Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

09 juillet 2016

qui est là pour voir ?

Je travaille actuellement à mon prochain livre qui sort en octobre.

visage-originel

Voici une anecdote zen qui y figurera

Un moine demanda à Wei-kuan (maitre zen de la dynastie Tang) :

"Où est le Tao ?"

"Kuan : "Droit devant nous".

Le moine : "Pourquoi est-ce que je le vois pas ?".

Kuan :"Vous ne pouvez pas le voir à cause de votre égoïsme".

Le moine : "Si je ne peux pas le voir à cause de mon égoïsme, Votre Révérence le voit-elle ?"

Kuan : "Tant qu'il y a "moi et vous", cela complique la situation et il n'y a pas de vision du Tao".

Le moine : "Lorsqu'il n'y a ni "moi" ni "vous", le Tao est-il vu ?

Kuan : "Quand il n'y a ni "moi" ni "vous", qui est là pour voir ?""

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06 juillet 2016

Laissez-vous aller

 

C'est toujours un bonheur de lire et de relire Longchenpa, ce maitre tibétain dzogchen du 14ème siècle.

Rigpa désigne ici la Présence éveillée, la vraie nature de notre esprit, originellement parfait et accompli.

jlr

 

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"La Sagesse de rigpa, vide et lumineuse, à pour mode d’émergence des manifestations de toutes sortes au gré des circonstances ;
Son mode d’être n’étant aucunement réel,
Elle s’élève d’elle-même et se libére sur place :
Comme l’eau et les vagues dans l’océan.
Les pensées discursives sont depuis toujours l’éclat lumineux du Corps absolu.
Il n’y a rien à méditer en dehors de l’espace absolu.
Certains veulent rejeter les pensées pour méditer sans discursivité
Mais libérer les apparences comme des ennemis est choir dans l’illusion !
Quoiqu’il s’élève, soyez sans adoption ni rejet,
L’étendue de l’existence phénoménale est le terrain du véhicule de Samantabhadra,
Au-delà de toute considération de méditation et de non-méditation.
Un tel chemin suprême est particulièrement éminent !
Demeurez à l’équilibre dans la conscience au présent,
en considérant fixement la fraîcheur de tout ce qui s’élève, sans fabriquer d’artifices correcteurs et corrupteurs.
Laissez-vous aller tout à l’aise dans la détente en vous relâchant; reconnaissant l’émergence, demeurez fraîchement dans la clarté.
Vous abandonnant au cours naturel sans vous en saisir, laissez-vous aller spontanément sans attachement.
Reconnaissant toutes les pensées discursives naissantes, la vue les libère sur place. La méditation consiste, dans cet état, à demeurer lucidement dans la félicité, la clarté et l’absence de discursivité.
A ce moment-là, ce qui émerge sans qu’il y ait d’attachement à l’extérieur ni à l’intérieur est l’action.
Quant à la libération selon le mode spontané et sans buts, c’est le fruit.
Dans la réalité absolue incréée
Émerge le rigpa du grand cours naturel.
La liberté naturelle est un état de clarté sans saisie,
La base libératrice de Samantabhadra.
Dans la nature de l’esprit, libre depuis toujours
Il est inutile de “libérer” depuis le début.
Laissez-vous donc aller dans la fraîcheur spontanée de la conscience ordinaire...
Rigpa, vide et lumineux, qui libère spontanément,
Est la grande félicité du Triple Corps, le champ pur des bouddhas;
La base de toutes choses est l’état du Corps absolu
Où les antidotes correcteurs ne sont ni bons ni mauvais.
Dans le miroir de l’esprit (où se reflètent bonheur et souffrance).
Le yogi s’exercera au dynamisme de Rigpa.
Telle est la cîme de tous les véhicules.
La voie suprême de l’essence adamantine"

 

La liberté naturelle de l'esprit

traduit par Philippe Cornu

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05 juillet 2016

L’art de vieillir

Catherine Harding m'envoie ce message que je partage avec vous.

Vous pouvez rencontrer Catherine au stage en Ardèche cet été.

jlr

 

 

catherine harding

« Je réalise que tout ce qu’il m’est donné de vivre en ce moment, au crépuscule de ma vie, c’est l’obligation de pratiquer la Patience,  l’Acceptation de tout ce qui EST.

Comme il est difficile de rester grand-ouverte en toutes circonstances !  d’accepter le dénuement total, de disparaitre vraiment, vraiment, vraiment !

L’art de vieillir, c’est l’art de disparaitre.

Une seule issue : retourner son regard de 180° et aller au-delà du mental.

Il n’y a vraiment qu’une seule réponse, celle de Douglas :

JE NE SUIS PAS CE QUE JE PARAIS ETRE. TU N’ES PAS CE QUE TU PARAIS ETRE.

JE SUIS, TU ES,  VOUS ETES, NOUS SOMMES

L’UN, la CLARTE CONSCIENTE UNIQUE DERRIERE TOUS LES PHENOMENES APPARENTS , DERRIERE TOUTES NOS DIFFICULTES .

Une seule Lumière éternelle

Des lampes multiples, fragiles, éphémères.

La paix, la joie, l’amour, que nous pouvons retrouver en inversant notre attention de 180° vers le plus profond de l’Etre Unique que nous sommes tous, et qui alimente toutes les lampes. »

Catherine Harding

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04 juillet 2016

Touché de compassion

 

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Au XVIIIème siècle, Bernard Mandeville déclarait dans la Fable des Abeilles :

« J'ai souvent pensé que sans cette tyrannie que la coutume usurpe sur nous, les personnes d'un naturel bon et débonnaire ne se résoudraient jamais à tuer autant d'animaux pour leur nourriture journalière, tandis que la terre fertile prendra soin de fournir abondamment à ses enfants une variété de productions exquises, propre à les entretenir. Je sais que la raison n'excite la compassion que bien faiblement. Ainsi ne suis-je point surpris que les hommes aient peu de pitié de créatures aussi imparfaites que les écrevisses, les huîtres et les pétoncles. Les poissons sont muets ; leur formation intérieure, ainsi que leur figure extérieure, diffèrent de la nôtre ; ils n'expriment pas la douleur que nous leur faisons ressentir, d'une manière qui frappe nos organes : il n'est donc pas surprenant, si leur affliction ne nous touche pas.

Pour être ému par la pitié, il faut que les symptômes de la misère frappent immédiatement nos sens. (…) Mais il y a des animaux plus parfaits, tels que sont la brebis et le bœuf, dont le cœur, le cerveau et les nerfs diffèrent très peu des nôtres. (…) Il m’est impossible de concevoir comment un homme, qui n’est pas endurci dans le sang et dans le carnage, peut voir sans peine la mort violente et les longues angoisses de ces innocents animaux. (…)

Peut-on, sans être touché de compassion, se représenter un bœuf déjà grand, quoiqu’encore jeune, renversé et tout étourdi d’un dizaine de grands coups qu’il a reçu de son bourreau ? Sa tête armée est liée avec des cordes contre la terre. On lui fait au gosier une plaie large et profonde. Quel mortel peut entendre sans compassion ses douloureux mugissements, interrompus par le sang qui coule à grands flots ? Qui peut ouïr les soupirs amers qui marquent la violence de ses angoisses, et les gémissements profonds qu'il pousse ? Voyez son cœur encore vif palpiter. Jetez les yeux sur ces membres, qui par de violentes convulsions tremblent et s'agitent. Son sang fumant ruisselle, ses yeux deviennent obscurs et languissants. Contemplez ses abattements, ses abois, et les derniers efforts qu'il fait pour s'arracher à une mort qu'il ne peut éviter ; mouvements qui sont des marques assurées de la fatalité de sa destinée qui approche. Quand une créature donne des preuves aussi convaincantes, et aussi incontestables des terreurs qu'elle éprouve, des douleurs et des tourments qu'elle ressent, peut-il y avoir des sectateur de Descartes si endurci au sang, qui saisi de compassion n'abandonne la ridicule philosophie de ce vain raisonneur ».

Texte lu sur http://lerefletdelalune.blogspot.fr/

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Trouver la perle

C'est direct ; c'est simple.

"Mieux vaut accéder sur le champ au non-esprit (...) C’est comme ce brave homme qui a perdu la perle de son front. Il la cherche ailleurs, dans toutes les directions, sans jamais la trouver. Qu’un sage la lui montre et immédiatement il voit par lui-même que sa perle est là, entre les sourcils, où elle a toujours été. Les adeptes (du zen) feraient mieux d’accéder directement au non-mental." Huang-po (Tch’an)

Vous trouvez la perle en regardant dans la direction de ce doigt.

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jlr

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Où aller? Vers ICI !

 

 Cliquez sur le dessin pour qu'il soit plus net...

 

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Dessin de Cliff Pollard

 

La bande dessinée est intéressante, mais il faut noter que les autres ne perdent pas leur tête quand ils s'éveillent à leur vraie nature (ainsi nous verrons toujours la tête du maitre éveillé !) mais c'est seulement pour soi-même, en première personne, qu'on ne voit plus sa propre tête.

Mais cette réserve mise à part, le dessin montre bien que c'est en regardant en soi-même que la vérité se dévoile.

 

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03 juillet 2016

S'éveiller à la Présence

Nouveau numéro de la revue 3eme millénaire

 

Extrait :

"Il s'agit de demeureur tranquille. Mais vraiment tranquille ! Et ce n'est pas une injonction, sinon nous retomberions immédiatement dans la mémoire. C'est simplement constater notre agitation sans nom. Juste constater. Voir, voir, voir. En voyant, tout prend sa place, tout se règle. (...)

C'est dans l'intensité du regard non-directionnel et tranquille que les soi-disant objets regardés, que le soi-disant sujet qui regarde, s'évanouissent comme des ombres. Il ne reste que le Regard.

Exactement comme quand le rêveur prend conscience qu'il rêvait, son rêve s'évanouit. On s'aperçoit que tous ces événements du rêve ne nous concernaient pas vraiment.

Et là, il y a une vraie tranquillité intemporelle. la seule manière d'être heureux tout le temps, c'est d'être heureux hors du temps."

Jean Bouchart d'Orval

 

 

 

n120-quelle-vie-spirituelle-aujourdhui

N° 120   -   Eté 2016

Thème :  Quelle vie spirituelle aujourd'hui

Sommaire

 

3e millénaire : Editorial
Malo Aguettant : Le temps miroir du moi
Michael Siciliano : S'éveiller à la présence que nous sommes
Darpan : Se libérer du joug des émotions
Dominique Casterman : La non-dualité dans notre époque
Lionel Cruzille : Le corps sur la Voie spirituelle
Michel Maxime Egger : Ecologie intérieure - la voie du méditant-militant
Le moine Gojo : Pourquoi échouons-nous malgré nos bonnes  intentions ? Les conditions du changement.
Nicole Montinéri : L'action du Souffle en soi
Albert Low : Le spasme du mental
Eric Baret : La globalité
Sabyasachi Guha : La pensée détruit le rythme naturel de la vie
David Ciussi : Votre présence intemporelle sans pensées
Jean Bouchart d'Orval : La question vient de la réponse
Rubriques :
Psychologie transpersonnelle dans l'Art   
Welleda Muller : Le monde intérieur de Jérôme Bosch
BD :
Anna Guégan : Vigispirit
N. Céliolisa : Spirituel ?
Portfolio :
Photographies de Jean-François Dupuis

 

Fil d'ariane : Quelle vie spirituelle aujourd'hui ?


Avec ce 120ème numéro, nous avons voulu donner la quintessence de la démarche ou de la vie spirituelle, en ce début de troisième millénaire : un thème majeur ! De manière vivante et directe, nos auteurs approfondissent les principaux sujets qui animent tout être humain : Quelle relation avons-nous avec les autres et avec le monde ? Comment vivre avec ses émotions ? Peut-on être libre du tumulte des pensées, du sentiment de séparation et des limites du mental ?...

Avec ces questions essentielles, vous entrerez ici dans le domaine de la vision pénétrante et de la perception globale du corps.
Le fondement même des sujets et des grandes lignes que nous avons tracés, au cours de ces années, repose sur la nécessité d'une connaissance globale de soi sur les plans somatique, psychologique et spirituel.

Il ne peut y avoir d'écologie véritable, de science holistique, d'art au service de l'évolution humaine, et d'authentique philosophie de l'action, sans la compréhension vécue des “approches” de la non-dualité.
La discrimination des fonctions mentales et des mécanismes de l'ego en constitue l'axe essentiel.

Le jeu des “émotions perturbatrices” – sur lequel la vie en société s'est “désorganisée”, à travers les conflits politiques et religieux, l'aliénation à la finance mondiale, la vanité technologique, le saccage planétaire, ... – réclame une attention très particulière, un mode d'observation de soi totalement nouveau. Cette observation sans jugement conduit à une libération, une dissolution et une pleine acceptation de l'énergie des émotions : ces trois “phases” révélant un seul et même “processus alchimique”.

Par le souffle intérieur, l'approche corporelle détient le secret de cette attention libératrice qu'il est nécessaire et indispensable de découvrir en chacun d'entre nous pour grandir réellement.

Une éducation à la Présence est d'autant plus urgente que, dans l'absence d'Être, l'identification au faux moi (aux désirs et aux peurs égotiques) détient tous les pouvoirs du monde dit civilisé.

Face à l'endormissement des consciences, la revue 3e millénaire affirme que la quête de l'Éveil devrait être au cœur de toutes les questions vitales qui se posent à nous sur les plans individuel et collectif.

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02 juillet 2016

simple et ouvert

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Question : «Votre approche de l’Illumination me paraît vraiment trop simple. Cette porte qui nous ouvrirait à la Vision est trop largement ouverte, elle est béante. Accessible à des personnes dépourvues de maturité mentale et morale, à la portée d’un grand nombre et sans discipline préparatoire, cette réalisation pourrait-elle avoir le moindre rapport avec l’Illumination du bouddhisme ?

Douglas Harding : Certainement. Les grands maîtres zen, d’accord avec la plupart des sages, disent avec insistance que l’Illumination n’est pas à mériter, ni à accomplir, qu’elle est au contraire l’état naturel de tout homme, s’il est assez simple et ouvert pour être lui-même et mettre fin à ses prétentions. A l’objection selon laquelle cette confortable doctrine fait fi de la loi du Karma (on récolte ce qu’on sème), la réponse bouddhiste est la suivante : si vous ne vous souvenez pas de ce que vous avez semé pendant vos vies antérieures et s’il se trouve que maintenant, sans difficultés, vous avez la vision de votre vraie Nature, et bien, dans ce cas, il faut croire que vous avez fait tout ce qu’il fallait ! Pour découvrir si vous êtes mûr pour l’Illumination, essayez-là !»

 

Donc regardez dans la direction de ce doigt.

 

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Si, comme moi, vous ne voyez rien du tout, pas d'observateur, c'est que vous êtes mûr pour la Vision.

jlr

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01 juillet 2016

Où ?

 

 

 

Où est celui qui voit ?

 

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Regarde encore !

"Assieds-toi, regarde droit devant...
Puis regarde directement cet esprit qui regarde ainsi, 
pour voir quelle est sa forme, sa couleur...
Est-il rond, carré ou autrement ? 
A-t-il une forme comme la terre, avec ses rochers, ses montagnes, ses buissons, ses arbres ? 
A-t-il la forme d'un homme ou d'un animal ? 
Est-il blanc ou noir ?
...
A-t-il un dedans et un dehors ? 
Est-il vide ou conscient ?
S'il est vide, est-il vide comme l'espace, comme un néant ? 
S'il est conscient, cette conscience est-elle comme la lumière d'une lampe ?
...
Il est facile de voir que l'esprit n'a ni forme, ni couleur, qu'il n'est pas matériel.
...
Regarde encore !
C'est une conscience indicible, pas quelque chose que l'on puisse définir. 
Mais c'est aussi une vacuité consciente d'elle-même, claire, lucide et éveillée."
 
Dagpo Tashi Namgyal, Élucidation de notre vrai nature, Clarifying the Natural State, pp. 28-29
Vu sur le site de La vache

 

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Ce texte, repéré par David, provient d'un maitre tibétain du 16ème siècle : Dakpo Tashi Namgyal qui est né en 1551 et mort en 1587. La traduction anglaise date de 2001.

L'enseignement ici présenté pointe directement vers notre vraie nature comme le faisait Douglas Harding dans ces ateliers et ses livres.

Ce qui montre que la voie, qui consiste à inverser le regard vers sa propre source, existe au coeur de beaucoup d'enseignements et ne dépend finalement d'aucune tradition.

En fait, c'est la source elle-même qui indique comment s'éveiller à elle-même. L'enseignement direct en émane directement.

Dagpo écrit même (p 13) : "la vraie réalisation de l'esprit, l'identité complète avec le secret défintif, est difficile à réaliser avec des chemins qui durent longtemps. Cependant, vous pouvez le découvrir sans effort, comme en pointant avec votre doigt"

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jlr