Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

20 avril 2018

Réveillez-vous !

Voici un exemple de la façon dont un maitre zen veut conduire son disciple au-delà de la pensée conceptuelle.

Entretien avec le maître Seung Sahn

seungsahn

 

Question : Qu'est-ce que le zen ?

Seung Sahn :Qu'êtes-vous ?

(Silence.)

Vous comprenez ?

Je ne sais pas.

Cet esprit qui ne sait pas, c'est vous. Le zen, c'est comprendre ce que vous êtes. Le zen n'est rien d'autre ? Cela ne suffit-il pas ?

Je veux parler de la compréhension finale, de l'illumination que doit avoir un maître zen pour devenir un maître zen.

Toute compréhension est une non-compréhension. Que comprenez-vous ? Montrez-moi ce que vous comprenez ! (Silence.)

Bien. Que font un plus deux ?

Trois.

Pourquoi ne me disiez-vous pas cela ? De quelle couleur est le ciel ?

Bleu.

Très bien! La vérité est très simple, non? Mais votre esprit est compliqué; vous comprenez trop. C'est pour cela que vous ne pouviez pas répondre. Mais il y a une chose que vous ne comprenez pas.

Quoi ?

Un plus deux égale zéro.

Je ne vois pas comment.

Bon. Supposons que quelqu'un me donne une pomme. Je la mange. Puis il me donne encore deux pommes. Je les mange. Toutes les pommes ont disparu. Donc un plus deux égale zéro.

Hmmmm.

Vous devez comprendre cela. Avant de naître, vous étiez zéro. Maintenant vous êtes un. Plus tard, vous mourrez et vous redeviendrez zéro. Il en est ainsi de toutes les choses de l'univers; elles surgissent de la vacuité et retournent à la vacuité. Ainsi zéro égale un, un égale zéro.

Je vois. Qu'est-ce que l'illumination ?

L'illumination n'est qu'un nom. Si vous faites l'illumina­tion, l'illumination existe. Mais si elle existe, l'ignorance existe aussi. Bon et mauvais, vrai et faux, illuminé et ignorant : ce ne sont que des opposés. Ces opposés sont simplement votre façon de penser. La vérité est absolue, au-delà de la pensée, au-delà des opposés. Si vous faites quelque chose, vous obtiendrez quelque chose. Mais si vous ne faites rien, vous obtiendrez tout. L'illumination n'est-elle vraiment qu'un mot? Un maître zen ne doit-il pas atteindre l'illumination pour être précisément un maître ?

Le sutra du Cœur dit que l'on ne peut atteindre l'éveil, donc qu'il n'y a pas d'éveil. Si l'on atteint l'illumination, ce n'est pas l'illumination.

Alors, tout le monde a l'illumination ?

Comprenez-vous le non-atteindre ?

Non.

Le non-atteindre est atteindre. Vous devez atteindre le non-atteindre! C'est quoi, atteindre? Qu'y a-t-il à atteindre ? La vacuité ?

Dans la vraie vacuité, il n'y a ni nom ni forme. Atteindre n'existe donc pas. Si vous dites : « J'ai été la vraie vacuité », c'est faux.

Je commence à comprendre. Du moins, je crois que je commence.

L'univers est en permanence la vraie vacuité. Mainte­nant, vous vivez dans un rêve. Réveillez-vous ! Alors vous comprendrez."

 

extrait de ZEN, par Anne Bancroft, Seuil, 1979

Posté par josleroy à 11:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


16 avril 2018

Soi perdu

Métaphore de la recherche spirituelle...

...J'ai perdu mon Soi.

...Ah non, il est là.

 

facebook_1523889192000

Missing = perdu

Posté par josleroy à 21:41 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

15 avril 2018

Cette âme, devenue rien

 Nous publions aux éditions Almora au mois d'avril un nouveau livre de Jean-Yves Leloup consacré à la mystique chrétienne Marguetite Porète, brûlée vive à Paris le 1er juin 1310.

Sa haute mystique influencera profondément Maitre Eckhart et toute la mystique rhénane.

Jen-Yves Leloup nous livre une profonde méditation sur certains des écrits de Marguerite.

Aline Bureau a dessiné la couverture.

jlr

 

IMG_0002

IMG_0003

 

« Cette âme, devenue rien
Possède tout et pourtant ne possède rien.
Elle veut tout et ne veut rien.
Elle sait tout et ne sait rien. »
Marguerite Chap. 7, p. 58

 

"Peut-on devenir « rien » si on ne l’est déjà ?

Rien - nothing veut dire ici « pas une chose » ; il ne s’agit pas pour Marguerite de devenir « quelque chose » ou de « devenir quelqu’un » mais de devenir le nothing, le « no body » que nous sommes, l’être incréé qui est Dieu même.

La lumière éclaire tout, quand elle n’est arrêtée par rien de particulier. Ne voulant aucune chose, n’ayant nulle préférence, son vouloir, demeure ouvert à tout.

Sa connaissance n’étant ni arrêtée ni fixée par aucun savoir particulier, reste elle aussi, ouverte à tout.

Le non-arrêt, la non-fixation de la conscience, n’est-ce pas là, la clef qui nous ouvre à un état simple, d’éveil et d’adhésion, à tout ce qui est, devient et passe. Seule la mort sait qui je suis, celui qui est mort avant de mourir en sait-il davantage ?

Faut-il renoncer à la promesse de Calypso : une vie et une jeunesse éternelle pour la joie de vieillir avec un être mortel ? Il ne faut rien, vivre pour mourir est notre condition, « mourir pour vivre est une plus grande aventure », dit-elle.

Une âme anéantie est le contraire d’une âme morte, elle est une âme pressée de se connaître."

Jean-Yves Leloup

Posté par josleroy à 21:36 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

14 avril 2018

Le Soi est toujours atteint

Le soi est toujours (et donc déjà) atteint.

 

IMG_0001

IMG_0002

 

 

 

 

"Par la pratique spirituelle [sadhana] on peut atteindre ce qui est autre que ce que l'on est. Mais par quelle sadhana atteindra-t-on le Soi et, qui est celui qui l'atteindra ?

Connaître le Soi c'est être le Soi, et être signifie existence, notre propre existence. Elle ne peut pas plus être niée que l'on nierait nos propres yeux, même si l'on ne peut pas les voir. Le problème est que vous désirez voir le Soi comme un objet de la même manière que vous objectivez vos yeux quand vous mettez un miroir devant eux. Vous vous êtes si accoutumés à l'objectivation que vous avez perdu la connaissance de ce que vous êtes, cela simplement parce que le Soi ne peut pas être transformé en un objet de perception.

Il n'existe rien de nouveau à réaliser. Cette « réalisation » est simplement l'expérience appelée Connaissance [jnana] libérée de l'ignorance.

Les gens demandent : « Comment l'ignorance est-elle survenue ? » Ce à quoi nous devons répondre : « L’ignorance n'est jamais survenue. Ce n'est pas une entité réelle. Ce qui est, n'est que connaissance [vidya]. »

La vraie Connaissance de Brahman [Brahma jnana] n'est pas une connaissance à acquérir de telle façon qu'une fois gagnée, on atteint le bonheur. C'est plutôt notre perspective fondée dans l'ignorance qui doit être abandonnée. Le Soi que vous cherchez à connaître est assurément vous-même. Votre soi-disant ignorance vous cause une souffrance inutile, à la manière de celle des dix hommes fourvoyés qui pleuraient la perte du dixième homme, qui pourtant ne s'était jamais égaré".

La vérité non-duelle se vit dans l'expérience de la conscience pure et suprême. Elle n'est pas la réalisation de quelque chose de nouveau.

Le sentiment de ne pas avoir réalisé fait obstruction à la réalisation. En fait, la réalisation s'est déjà produite ; il n'existe rien de plus à accomplir. Autrement, la réalisation serait neuve ; elle n'aurait pas existé jusqu'à maintenant et devrait donc se produire dans le futur. Ce qui est né, doit mourir. Si la réalisation n'est pas éternelle, elle n'en vaut pas la peine. En conséquence, ce que nous recherchons ne saurait être une nouvelle situation. C'est seulement ce qui est éternel ; cependant inconnu à cause d'un obstacle. Cet obstacle, c'est le fait de chercher. Tout ce qu'il faut faire, c'est supprimer l'obstacle. Ce qui est éternel n'est pas reconnu en tant que tel en raison de l'ignorance. L’ignorance fait obstruction. Dépassez-la et tout ira pour le mieux".

Depuis toujours vous existez uniquement en tant que Cela que vous vous efforcez tellement à connaître.

Le Soi est toujours atteint [nityasiddha]. Chacun veut connaître le Soi. De quelle aide a-t-on besoin pour se connaître soi­-même ? Les gens voudraient que leur Soi leur apparaisse à la façon de quelque chose de nouveau. Mais il est éternel et demeure identique tout du long. Ils désirent le voir tel une lumière éblouissante, etc. Comment peut-il en être ainsi ? Il n'est ni lumière ni obscurité [na tejo, na tamah]. Il est seulement tel qu'il est. Il ne peut être défini ; si ce n'est par:" Je suis ce Je suis." Les Écritures [shruti] décrivent le Soi comme ayant la taille du pouce, celle de la pointe du cheveu, comme étant une étincelle électrique, ou encore comme étant vaste et plus subtil que ce qu'il y a de plus subtil, et ainsi de suite. En fait, ces descriptions sont sans fondement. Il n'est qu'être. Il est pourtant différent à la fois du réel et de l'irréel; il est Connaissance, mais distinct de la connaissance et de l'ignorance. Comment le définir de quelque manière que ce soit? Il est simplement être."

Ramana Maharshi

Posté par josleroy à 18:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

13 avril 2018

L'attention est amour

Je me demandais l'autre jour ce qu'était véritablement que l'amour ; et une réponse est venue spontanément : l'amour véritable est attention.

Aimer quelqu'un ou quelque chose  c'est lui prêter attention, complètement, absolument. Alors dans l'espace de l'attention, ce qui est là est vraiment vu, accueilli.

Mais cette attention exige que je disparaisse en tant que spectateur attentif, que je sois vide, ouvert. Seule cette ouverture totale - sans "je" - est capable d'amour car seule elle est capable de cet accueil absolu de tout.

L'attention à partir du vide est don de soi, puisque le "je" cède la place devant l'arrivée de ce qui est là, juste là.

Et dans cette attention, une allégresse, un frémissement surgit aussi qui est la joie de l'être. L'ouverture totale à ce qui est là n'est pas seulement la plus haute forme de connaissance spirituelle, c'est aussi un tressaillement du coeur, un ébranlement de l'affect qui est précisément l'amour. La vision nue de la vacuité est une union d'amour avec ce qui est.

Union avec l'autre homme ou femme, mais aussi avec l'animal, l'arbre et la pierre. Tout ce qui est accueilli dans l'attention vraie touche la corde de l'amour, et la fait vibrer.

L'attention vide est un espace d'amour.

Simone Weil aussi le disait :

" Ce regard est d'abord un regard attentif, où l'âme se vide de tout contenu propre pour recevoir en elle-même l'être qu'elle regarde tel qu'il est, dans toute sa vérité. Seul en est capable celui qui est capable d'attention."

et :

"Ce n'est pas seulement l'amour de Dieu qui a pour substance l'attention. L'amour du prochain dont nous savons que c'est le même amour, est fait de la même substance."

 

« C’est une attention intense, pure, sans mobile, gratuite, généreuse. Et cette attention est amour. »

 

 

jlr

 

 

GustavKlimt-thekiss

 

repost 2014

 

Posté par josleroy à 19:12 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,


12 avril 2018

Ateliers avec José Le Roy

 

Rencontre sur internet avec José Le Roy

Echanges sur l'éveil

Jeudi 12 avril

20h30 - 21h30

gratuit

 

______________________________________________

 

Atelier à Paris Avec José Le Roy, Lorène et Serge Durand

Pratique de l'éveil grâce aux outils de Douglas Harding : La vision Sans Tête

20h30 - 22h30

Gratuit

 

Renseignements : joseleroy29@gmail.com

______________________________________________

 

Voir aussi pour d'autres dates : le site de José Le Roy

Et le site de la Vision Sans Tête

 

Posté par josleroy à 18:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Voie douce

 Un visiteur du blog me pose la question suivante :

 

"Bonjour,

Je consulte souvent votre blog et je m'intéresse à la non dualité. Ayant un aperçu concret de l'espace au dessus de mes épaules, je me rends compte de la simplicité de ce qu'on appelle la voie directe.

Cependant le moi, percevant son inutilité, va immanquablement revenir sur le devant la scène et vouloir conserver son existence ... Cela m'est arrivé et j'ai eu une longue période de difficultés...

L'approche longue n'est elle pas plus "douce" ?

Bonne journée."

Bonjour,

en effet, la voie directe est très simple.

Prendre conscience de l'espace au-dessus de ses propres épaules demande juste un peu d'attention.

Il suffit de constater l'espace transparent et sans limite dans lequel le monde se déploie maintenant.

Alors, la vision est vide d'observateur : il n'y a pas de "moi" qui regarde. Il y a vision, et il y a le monde, sans dualité.

Il est vrai que le "moi" va chercher à revenir au centre de la perception. Cela est du à nos habitudes, à nos réflexes mentaux, à nos mémoires.

C'est un processus naturel.

La voie brève, la voie directe consiste à chaque fois que cela se produit à replonger dans la vacuité de l'Ouvert, jusqu'à ce qu'il devienne naturel de vivre à partir de notre vraie nature.

Vous parlez de l'approche longue. Je ne sais pas précisément de quelle voie longue vous parlez. Peut-être d'une voie qui consisterait à enlever graduellement (par la méditation, par l'examen intellectuel??) les voiles qui nous masquent la vacuité ?

On retrouve ici le fameux débat voie directe/ voie longue.

Voici ma position là-dessus :

Choisissez la voie qui vous correspond le mieux. Suivez votre ressenti, et allez à votre rythme.

Mais dans mon expérience la voie directe n'a rien de "dure".

Au contraire, elle consiste à se fondre dans la douceur de l'être. Quoi de plus doux que de se reposer dans l'infinie plénitude du sentiment d'être ?

Juste être, non plus être quelqu'un de particulier, mais être simplement nous ouvre à une grande tendresse.

Et puis, dans cette voie courte, il n'y a rien à faire; vous pouvez jouir en un instant de la joie même de l'être, au lieu d'attendre la fin hypothétique d'un voyage long qui peut-être ne finira jamais (car après avoir enlevé un voile, il y en aura un autre, puis un autre...).

La voie directe est une voie pour les impatients, qui veulent  jouir tout de suite de la liberté de la conscience pure. Oh, que c'est doux ! Oh, que c'est bon !

Bien sûr, il y aura des moments plus difficiles que d'autres. Mais la voie spirituelle n'est pas pour les tièdes, après tout. Elle demande de la constance, de la consécration, du courage et surtout de la confiance.

Et cette confiance grandira à mesure que nous habiterons dans la Présence.

jlr

douceur

Posté par josleroy à 18:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 avril 2018

L'univers entier est ton esprit

Tout est dans la conscience ; tout apparait dans notre propre Esprit ; rien ne se trouve à l'extérieur.

Nous ne pouvons expérimenter que des phénomènes au sein de notre conscience et l'univers repose en nous.

C'est un enseignement clef du bouddhisme zen. On le voit dans le dialogue suivant :

 

Un moine demanda à Chang Sha (maître zen du IX eme siècle) : "Quelle sorte de chose est mon esprit?"

Chang Sha : "L'univers entier est ton esprit."

Le moine : "Si c'était le cas, je n'aurais pas d'endroit où me mettre."

Chang Sha : "Bien au contraire, c'est justement l'endroit où me mettre."

Le moine : "Quel est donc ce endroit où me mettre?"

Chang Sha : "Un immense océan ! L'eau est profonde, insondablement profonde !"

Le moine : "Cela dépasse mon entendement."

Chang Sha : "Vois les poissons, énormes ou tout petits, s'ébattre en tous sens, comme ils veulent."

Pour Chang Sha, tout ce qui existe (les poissons énormes ou tout petits), tous les phénomènes existent dans l'immense océan de la conscience.

Cela ne signifie pas qu'il y a dualité entre la conscience et les phénomènes, non, les phénomènes sont la conscience, les formes sont la vacuité-consciente et la vacuité-consciente est les phénomènes.

Rien n'est intérieur, rien n'est extérieur, il n'y a plus alors d'intérieur et d'extérieur mais une unité au sein de la transparence infinie de l'esprit-phénomènes.

 

headless

 

L'endroit où me mettre est l'espace vide, le lieu sans lieu, immense comme un océan, espace où je suis déjà en n'y étant pas et où toutes les formes s'émerveillent de passer.

jlr

 

repost

 

Posté par josleroy à 09:58 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

10 avril 2018

Savoir compter

Si vous demandez à un enfant de trois ans de compter les personnes présentes dans une pièce (s'il sait compter), il oubliera presque toujours de se compter lui-même. Des psychologues comme Piaget l'avaient remarqué, mais n'importe quelle institutrice de maternelle en petite section peut l'observer tous les jours.

Cela nous semble une erreur, car nous n'oublions pas de nous compter nous-mêmes.

Mais se peut-il que l'enfant ait raison ?

Douglas Harding donne de tels témoignages d'enfants dans son livre Vivre sans tête : "Alors qu'on célébrait son troisième anniveraire, on demanda à Carlos de désigner ses différents oncles et tantes. Il les montra du doigt les uns après les autres sans difficulté. Puis quelqu'un lui demanda où était Carlos. Il agita vaguement la main...Carlos ne pouvait pas localiser Carlos."

En réalité c'est l'enfant qui a raison. Nous ne pouvons nous compter que si nous sommes identifiés au corps; alors en effet nous nous prenons pour quelqu'un, c'est-à-dire un individu, une personne.

Mais ce que nous sommes vraiment n'est pas localisable; nous ne sommes pas dans la pièce, c'est la pièce qui est en nous.

Il m'arrive assez souvent dans mes ateliers comme premier exercice de demander aux gens de compter le nombre de personnes présentes dans la pièce (à condition qu'on ne soit pas trop nombreux...) C'est très interessant.

Regardons la photographie suivante prise par Douglas dans les années 70 :

Combien compter vous de personnes sur l'image ? Trois ou quatre ?

Trois, n'est-ce pas ?

 

compter-1

 

 

Celui qui regarde ne fait pas partie du décor, car personne ne regarde n'est-ce pas?

Vous êtes la conscience, pas un individu ; vous êtes une non-chose, pas une chose.

La différence avec le petit enfant c'est que nous savons que  pour les autres nous possédons une apparence ; par exemple je sais où est José pour les autres, mais je prends bien garde de ne pas me réduire à cette apparence.

 

Jlr

 

une autre photo au même moment

photo-douglas

 

 repost 2014

09 avril 2018

Méditations de Sri Nisargadatta Maharaj

Les éditions Aluna dirigées par mon ami Jean-Pierre Chometon viennent d'éditer un  nouveau livre de Nisargadatta Maharaj. Le traducteur en est Jean-Philippe Deconinck (que je connais bien aussi et qui a souvent rencontré Douglas Harding).

J'avais ce livre de Nisargadatta sur mon bureau en anglais et je m'apprêtais à envisager sa publication en français. Voilà qui est chose faite chez Aluna.

IMG_0003

IMG_0004

La publication d'inédits de Maharaj est toujours un événement car Maharaj est un des plus grands maitres du XXème siècle.

Ces entretiens couvrent la période de novembre 1977 à octobre 1979, c'est-à-dire la fin de la vie de Maharaj (mort le 8 septembre 1981).

On y retrouve les enseignements développés dans Conscience et Absolu, ou A la source de la conscience (parus aux Deux Océans).

 

Ils sont extremement directs et profonds.

A mes yeux, l'essentiel est la distinction que Maharaj fait entre conscience et absolu.

La conscience est "je suis"; c'est Brahman. Elle est Dieu, et elle fait naitre le monde. Elle est la connaissance (jnana). Elle est l'espace, sans forme et sans couleur. Elle est le guru. Elle est saguna brahman (absolu avec attributs , ici être et conscience). Le je suis est le parfum du corps.

Mais l'absolu est Parabrahman. Il est la source de la conscience, qui elle-même est la source du monde. Il est le satguru. Il est nirguna brahman (absolu sans attribut)

La conscience s'identifie ensuite avec le mental et le corps et se prend pour un homme ou une femme.

Absolu -----> Conscience (JE SUIS)------->Je suis ceci

Le point fondamental est que l'absolu NE SE CONNAIT PAS LUI-MÊME. Il n'est pas connaissance mais au-delà de la connaissance et de toute conscience.

La conscience est encore conditionnée. En fait elle est un des trois gunas (sattva) (les deux autres étant (Rajas et tamas).

Pour Maharaj, la conscience, le JE SUIS, n'est pas éternelle. Elle apparait le matin au sortir du sommeil profond, et disparait la nuit.

Voici quelques citations du livre :

 

"j'ai réalisé que j'étais toujours là mais sans aucune connaissance"

"Je ne suis pas la conscience; au contraire, la conscience est une nuisance pour moi"

"Tournez l'attention à la source de la conscience. Cette conscience n'est pas vraie"

"Ce qui reste une fois rejetée notre propre conscience est la vérité".

"Votre véritable identité est là avant votre connaissance."

"Cette conscience disparaitra comme une flamme s'éteint."

"La vérité n'a pas de  connaissance d'elle-même"

"Avec la naissance, la sensation "je suis" apparait. Avant la naissance cette sensation n'existait pas."

"Au réveil, la connaissance "je suis" émerge en vous et instanément crée le monde."

"Le concept "je suis" émerge à travers l'énergie de sattva guna"

"Quand vous pourrez dire "je ne sais", vous serez en parabrahman"

"JE suis est Brahman, ce qui se tient derrière est appelé parabrahman"

"Vous ête parabrahman en qui le verbe se dissout pour ne rien laisser. Lui seul est. Il n'est ni le guru, ni le disciple, ni Dieu."

"Paratman n'a même pas connaissance qu'il est"

"La conscience se dissout dans l'état de Paratman"

 

Certaines personnes en lisant ces textes se diront qu'en fait Maharaj ne veut pas vraiment dire que la conscience n'est pas éternelle. Il parlerait de la conscience d'être un individu. Car les courants non-dualistes contemporains font de la conscience un absolu éternel.

Pas Maharaj. La conscience (l'espace éveillé) est précieuse , elle est DIEU, mais elle n'est en fait qu'une connaissance, qu'une information.

L'absolu se tient au-delà. Il ne se connait pas, car la connaissance introduit encore une dualité.

Alors qu'elle est sa nature?

Et comment Maharaj peut-il savoir que l'absolu ne se connait pas ?

N'est-ce pas contradictoire?

Cela est contradictoire pour la pensée surement, mais non pour l'expérience.

La conscience émerge d'une Présence inconnaissable, ce que Douglas Harding appelait Mystère et Maitre Eckhart Déité, fond sans fond.

Et finalement, l'attachement à la conscience, à la connaissance d'exister, est le dernier des attachements et le plus fort.

jlr

 

 

Posté par josleroy à 11:40 - - Commentaires [35] - Permalien [#]
Tags : ,