il est superflu de se demander si la Conscience de Brahman est consciente d'elle-même ou non, d'autant que la Conscience n'est pas un attribut de Brahman, mais sa propre nature indivisible. Etant consciente par définition, la Conscience ne saurait être inconsciente de quoi que ce soit, encore moins d'elle-même.

Personne ne se demande si le soleil brille ou si le feu chauffe. De toute évidence, Brahman ne se pose aucune question. Etant sa propre preuve autolumineuse, Brahman se suffit à lui-même. Il repose dans sa propre gloire impérissable. En lui, ni conscience objective (vishaya-jñâna), ni inconscience subjective (svâtma-ajñâna), mais Conscience à l'état pur (cidghana, vijñânaghana, prajñânaghana), sans distinction de "connaisseur" (pramâtâ), "objet de connaissance" (prameya) et "moyen de connaissance" (pramâna), car ces modalités appartiennent au monde relatif basé sur l'ignorance et caractérisé par l'action, ses facteurs et ses résultats (kriyâ-kâraka-phala).

Sans aucune aide extérieure et sans devenir un quelconque objet de perception sensorielle, Brahman qui est omniscient (sarvajña) se connaît lui-même par lui-même, raison pour laquelle Arjuna déclare : "Svayam-evâtmanâtmânam vettha tvam purushottama", "En vérité, Tu Te connais Toi-même par Toi-même, ô Etre suprême" (X, 15).

Selon l'introduction de Shankara aux Brahmasûtras, tout en étant différent d'un objet sensoriel, le Soi intérieur est néanmoins l'objet du pronom "je" (asmat-pratyaya-vishaya), lequel est direct (sâkshât) et immédiat (aparokshât). Sage ou ignorant, chacun fait référence à soi-même en tant que "je". Même un bouddhiste nihiliste ne peut échapper à l'emploi des pronoms "je " ou "on" contredisant la théorie incohérente du non-Soi.

En dernière analyse, tout comme le feu ne se brûle pas lui-même ou la lumière ne s'éclaire pas elle-même, Brahman n'a pas à se connaître, car sa nature est la Connaissance même ou la Conscience à l'état pur. Etant immuable et sans la moindre dualité, il ne se connaît ni ne s'ignore. Selon la Brihadâranyaka Upanishad (II, iv, 14), quand il y a comme une dualité, alors on sent quelque chose, on voit quelque chose, on entend quelque chose, on dit quelque chose, on conçoit quelque chose et l'on connaît quelque chose, mais quand tout est devenu uniquement le Soi, que sentirait-on et par quel moyen, que verrait-on et par quel moyen, qu'entendrait-on et par quel moyen, que dirait-on et par quel moyen, que concevrait-on et par quel moyen, que connaîtrait-on et par quel moyen ? Par quel moyen connaîtrait-on Celui par lequel tout est connu ? Par quel moyen connaîtrait-on le Connaisseur ? Quand tout est redevenu le Soi et rien que le Soi, qui alors ferait quoi que ce soit par quelque moyen que ce soit et dans quelque but que ce soit ? Telle est la grande remise en question du monde phénoménal par le Vedânta.

Dans son commentaire sur cet enseignement de Yâjñavalkya, Shankara explique que toute action implique un agent et qu'en son absence l'action n'est plus possible ni par conséquent son résultat. Ainsi, tant qu'il y a ignorance il y a le processus de l'action, de ses facteurs et de ses résultats, mais cela ne concerne pas le connaisseur de Brahman, car pour lui tout est uniquement le Soi. C'est donc seulement par ignorance que le non-Soi est imaginé, alors qu'en réalité il n'existe rien d'autre que le Soi. Par conséquent, lorsqu'il y a conscience de l'unité absolue du Soi, il ne peut y avoir conscience de l'action, de ses facteurs et de ses résultats. En raison de cette incompatibilité, il y a donc cessation totale des actions et de leurs moyens pour le connaisseur de Brahman. En effet, les paroles de Yâjñavalkya disant "Que sentirait-on et par quel moyen ?" expriment un rejet total en montrant l'impossibilité de tout autre cas de figure, vu l'impossibilité de l'action, de ses facteurs et de ses résultats. Dans la connaissance du Soi, nul ne peut donc percevoir quoi que ce soit par quelque moyen que ce soit, de quelque façon que ce soit et pour quelque raison que ce soit. C'est la Non-dualité absolue.

A la question de savoir si Brahman est conscient de lui-même ou non, la réponse est qu'en raison de sa nature de Pure Conscience immuable aucune question de ce genre ne le concerne, d'autant qu'il est impossible d'attribuer le moindre manque, la moindre nécessité ou la moindre dualité à la Plénitude absolue. Etant toujours pur, conscient et libre par nature (nitya-shuddha-buddha-mukta-svabhâva), Brahman n'est concerné ni par la connaissance ni par l'ignorance. Seul son reflet appelé jîvâtman, assujetti à l'ignorance ou la surimposition, est concerné par la connaissance de sa véritable nature en tant que Brahman, pour mettre fin à la transmigration causée par l'identification au non-Soi, transmigration qui n'est donc elle-même qu'un rêve ou une fausse notion.

En conclusion, étant Pure Conscience par nature, Brahman est au delà de la connaissance objective et de l'ignorance subjective.

Ainsi, non seulement il est faux d'envisager une connaissance de soi ou une ignorance de soi concernant Brahman, mais c'est illogique car injustifié en raison même de sa nature de Pure Conscience immuable et sans dualité. Tout comme il serait illogique de demander si le feu se brûle ou si la lumière s'éclaire, il est illogique de demander si la Conscience est consciente d'elle-même ou non, car la Conscience qui est une et indivisible se suffit à elle-même. Ni la connaissance ni l'ignorance ne la concernent. Le fait de connaître ou d'ignorer appartient au domaine relatif (vyavahâra) et non à la Réalité absolue (paramârtha) qui est lumineuse par elle-même (svayam prakâsha) et supérieure à l'ignorance (tamasah parastât). Imaginer qu'une scission en lui-même permettrait à Brahman de se connaître revient à dire qu'il ne se connaît pas, ce qui fait de Brahman un jîva alors qu'il est inconditionné (nirupâdhika) par nature. Les fausses questions doivent être passées à la faux de la logique affûtée par les paroles infaillibles des sages upanishadiques."

Swami Yogananda Sarasvati

18 mai 2018

Vois-tu les étoiles dans le ciel ?

ciel

 "Un soir, alors qu’il était allongé là, comme à son habitude, Patrul Rinpoche me dit : « Cher Lung-tog ! N’as-tu pas dit que tu ne connaissais pas l’essence de l’esprit ? » [Je répondis :] « Oui, monsieur, je ne la connais pas. » [Abu dit :] « Oh, il n’y a rien à connaître. Viens ici ». Je vins donc vers lui. [Il dit :] « Allonge-toi, comme moi, et regarde le ciel. » Comme je le faisais, [la conversation continua ainsi :]

 

« Vois-tu les étoiles dans le ciel ? »

« Oui. »

« Entends-tu les chiens aboyer dans le monastère de Dzogchen ? »

« Oui. »

« Bien, c’est ça la méditation ! »

 

A cet instant, intérieurement, j’en arrivai à la certitude [d’une réalisation]. J’avais été libéré des chaînes du « c’est » et « ce n’est pas ». J’avais réalisé la sagesse primordiale, [l’union] nue de la vacuité et de la conscience intrinsèque. Je fus introduit à la réalisation par sa bénédiction, comme le dit Saraha :

 Celui pour qui les mots du maître ont pénétré le cœur

Voit [la vérité] comme un trésor dans sa propre paume.

 Après coup, lorsque les mots [de Paltul Rinpoché] furent [intellectuellement] examinés, il n’y avait pas grand chose, mais simplement ses dires que la conscience de l’œil et la conscience de l’oreille sont la conscience intrinsèque."

 

anthologie

traduit par le regretté Serge

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16 mai 2018

souffrances et paix

Un lecteur du blog me pose cette question :

 

""Bonjour José,

En quoi le fait de savoir que nous sommes cette présence consciente nous enlève la souffrance? "

 

Bonjour,

Savoir que nous sommes cette présence consciente nous enlève certaines souffrances en effet. Voici quelques réflexions qui me viennent.

1. D'abord, nos souffrances viennent beaucoup du rapport à autrui, du sentiment d'être jugé. Nous manquons d'amour, de reconnaissance ce qui engendre de la frustration." L'enfer, c'est les autres" disait Sartre.

La découverte de notre vraie nature nous montre que nous ne sommes pas l'individu que les autres jugent et voient. L'éveil à la vacuité nous révèle que nous ne sommes pas une chose, mais une non-chose, une conscience. C'est une véritable délivrance à l'égard d'autrui. La conscience ne peut être vue comme une apparence dans le monde; elle est une transparence, légère et lumineuse.

La solution c'est n'être rien. Non-chose. Personne.

2. Nos souffrances trouvent leur origine aussi dans le fait que nous nous sentons limités et séparés. Des désirs naissent d'un manque douloureux. Nous pensons que notre bonheur se trouvera dans la réalisation de désirs. Ce qui n'arrive jamais bien sûr. D'où les frustrations et déceptions.

Avec la découverte de l'éveil, nous vivons dans une plénitude nouvelle. L'être de la présence est complet, plein. Il est total. Il est la totalité. Dès lors, ce vide psychologique disparait dans le vide métaphysique qui est aussi une complétude.

La solution c'est être tout. Toutes choses.

3- Mais des souffrances peuvent encore apparaitre dans cet espace de conscience. D'abord bien sûr des douleurs physiques, puisqu'il y a un corps. Et ensuite des émotions comme la tristesse, la colère, ...Tout le panel des émotions humaines en fait. L'humanité ne disparait pas ; elle vit dans l'espace de la conscience.

Mais il y a une paix plus profonde, invulnérable, immense, infinie qui s'est installée, et une équanimité émotionnelle beaucoup plus grande.

Mais bien sûr, il ne suffit pas de savoir que nous sommes cet espace de conscience; il faut l'expérimenter, le vivre, et s'y plonger.

Les yeux fermés, plonger dans la Présence nue du Je suis.

Les yeux ouverts, prendre conscience de l'ouverture au-dessus des épaules dans laquelle le monde se repose.

Et réaliser que nous sommes cela.

 

jlr

 

bouddha

 

 

 

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15 mai 2018

les etudes de sanskrit en france

 

inde s

Cet événement sera suivi d’un cocktail.

 

Ce carton et notre confirmation vous seront demandés à l’entrée

                                                                                                                                                    

informationinde@ambinde.fr

Réponse indispensable avant le mardi 22 mai 2018

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Rencontre autour de Krishnamurti

krishna

à la librairie Almora

Jeudi 31 mai

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Ateliers de mai

Attention :

réunion internet du 17 mai annulée

et atelier du 18 mai déplacé au 25 mai

IMG

Catherine et Douglas Harding, José chez Douglas en Angleterre, Nacton

 

mai 2018

Réunion Internet sur l'enseignement de Douglas Harding avec José Le Roy

de 20h30 à 21h30h

Jeudi 24 mai

gratuit

contact : joseleroy29@gmail.com

 


 

Paris : 25 mai

Vendredi de 20h30 à 22h30

atelier avec José Le Roy, Lorene Le Roy et Serge Durand

gratuit

contact : joseleroy29@gmail.com



 

Atelier à Epinal le 26 mai

Atelier de

S'éveiller à son Être véritable

Le but de cette journée est précisément de nous éveiller à notre vrai Soi qui est vaste, ouvert, libre, parfait et de le vivre ensuite dans le quotidien.

​Dans cet atelier, nous expérimenterons concrètement notre vrai Soi, grâce aux outils du philosophe et mystique anglais Douglas Harding (1909-2007) qui a ouvert une nouvelle voie d’éveil à notre vraie nature (la Vision Sans Tête).

Les expériences extraordinaires de Douglas Harding permettent en effet d’opérer directement un retournement de notre attention et de vivre à partir de qui nous sommes vraiment.

Et nous découvrons alors que tout ce que nous cherchions à l’extérieur – paix, joie, liberté et amour – se trouve en nous-mêmes.

 Samedi 26 mai 2018 de 10 h30 à 12h30 et de 14h à 17 h

 ​Prix: 40 euros la journée

Renseignements et inscriptions 

 

voir aussi www.joseleroy.com

et www.visionsanstete.com

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14 mai 2018

La beauté

 

La beauté est aussi un merveilleux guide vers la Source, comme le rappelle ici Douglas Harding :

 

"En 1964, je conduisais ce que, faute de mieux, j’appelle « un atelier sans tête », dans le cadre d’une Ecole Bouddhiste d’Eté, près de Londres. Parmi ceux qui « perdirent leur tête » en cette occasion, se trouvait un monsieur qui se présenta comme Lieutenant Colonel Roger Gunter Jones. Le lendemain, alors que nous nous promenions ensemble dans le jardin, il fut transporté par l’éclat de certaines roses, se demandant de quel pays elles avaient été importées. Mais devant d’autres sortes de fleurs, un peu plus loin, il découvrit qu’elles aussi étaient d’une beauté saisissante. C’était comme si toutes les couleurs du monde de Roger s’étaient soudain mises à chanter. Et l’histoire ne s’arrête pas là. Au bas de la route, il y avait une décharge mal dissimulée et malodorante. Une semaine plus tard, je découvris Roger en contemplation devant un tas de vieilles boîtes de conserves, de débris de meubles et de vaisselle, de vieux journaux crasseux et froissés, en extase devant la perfection absolue de cet ensemble de formes et de couleurs. Nullement le genre de sentiment ou d’attitude que vous vous attendriez à trouver chez un officier de l’armée et attaché d’ambassade en retraite !

La vérité, c’est que lorsqu’en grandissant, nous commettons l’erreur monstrueuse mais inévitable d’amener cette tête-dans-notre-miroir sur nos épaules ici, au lieu de la laisser là-bas où elle est très bien sur ces autres épaules, elle obscurcit, déforme et ternit tout ce que nous voyons. Et le seul moyen de retrouver le monde brillant et resplendissant que nous avons perdu en grandissant, c’est de retourner notre attention vers ce qui reçoit le monde, et de voir qu’ici il n’y a pas l’ombre d’un grain de poussière – encore moins une tête – entre le monde et moi. Je vous accorde, bien sûr, qu’il y a une grande différence entre cette capacité renouvelée de savourer le monde et le don de le célébrer par de grandes œuvres de peinture, de littérature ou de musique. Mais cette capacité est vraiment merveilleuse et – oui ! – profondément créatrice : ne vous méprenez pas, elle n’a rien de passif. Et finalement elle est nécessaire si vous voulez élire domicile dans le Palais même de la Beauté."

Douglas Harding

 

 

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