Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

24 février 2018

Parcours vers l'éveil

(repost du 7 décembre 2016)

Franck terreaux a eu la bonne idée de demander aux lecteurs de ce blog ce qui les avait le plus aidé sur le chemin vers l'éveil. Voici quelques unes des réponses qui ont été apportées ici. Ce serait très intéressant que d'autres lecteurs répondent également à la question (ma réponse ici):

Quel conseil vous a le plus aidé dans votre parcours vers l'éveil à vous-même ?

jlr

 

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 « Cela se traduisait chez moi par : que je le veuille ou non "c'est déjà en train de regarder" alors pourquoi rajouter un regardant, un observateur ?
Tout cela revient au même, certaines choses résonnent plus que d'autres selon l'individu qui le perçoit. L'important est de réaliser que le chercheur est totalement inutile il est donc inutile de se fatiguer. »

 Franck Terreaux

 

 
« Je ne sais rien dire de " l'éveil à moi-même" mais je viens de lire et voici ma réponse : Au plus fort des turbulences, ce qui m'a aidé est une petite phrase revenant en boucle : " La cause de tes difficultés n’est pas dans les choses, c’est toi-même dans les choses. C’est pourquoi regarde-toi d’abord et quitte-toi." Maître Eckhart. Je ne puis dire si la citation est exacte, si l'auteur est bien celui que je crois mais il est certain que la mise en oeuvre de cette injonction a été et reste décisive dans ma vie . 

 Juste ceci à ajouter : je ne le vis pas comme un conseil, mais un écho ou plutôt c'est d'abord un conseil, quelque chose qui ébranle, séduit et interpelle à la fois, puis la résonance s'installe. Personne ne l'installe, il y a juste constatation d'une fluidité.. Alors les mots disparaissent, avec leur auteur et le lecteur..
Reste un parfum.

 Lise

 

Voici le texte de Maitre Eckhart auquel Lise fait allusion :

 

«Entendons-nous bien : fuir ceci, aller vers cela, éviter ces gens, rechercher manière ou occupation n’est que ton agitation. La cause de tes difficultés n’est pas dans les choses, c’est toi-même dans les choses. C’est pourquoi regarde-toi d’abord et quitte-toi. En vérité, tant que tu ne te libères pas de ton vouloir, tu auras beau fuir, tu retrouveras partout obstacles et inquiétudes.
Chercher quoi que ce soit dans les choses extérieures, la paix, un lieu de retraite, la société des hommes, telle façon d’agir, les nobles œuvres, l’exil, la pauvreté ou l’abandon de tout, quelle qu’en soit la grandeur tout cela n’est rien, ne compte pour rien, ne donne rien — surtout pas la paix. Pareille quête ne mène nulle part : plus on cherche ainsi, moins on trouve. Ayant pris un chemin faux, on ne fait que s’éloigner davantage chaque jour.
Que faut-il donc faire ? D’abord, s’abandonner soi-même et, de la sorte, abandonner toute chose. En vérité, celui qui renonce à un royaume, au monde même, en se gardant soi-même, ne renonce à rien. Mais l’homme qui se renonce lui-même, quoi qu’il garde, richesse, honneur ou quoi que ce soit, a renoncé à tout. (…)
Regarde et, là où tu te trouves, renonce-toi. Voilà le plus haut.
Sache que jamais personne ne s’est assez quitté qu’il ne trouve à se quitter davantage. Commence donc par là, meurs à la tâche : c’est là que tu trouveras la paix véritable, et nulle part ailleurs.»

Maitre Eckhart

 

Ramesh Balsejkar-33 Balsekar

 

 « Après avoir "disparu" physiquement pendant quelques secondes, suivi d'une dé-pression jamais connue jusqu'alors, les livres de Ramesh Balsekar et plus tard de Werner Ablass (livres en allemand) m'ont beaucoup aidée avec ces questions : Qui voit, Qui décide et Qui agit ? Je suis revenue à "personne", début de mon expérience. Peu à peu s'est opérée une désidentification du personnage que je croyais être.
Le blog de José, ses livres ainsi que beaucoup d'autres (entre autres Frank Terreaux) contribuèrent à consolider `ce qui est la vraie nature du Soi. »

Elisabeth

 

 « S'il y a deux cherche la frontière, si tu ne la trouves pas cesse de l'imaginer.
Regarde depuis ce qui regarde et reste là. »

 Laurent

 

« Et une phrase de Douglas sur ton blog José (chaine youtube)
L'enregistrement a lieu en Ardèche...Douglas:"Celui qui parle de Cela...c'est trop loin......le livre qui parle de Cela...c'est trop loin."Et bing....... .retour au point Zéro.
(Une petite vidéo sympa:Mooji"tu n'es pas un concept") Merci et belle journée »

 Rien

 

 

 

 

« Bonjour,
ce qui m'a le plus aidé, indéniablement, ce sont les exercices pratiques de Douglas Harding et notamment le doigt qui pointe ! Je lisais depuis longtemps dans divers ouvrages de maîtres éveillés qu'il fallait retourner de 180° la flèche de l'attention, mais comment faire ? L'exercice du doigt qui pointe est celui qui ma permis enfin de comprendre comment retourner la flèche de mon attention et alors j'ai vu... D'accord pour dire avec vous qu'il n'y a rien ici, personne pour avoir vu et compris tout ça. Mais je ne suis qu'au début du chemin, car si j'ai compris et vu ma véritable nature, je suis toujours identifié au corps/mental. Il manque aussi la joie sans objet, la paix et la béatitude qui n'apparaissent qu'en présence du Soi, quand seul le Soi est présent (même si je sais que le Soi est présent en permanence puisqu'il n'y a que Lui). Mais lorsque c'est le cas, on sait d'expérience que là on est en présence de l'Etre suprême. Donc oui, les exercices de DH sont une aide formidable mais il faut continuer le chemin intérieur. »

 GLR

 

"L'auto-portrait de Ernst Mach a été le point d'arrêt de ma recherche. J'essayais toujours d'interpréter les textes que je lisais et je me perdais dans des considérations que je ne comprenais jamais complètement. Il faut dire que la notion de vacuité bouddhiste, selon laquelle les phénomènes sont dénués d'existence autonome et permanente, m'a beaucoup induit en erreur.
Grâce à ce dessin, j'ai instantanément perçu qu'il n'y a personne."

 Massimo

 

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"Sois ta propre autorité" et "Avant qu'Abraham fût, je suis". Ce n'a peut-être pas été temporellement ainsi, mais c'est ce qui reste le plus intensément présent.

Guillaume

 

Couv publication livre web

 

« Sur un chemin de plus de 30 ans, il y a eu de nombreux moments d'aides et d'ouverture.
Un des moments fort a été lors d'une conférence d'entendre Luis Ansa répondant à une question d'une participante : "Arrête de chercher, laisse toi trouver". Cette phrase anodine, dans ce moment-là a résonné très profondément pendant longtemps et a provoqué une ouverture à ce qui est là présent sans mental.

JPC

 

« Assieds toi et bois à la Source assoiffée d'être bue.  »

Anne

 

« Le retour de l'attention sur "mon oeil", bien sûr, a été central pour que je me rende compte de  ma vraie nature. Néanmoins Franck Terreaux a aussi été important.  Et aussi ce que dit Gilbert Schultz : « Quel que soit le concept qui apparaît à l'esprit, ce n'est pas ce que vous êtes. Vous êtes au sein de l'espace ouvert au-delà de tout ce qui survient dans l'esprit. Regardez à travers ces apparences. Continuez de chercher jusqu'à ce que tout soit dissous dans la transparence » Gilbert Schultz. (Voir son site ici ) »

Lin de Varga

 

 

"Pour moi c'est le "ne rien faire "de franck terreaux et après 25 ans de zazen....il y en a eu d'autres à d'autres moments mais celle là a été une révélation."

Philomène

 

"Quel conseil vous a le plus aidé dans votre parcours vers l'éveil à vous-même ?" Incontestablement (en 35 ans de recherche) l’inversion de l'attention de 180° (l'exp. du doigt qui pointe - avec sa mise en application régulière) et donc, ce qui en découle : personne n'est au centre, plus d'identification au personnage, (mental, imaginaire) l'espace d’accueil, l'ouvert, et la possibilité de le mettre en pratique à tous moments, et de comprendre ce qui est cité dans de nombreux textes sans dire vraiment, concrètement "comment faire". Pour finir : "voir", voir que tout est déjà là, là et accompli ... cette inversion de l'attention ma le plus aidé.
Et tout ceci grâce à la découverte de ce blogue et donc à l’immense et formidable travail de José Le Roy, Milles merci à toi !!!
"

Gepetto

 

"Spontanément et rapidement, je répondrai que c'est la pratique ( régulière ) de la méditation qui a été décisive et le reste . En effet, cet exercice infuse ( régulièrement ) à la fois attention et disponibilité intérieures. Il arrive que l'on se trouve étonné des changements de conscience qui se sont produits tant c'est naturel et sans grand effort (...qu'est-ce que cela donnerait avec effort? cela tombe bien ce n'est pas la question!).
Avec ce " travail", émergent de nombreux concours et occasions, dont votre blog n'est pas des moindres, qui engendrent amitié et gratitude.
Merci,"
Isabelle

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Ce qui m'a aidé à comprendre c'est le retour sur soi avec le doigt pointé, à qui la faute ;-) !!...une grande découverte, un soulagement immense ...une frayeur parfois aussi.
Mais cette "prise de conscient" ou prise à la Conscience, ce lien une fois réalisé est d'une richesse merveilleuse. Plus de doute, des questions comme des nuages, le détachement, une attraction agissante entre l'être et le monde.
J'ai pendant un temps accroché un fil au poignet pour me rappeler où se trouvait la porte.
Savoir laisser de coté de temps en temps sa carcasse humaine est une médication qui sauve en effet.
Merci encore de partager cela avec tant de vivacité.

Lili

 

Shikantaza

 

Pour moi, après avoir rencontré le bouddhisme (zen) il y a déjà quelques années de cela et avoir goûté par la suite à d autres voies, ce n'est que très récemment que j ai découvert le sens profond du "shikantaza" le "juste s'asseoir". Cet acte de simplement ne rien faire comprend à lui seul tout le noble octuple sentier. Je tentais désespérément (embarrassé de concepts non duels) d'échapper à cette réalité en m'en cherchant une autre...ma véritable nature, l éveil, l espace que je suis et j en passe. Une simple illusion. Encore un concept...La question "qui suis Je?" ne m'a rien apporté. Bien au contraire. Je crois qu'elle mène à une impasse.Je préfère aujourd'hui les questions "qu'est ce que c est?" "Comment ca fonctionne". Je ne suis plus tenté d aller voir ailleurs et je reste avec ce qui est. L assise silencieuse dévoile toute sa splendeur. Pénétrer la réalité, la comprendre c est l éveil. Et l éveil ce n est pas une fois. C est une pratique constante. Éclairer toutes mes zones d'ombres est essentielle désormais pour moi. Tentez de "voir" ce que je suis est un complet hors sujet. Voilà ma révélation.

Nicolas

 

 

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"Autant que je me souvienne j'ai toujours voulu la paix éternelle . Enfant, je ne comprenais pas tout ce cirque . Pourquoi l'école et tout ce bazar pour devenir quelqu'un .. je suis déjà ce que je suis . Ce que je suis n'est pas georges ( je suis la nature ) cela était très clair . Ensuite j'ai souffert car je me suis fait prendre au jeu social auquel je n'ai jamais vraiment adhéré. J'ai joué un rôle qui ne m'a jamais convenu . J'ai toujours eu la ferme conviction que je n'avais besoin de rien . La réalité telle qu'elle est m'a toujours convenu . Ainsi pourquoi ce bazar ... ? Il me fallait un remède . .. il y a eu les 2 krishnamurti . Mais je cherchais à reproduire ce qu'ils avaient vecu ( c'était ma pensee ) De fil en aiguille Ramana et Nisargadatta. Qui ont remis l'église au milieu du village ( je suis déjà la réalité que je recherche) mais les doutes subsistaient ( les raisonnements et le mental résistaient) encore très puissants . Enfin , il y a eu Karl Renz et Stephen Jourdain . Après des lectures passionnantes et passionnées, d un instant à l'autre . Un déclic s'est créé : j'ai tout vu tel un rêve que je maintenais , auquel je donnais vie par moi même et en moi même . Tout était un mensonge que je me racontais. D'un instant à l'autre, je me suis vu dans l'impossibilité de me perdre ou de me retrouver . Dans l'impossibilité de ne pas être ce que je suis . Cela a été accepté. Un rêve peut se déployer mais il est vu pour ce qu'il est : un rêve . Tout les concepts ou imaginations n'ont aucun pouvoir sur ce que je suis . Ainsi être est tout ce qui est et ce ne sera jamais différent . Dans le rêve tout peut se passer mais pour ce que je suis ... jamais car cela commence et se termine maintenant . C'est un peu la fin de l'aventure humaine intérieurement . Les prises de tête s'arrêtent mais c'est le début de la véritable aventure humaine celle du quotidien avec les autres et tout le reste . On est acteur à ce moment là ...

Georges

 

 

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Nisargadatta

C'est une phrase de Nisargadatta : "Observez ce que vous n'êtes pas, et vous vous en libérez "; et une phrase aussi, je ne sais plus de qui.... "il faut que je diminue et que tu croisse "
Bien entendu a mettre en pratique sans cesse !

Danielle

 

vivre-sans-tete

 

'J'ai lu "VIVRE SANS TETE" il y a quelques années et j"avais pu avoir un bref aperçu
de l'experience, j'avais voulu commander les exercices de JLR mais le livre était épuisé.
Il y a 15 jours j'ai pu commander la réédition et depuis je pratique le plus souvent.
Pour moi l'expérience de l'oeil unique a été fondatrice, d'autant que l'oeil unique est aussi "l"espace" qui entend et qui ressent, (en plus de la vision bien sure).
J'aime aussi pratiquer en écoutant de la musique les yeux fermés, celle ci surgit dans l'espace de pure silence, de pure conscience, que je suis.
C'est également un "centre", que l'on peut recontacter, en particulier quand nous sommes envahis par des émotions et des pensées qui nous emportent et nous font souffrir. De la nous pouvons les observer, et curieusement nous nous retrouvons au dela du mental, comme par enchantement les pensées disparaissent.
Mais ce qui est redécouvert c'est aussi une sorte de desert silencieux, immuable, sans âge (comme JLR le dit) et c'est peut être la porte, qui ouvre d'un coté sur la création, et de l'autre sur le Créateur. C'est peut être le lieu ou l'on peut "laisser Dieu être Dieu en nous" (Maitre Eckart).

En tout cas un grand merci à Jose Le Roy pour ses livres et son blog, et aussi pour la propagation de la bonne nouvelle de Douglas Harding".

Anatole

 

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23 février 2018

Pas de raison de s'angoisser

Un lecteur du blog me pose une question:

"Bonjour M. Le Roy,

vous dites de regarder dans le vide au-dessus de mes épaules, mais je trouve ce vide angoissant. Pas toujours mais parfois. Merci"

 

Si je regarde dans la nature de mon esprit, je ne trouve rien en effet, personne. Je prends conscience d'une ouverture vide d'observateur et sans limite.

Ce vide peut être angoissant, surtout s'il est découvert par hasard, brutalement sans prévenir. Où suis-je ? Suis-je encore vivant ? Où ai-je disparu?

Mais il n'y a aucune raison de s'angoisser.

D'abord ce vide n'est pas du tout mort ; au contraire il est intensément vivant ; il est éveillé. Il est la Vie.

De plus ce vide se révèle être également plein. Cette ouverture que Douglas Harding appelait "Espace d'accueil" est en effet accueil inconditionnel pour toutes choses, si disponible, si vaste que le monde apparait en Lui. Ce rien est donc rempli du monde, au point qu'on ne peut séparer le vide et le plein, le sans-forme et les formes, le silence et les sons. Les deux sont Un en vérité, à la fois sujet et objet et ni sujet ni objet, véritable non-dualité. Il faut que le vase soit vide pour être rempli, n'est-ce pas?

En réalité, la découverte de cet espace nous délivre de beaucoup de nos angoisses, car elle nous libère de l'identification avec l'ego qui, elle, était source de peurs. Se prendre pour une chose limitée et éphémère au milieu des choses est source de beaucoup de nos stress.

Peut-être pouvez-vous abandonner le mot "vide" ou "vacuité"; ce ne sont que des mots après tout. On peut leur préférer celui de "conscience", de "source", d'"être" ou encore de "nature-de-bouddha". Choisissez le vôtre : pourquoi pas "La plénitude"?

Mais de toutes façons la découverte de sa vraie nature n'est pas non plus la fin de toutes les angoisses et de toutes les peurs ; je ne vous promets pas cela. Mais à partir de l'espace de la conscience , vous pourrez plus facilement accueillir les émotions qui se produisent, sans vous identifier à elles. Elles seront des décorations interessantes de la source, des expressions; et elles ne vous décentront plus.

amicalement

josé

 

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Coupe par Rupert Spira

 

 

"Trente rayons convergent vers un seul moyeu ;
C'est sur le trou du centre que dépend l'utilité de la charrette.

Nous fabriquons un récipient à partir d'une motte d'argile ;
C'est l'espace vide dans le récipient qui le rend utile.

Nous fabriquons des portes et des fenêtres pour une pièce ;
Mais ce sont ces espaces vides qui rendent la pièce habitable.

Ainsi, bien que le tangible ait ses avantages,
C'est l'intangible qui le rend utile."

Lao-Tseu

 

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21 février 2018

Du rêve à l'éveil

Douglas Harding a écrit une petit Upanishad sur le modèle de la Brihadaryanaka Upanishad :

voici le passage de l'Upanishad indienne

« Asato ma sad gamaya
tamaso ma jyotir gamaya
mrtyor ma amrtam gamaya »

« Conduis-moi du non-être à l’être
Conduis-moi de l’obscurité à la lumière
Conduis-moi de la mort à l’immortalité. »

Voici le texte de Douglas Harding

"La dernière Upanishad

    Conduis-moi du rêve à l'éveil.
    Conduis-moi de l'opacité à la clarté.
    Conduis-moi de la complication à la simplicité.
    Conduis-moi de l'obscurité à l'évidence.
    Conduis-moi de l'intention à l'attention.
    Conduis-moi de ce qu'on me dit que je suis à ce que je vois que je suis.
    Conduis-moi de la confrontation à la grande ouverture.
    Conduis-moi en ce lieu que je n'ai jamais quitté.
    Où se trouve la paix, la paix, la paix."

    Douglas Harding La troisième voie, vers un nouvel humanisme. Albin Michel page 73

La grande ouverture, claire, éveillée, simple, évidente qui ne me quitte jamais est précisément la vacuité que je découvre en inversant la flèche de mon attention de 180°.

Ici, juste au-dessus de mes épaules, le monde jaillit dans la lumière de l'Ouvert.

Il me suffit d'être attentif à la fois au monde et à CE qui perçoit le monde.

Qu'est-ce qui perçoit?

Non pas une petite boule de viande colorée et chevelue !

Mais la conscience claire et vide.

Vide et pleine du monde.

Le monde qui apparait dans LE GRAND ESPACE que je suis.

jlr

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19 février 2018

Comment puis-je atteindre cet état ?

 

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De quelle importance est la méditation ?

Maharaj : La seule chose possédée par chacun est la certitude d’exister, la certitude d’être une présence consciente. La médi­tation est uniquement ce sentiment de présence.

Alors pour méditer, je m’assieds et je pense à ma propre présence ?

Vous vous asseyez mais pas en tant qu’individu, simple­ment : sentiment de présence sans mots. Méditez sur ce qui sait que vous êtes ici, assis. La sensation entraînant la convic­tion que votre corps est ici est une identification au corps, mais ce qui sait sans besoin de preuves que le corps est là, assis, est une expérience de l’Absolu.

Ne le sait-on pas grâce à l’intellect ?

L’intellect relève de la matière et vous n’êtes pas la matière, vous êtes ce qui comprend la matière. Ce sentiment de pure présence expliquera tout ce que vous avez besoin de comprendre. Vos efforts ne vous y mèneront pas, mais si vous devenez un avec ce sentiment de présence, lui le réalisera.

Dois-je développer ce sentiment de présence tout au long de la journée, au cours de toutes mes activités ?

Il est inutile de vous concentrer sur cette présence, elle est toujours là. L’essence de vos actions, peu importe les­quelles, est le corps-nourriture. Laissez le corps-nourriture faire son travail mais comprenez bien que ce qui effectue le travail n’est pas vous, vous êtes uniquement le sentiment de présence.

Quels que soient vos efforts, physiques ou intellectuels, il s’agira essentiellement d’efforts du corps-nourriture. Pour vous il n’y a rien à faire. Tout ce qui doit se produire se produira de lui-même, accompagné de la conviction d’être totalement à l’écart du corps et de l’intellect.

À vous entendre cela semble facile, mais ce doit être très difficile à réaliser.

Quoi que vous en pensiez, facile ou difficile, agrippez-vous à une seule certitude : vous êtes ce sentiment de présence et non pas le corps-nourriture. Ce que vous êtes n’a ni forme ni couleur.

(...)

 

Comment puis-je atteindre cet état ?

 

Il est toujours là. C’est l’état premier mais il est au-delà de la connaissance. Cet état ne peut pas être élucidé, tout ce que je vous dis ne peut que désigner, pointer : « c’est là ». Les mots ne peuvent pénétrer ce niveau.

 

(Traduit de l’anglais par Paul Vervisch)

 

 

(Revue Être. No 2. 16e année. 1988)

 

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18 février 2018

lorsqu’on ne fait rien, c’est là de Franck Terreaux

Marie-Christine me demande de reposter ce message de FranckTerraux.

Merci Franck.

jlr

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"Cette présence, cette vision qui est, EST. Elle est toujours présente. Si cela ne semble pas être le cas c’est parce que c’est nous qui la quittons constamment.

La question n’est pas comment vivre la vision mais plutôt comment cesser de la quitter tout le temps ? Il ne s'agit donc pas de savoir comment moi je vais me maintenir dans la présence, mais de découvrir le truc qui fait que je la quitte constamment ? Alors expérimentons, et voyons voir ce qui se passe ?

Là, en cet instant même, arrêtons nous de faire… ne faisons rien pas même méditer… que se passe t-il ? Nous réalisons alors que si cette vision est là c’est parce que nous, nous ne faisons rien. (ce nous étant celui ou celle qui veut maintenir la vision).

A partir de là mettons nous en quête de découvrir ce qui nous la fait quitter. Que se passe t-il ? Une trappe s’ouvre et nous basculons dans notre cerveau ?
Comment fonctionne ce mécanisme ? Il y a bien un truc qui se passe ?
Alors restons là et attendons de voir quel est ce truc qui nous fait basculer hors de cette vision que l’on aimerait tant maintenir.

Je peux vous dire que vous risquez d’attendre longtemps car en le cherchant vous empêcher le basculement de se produire. Je crois que c’est Ramana Maharshi qui disait : « c’est comme un voleur, s’il est vu il ne peut plus agir ».
Comprenez moi bien, il ne s’agit pas de s’exercer à ne rien faire mais simplement voir que lorsqu’on ne fait rien, c’est là.


Tout comme la lumière nous permet de voir les objets qui se trouvent dans l’obscurité, ne rien faire nous permet de réaliser que c’est déjà là, et qu’il n’y a donc rien que nous devions faire. Ce qui est important de comprendre, c’est que l’accent n’est pas porté sur l’arrêt de faire, mais sur ce qui apparaît lorsque vous vous arrêtez, car c’est précisément cet arrêt qui vous permet de le voir.

Bises.

Franck Terreaux"

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public/privé

 (publié il y a un an)

On peut, je crois, pédagogiquement et provisoirement, présenter la question de notre identité ainsi.

Nous avons deux identités : une identité publique et une identité privée.

L'identité publique représente notre apparence pour les autres, notre corps mais aussi notre personnage social avec toutes les caractéristiques qui lui sont attribuées comme la nationalité, le métier, le statut marital, le caractère etc. La plupart des gens ne connaissent pas d'autres identités que celle-là. Par exemple, mon identité publique est celle d'un professeur de philosophie français, marié, père de deux enfants etc.

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Mais nous avons aussi une identité privée, qui représente ce que nous sommes pour nous-mêmes, c'est-à-dire notre essence. Cette identité privée est inaccessible aux autres de l'extérieur et elle se découvre à nous lorsque nous inversons la flèche de  notre attention de 180°.

 

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Cette identité privée n'a rien à voir avec un moi psychologique, avec des pensées ou des sentiments. Elle est l'espace vide, et sans forme à partir duquel le monde est vu (et en ce moment cet écran).

Notre erreur fatale est d'ignorer cette identité privée et de nous identifier complètement avec l'identité publique.

Cette distinction est provisoire car en réalité, il n'y a ni intérieur, ni extérieur, ni privé, ni publique mais elle peut s'avérer utile dans un premier temps.

Ainsi, voir sa vraie nature (appelée ici identité privée) c'est connaître un secret que les autres ne voient pas (à moins qu'ils ne s'éveillent eux-mêmes à leur vraie nature);

un secret absolument magique.

De l'extérieur vous paraissez un homme ou une femme, mais pour vous-mêmes ...

vous êtes...l'espace éveillé.

jlr

 

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17 février 2018

comme un océan translucide et immuable

Longchenpa, maitre dzogchen du 14 eme siècle, décrit ici l'expérience même de la vraie nature de l'esprit.

C'est en retournant son regard en lui-même ("je jetais un regard ardent sur cette pure conscience en moi-même") que Longchenpa s'éveille à sa vraie nature.

Ni être, ni non être, ni présence, ni absence ("il n'y avait rien qui ressemblât à une présence ou à une non-présence"), la pure conscience est comparable à un ciel ouvert où les apparences surgissent.

Retourner son regard, inverser la flèche de l'attention vers Rigpa (la pure présence), tel est le geste intérieur pour basculer dans l'expérience même de la concience nue.

Cette pure présence n'est ni ceci, ni cela ("il n'y avait rien de tel comme être ceci ou n'être pas cela"), elle se tient en elle-même et contient tout en elle, apaisée, autoétablie, parfaite.

Coïncider avec la présence, c'est aussi voir le mental s'apaiser dans la clarté de la conscience ("l'agitation de l'esprit et les événements mentaux ont disparu").

Sans rien faire, juste reposer dans la clarté de l'Ouvert.

jlr

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Longchenpa

 

"Dans cet état où la conscience pure dans son rayonnement était au-delà de tout concept et où la conscience pure irradiait dans son plaisir, je jetais un regard ardent sur cette pure conscience en moi-même dans cette expérience la plus dépouillée de plaisir, de rayonnement et de non-division (pas de concepts), il n'y avait rien qui ressemblât à une présence ou à une non-présence.

Dans la pure facticité de cette pure conscience en moi, irradiante et ouverte, il n'y avait rien de tel comme être ceci ou n'être pas cela, ou d'existant ou de non existant.

Cette pure conscience,  au­-delà des mots et pensée, indescriptible par des analogies, se présentait tout comme un océan translucide et immuable ; c'était comme l'immense étendue du ciel, continue et impassible.

Cette pure conscience en chacun de nous, dans laquelle l'agitation de l'esprit et les événements mentaux ont disparu, se rencontre comme le fon­dement de la raison d'être, Mahamudra, connaissance primordiale intrinsèque, et on la dénomme aussi Dzogs-pa Kempo".

Longchenpa, H. Guenther, Kindly Bent to ease Us,  : Méditation Dharma Publishing, Emeryville, 1976

Anthologie de l'extase, Albin Michel

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Stage d'été en Ardèche juillet 2018

Les réservations pour le stage d'été en Ardèche en Juillet sont désormais possibles.

Attention le nombre de places est limité (autour de 45)

 

 

S’EVEILLER A NOTRE VRAIE NATURE

Que suis-je ?

Douglas Harding (1909-2007) a initié un chemin de connaissance de soi, appelé la Vision Sans Tête qui nous permet de répondre concrètement à la question « Que suis-je ? ».

Le but de cette semaine est de nous éveiller à notre vraie nature grâce aux exercices mis au point par Douglas Harding.

Ces exercices simples sont basés sur l’attention et le renversement de notre conscience à 180°.

 

Une semaine animée par

Catherine Harding, José Le Roy, Bill Garside et de nombreux autres amis

 

En Ardèche :

au centre Terreaulumière

Une semaine pour s'éveiller à sa vraie nature, se recentrer grâce aux outils mis au point par Douglas Harding

Arrivée dimanche 8 juillet en fin d'après-midi

début du stage lundi matin à 10 heures

fin du stage vendredi soir à 19 heures

départ samedi matin 14 juillet après le petit déjeuner.

(ou le vendredi soir)

 

Contact : joseleroy29@gmail.com

 Fiche de réservation (à renvoyer à Terre eau lumière) : stage_ete_2018

51969141

51969373

51969315

51969258

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16 février 2018

Ce qui perçoit

J'ai reçu un message de Catherine Harding qui nous parle d'un livre qu'elle a beaucoup aimé :

Ce qui perçoit d'Annie.

J'ai rencontré Annie lors d'un stage de Vision Sans Tête que Catherine, Daniel Zanin et moi-même avions donné à Chambery il y a fort longtemps. C'est son premier livre.

jlr

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"Chers amis dans la Vision de la Clarté éternelle,

 

Il y a longtemps que je n’ai donné signe de vie parce que j’ai fait un long voyage… un voyage au bout de la douleur ( physique)…. 

 Je n’ai pas encore atteint la gare où tout le monde descend… mais j’émerge un peu… et je souhaite partager avec vous la découverte du livre de mon amie Annie: "CE QUI PERCOIT",  que je trouve extrêmement intéressant, parce qu’il décrit la même expérience intime de notre véritable Nature mais avec un langage un peu différent ("perçoit" au lieu de "voit" etc...)

 

Peu importe :  Douglas le disait souvent : « J’ai ouvert une voie, mais d’autres innoveront encore. » Le langage d’ Annie me touche profondément, comme celui de Nisagaratta Maharaj, parce que nous sommes tous à la fois semblables et à la fois différents.  

 Annie démonte sans cesse notre fascination pour les propositions incessantes du mental… cette déconstruction même est l’éveil.  

 Lisez plutôt:    

« Dans l’état de confusion… ce qui était pris pour le sujet est un objet ! Un objet perçu, comme tout objet. Est alors réalisé que Ce que je suis vraiment est Ce qui perçoit…y compris ce que je croyais être moi ! Tout dans ce monde est perçu, la seule question est : Qui perçoit?

 Ce qui perçoit est là, toujours là et c’est Cela que je suis.

 EN AMONT, IMMOBILE ET TOUJOURS LA, JE SUIS

 CE  que nous sommes vraiment n’a aucune caractéristique, n’a ni forme, ni couleur, ni goût ni parfum, rien. TOUT EST OBJET, SAUF CE QUE NOUS SOMMES.

 Avez-vous remarqué que vous êtes toujours présent quand le monde est là? 

 Le mouvement de la vie est notre propre mouvement, notre propre respiration, respiration divine… je suis le souffle…

 La joie est là, de partout, en nous bouillonnante, vibrante

 L’alternance concerne seulement ce que je ne suis pas.  CE QUE JE SUIS EST TOUJOURS LA !

 Tu dis que revenir ici est un geste intérieur? S’agit-l d’un réel geste comme une sensation physique ? 

Oui, ce geste intérieur est le geste de l’éveil, celui du rappel. Il s’agit d’un retournement de l’attention,, dès lors tout est différent… Ce geste est LE RETOUR A LA DISPONIBILITE, A L'ECOUTE, A L’OUVERT.

 Etc… etc… etc…"

 

Annie prend sa source dans la Joie de l’Etre, et nous montre le chemin. 

 Amour et Humour, vous trouverez les deux dans ce livre."

Catherine Harding

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15 février 2018

Atelier à Paris

Vendredi 16 février à 20 h30

atelier à Paris

avec José Le Roy, Lorène, Serge Durand

Thème : L'éveil à sa vraie nature grâce aux outils de Douglas Harding

gratuit

renseignements : joseleroy29@gmail.com

Voir le site http://www.visionsanstete.com/ateliersVST/ateliers.html

Pas de rencontre internet ce soir. Désolé.

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