Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

Ce blog présente la philosophie comme un chemin d'éveil à notre vraie nature. La philosophie n'est pas un simple discours mais une voie de transformation et de connaissance de soi.

21 novembre 2009

Narcisse 3 : une histoire de fous

On sait que Narcisse s'est noyé en voulant embrasser son reflet dans l'eau. Grave erreur!
Le plus sage et de ne pas s'identifier avec son apparence dans le miroir! (Voir un message ici)

Voici une petite histoire de Douglas Harding à ce sujet où le fou n'est pas celui qu'on croit.

L’HISTOIRE DES DIX FOUS

(Revue Voir. No 9. Printemps 83)

"Dix fous, qui avaient décidé de partir en voyage, trouvèrent un moment donné en travers de leur route un fleuve au courant rapide et tumultueux. Tant bien que mal, ils arrivèrent à le traverser. Alors, parvenus sur l'autre rive, pour vérifier s'ils étaient vraiment tous parvenus à bon port, ils commencent à se compter l'un l'autre. Et chacun en compte neuf. Là-dessus, tout le petit monde se répand en pleurs et en lamentations sur le sort du pauvre frère qui s'est noyé.

Un moine vint à passer par là. Les prenant en pitié, il se mit à leur prouver qu'ils étaient sains et saufs tous les dix. Il leur demanda de bien compter les cris de douleur, tandis qu'il donnait à chacun d'eux un solide coup de bâton. Cette fois, ils en comptèrent dix et ils reprirent leur route, pleinement rassurés.

Voilà le dénouement boiteux d'une anecdote traditionnelle. (On en trouve différentes versions en Inde, en Chine et en Europe.) Ne pourrions-nous pas inventer une autre fin à cette histoire?

Nos ex-idiots n'étaient pas encore bien loin, quand l'un d'entre eux fut pris de doutes. Revenant sur ses pas, il trouve le moine et lui dit: "D'accord, j'ai entendu dix cris de douleur, mais ce sont les humains qui peuvent se noyer, pas les "ouille" ni les "aïe", et les êtres humains se comptent par tête. Bref, il n'y en a toujours que neuf".

Convaincu d'avoir à faire à un véritable Fou et lassé des discussions, le moine entraîna notre bonhomme vers un endroit où la rivière était calme et profonde. "Là", s'écria-t-il en montrant du doigt les profondeurs sous le miroir d'eau, "le voilà votre dixième homme!"

"Nous vous l'avions bien dit", répliqua le Fou; "Voilà donc le corps de notre pauvre frère noyé!". Et il se mit à sangloter et à gémir de plus belle.

Le moine qui avait fini par perdre patience, lui rétorqua: "Mais c'est toi, là dans l'eau, et bon sang c'est bien là que tu devrais être, bougre d'idiot!".

A ces mots le Fou fut pris d'un grand éclat de rire et s'écria: "Hourra, ce n'est que moi!" Et il courut à la poursuite de ses neuf compagnons pour leur dire que tout allait bien et que ce n'était que lui qui s'était noyé. Mais ils étaient partis. Il restait seul sans la moindre compagnie, pas même celle de son moi qui s'était noyé."

Voir en ligne de nombreux texte sur le site de la revue 3ème millénaire

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20 novembre 2009

William Blake

Au fil de mes lectures ce matin je suis tombé sur cette phrase de Blake:

« Si les portes de la perception s'ouvraient, tout apparaîtrait tel qu'il est : infini.
Car l'homme s'est enfermé lui-même et voit toutes choses à travers les étroites fissures de sa caverne. »

Le Mariage du Ciel et de L'Enfer ( 1793)(En français, taduit par Alain Suied paru aux éditions Arfuyen)

“If the doors of perception were cleansed, evertything would appear to man as it is, infinite.
For man has closed himself up, till he sees all things thro' narrow chinks of his cavern.”

Ces deux phrases sont célèbres, bien sûr (voir Huxley et les Doors).

Voici comment je les comprends:

L'homme croit voir le monde à travers deux yeux, deux petites ouvertures étroites, et les choses lui apparaissent dès lors limitées et à distance.
En réalité, nous ne voyons pas le monde à partir de petites ouvertures, deux petites fissures mais à partir de l'espace infini.
Quand on s'éveille à cette vision sans voyant, alors les choses sont unes avec l'infini et deviennent elles-mêmes l'infini.

Et c'est la libération.

Voir un exercice ici: exercice du troisième oeil.

josé le roy

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19 novembre 2009

La voie de la Beauté

Vivaldi RV 717, Jaroussky, Spinosi

La musique n'est entendu par personne, mais résonne dans un espace de silence frémissant d'allégresse et de liberté.

J'ai toujours trouvé que la musique baroque exprimait le silence et me le révélait avec tant de grâce...

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17 novembre 2009

Voie de gnose, voie d'amour

Dans un commentaire, un ami distingue l'amour du mystique chrétien et l'amour du sage non-duel.

Je pense qu'on peut sans doute distinguer la voie de connaissance non-duelle, disons la voie de gnose, et la voie de l'amour.

La première en effet cherche d'abord à connaitre l'absolu ; la seconde s'appuie sur l'amour pour dépasser les limites du moi.

Donc au moins au point de départ,on observe certaines différences. La voie de l'amour s'appuie davantage sur le sentiment, la dévotion  à l'égard d'un Dieu autre que moi. Elle est duelle au-début.

La voie non-duelle (qui est une non-voie en réalité), nous ouvre à la connaissance que l'absolu et moi sommes un, et non deux. Le sentiment n'est pas le moyen de cette découverte, mais la discrimination.

Mais la voie non-duelle n'est pas complète si la vision ne conduit pas à l'amour; de même la voie de l'amour est inaboutie si l'amour reste au niveau de l'émotion individuelle et n'ouvre pas à la vision de l'Un.

Il est clair que la Vision sans tête est une voie de gnose : elle nous éveille immédiatement à la connaissance de notre vraie nature, ici, maintenant, tout de suite.

Quel lien avec l'amour?

Douglas Harding répétait souvent:

"Quand vous aurez perdu votre tête, vous trouverez votre coeur"

La vision de Qui nous sommes nous mène en effet à la non-dualité, à l'unité, et... à l'amour. Car au bout du compte, la non-dualité vécue c'est l'amour.

En voyant mon absence de visage, ici au-dessus de mes épaules, je sors de la relation de confrontation avec les autres; je ne suis plus dans le face à face, mais dans le face là-bas à l'espace ici. Je ne peux qu'accueillir l'autre en moi, à zéro centimètre, je disparais en faveur de l'autre. Douglas disait même : je meurs pour renaitre en autrui.

Dans cette voie (ou non-voie si vous voulez) je commence par voir qui je suis et c'est sur le terrain de la vérité de moi-même que jaillit l'amour, et non à partir de l'illusion de quelqu'un qui voudrait aimer.

"Quelle merveille que le chemin d'amour où le sans tête  est révélé". Hafiz (soufi)

La vision est instantanée et totale ; elle ne connait aucun progrès; mais l'amour s'ouvre graduellement, et ne cesse jamais de croître.

Cependant quand on se rapproche du centre, toutes les voies se rassemblent et les distinctions tombent : la voie de gnose et la voie de l'amour n'en forme qu'une : la voie de l'Un.

Dans les stages, Douglas Harding évoquait souvent ces deux voies  -la vision et l'amour- auxquelles il rajoutait d'ailleurs deux autres voies - la voie du service et la voie de la beauté.: Il disait:

"Parfois je commence un atelier en dessinant un carrefour. Au centre, je place Qui nous sommes vraiment, notre But, la vision de notre Véritable Nature. La route qui arrive d'en haut est la vision, symbolisée par un oeil La seconde route vers le centre est la voie de la dévotion, symbolisée par un coeur. La troisième route est la voie du service, symbolisée par une main. Ce sont les trois voies traditionnelles. J'en ajoute une quatrième, la voie de la beauté, qui est très importante. Mozart me parle de Dieu comme seule la musique peut le faire.

Chacun de nous préfère une voie selon son tempérament, qui convienne à sa nature. De toute évidence, pour Douglas c'est celle de la vision. Mais je suis parvenu à la conclusion qu'une voie sans les autres a toutes les chances de mal tourner. Elle a besoin des autres voies. Heureusement, il y a un périphérique autour du Centre qui nous permet d'aller de l'une de ces voies aux autres.

quadruple_sentier_jpg

Quand une voie ne fonctionne pas très bien à cause du mauvais temps ou des travaux sur la route, nous sommes déviés sur la route circulaire pour aller vers le centre en empruntant une autre voie, Dieu merci. Ainsi, ce qui était pour moi, à l'origine, une voie de la vision linéaire est devenue, par la grâce de Dieu et les exigences du voyage, une convergence vers le centre le long des quatre voies." Douglas Harding

Ainsi, à l'approche du centre, toutes les voies se rejoignent et se complètent : la connaissance, l'amour, la beauté, le service ne font plus qu'une seule réalité : l'être.

Si l'amour et la vision commencent peut-être par des chemins différents vers la Source, en elle, aimer et voir sont identiques.

josé le roy

MaharshiRama

Ramana Maharshi: un regard ancré dans la non-dualité et la compassion

Autres réflexions:

Voir un témoignage de Catherine Harding sur l'amour

Voir un article de Gérard Nannini sur la vision sans tête et l'amour

Voir aussi un article sur les quatres voies de Douglas Harding du philosophe Serge Durand

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16 novembre 2009

La philosophie de la non-dualité

Les grandes thèses de la philosophie de la non-dualité me semblent être les suivantes:

-Il y a dans tous les hommes, et tous les êtres vivants, la même essence. Celle-ci portent des noms différents suivant les lieux et les époques :Christ, Atman-Brahman, l'Un, Tao, Nature de Bouddha, Rigpa, Shiva...etc, mais ces différentes appellation renvoient à une même réalité

-Dans son essence véritable, l'individu n'est autre que l'Absolu.

-les expériences de l'absolu sont identiques chez tous les hommes, même si les formes d'expression de cette expérience sont différentes.

-Il n'y a qu'une seule réalité

-les chemins pour reconnaitre cet absolu sont multiples. Aucun ne peut prétendre être la seule voie.

-Ultimement, il n'y a aucune voie : il suffit de prendre conscience que nous sommes déjà l'absolu.

jlr

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15 novembre 2009

Ruysbroeck et la lumière

Je lis et relis Ryusbroeck (1293-1381) avec admiration.

ruysbroeck

Voici une citation parmi d'autres:

Saisir et comprendre Dieu au-delà de toutes compa­raisons, tel qu'en lui-même il est, c'est être Dieu avec Dieu, sans intermédiaire [...] (Mais) quiconque sou­haite comprendre cela doit être mort à lui-même, vivre en Dieu et tourner son regard vers l'éternelle Lumière au plus profond de son esprit où la vérité cachée se révèle [...] Cette clarté est si grande que le 'contemplatif plein d'amour, dans le fondement de l'être où il demeure, ne voit et ne sent rien qu'une incompréhensible Lumière ; et dans cette Nudité simple qui révèle toutes choses, il découvre, il ressent qu'il est cette même Lumière par laquelle il voit, et rien d'autre.


N'est-ce pas clair et manifeste?

"Tourner son regard vers l'éternelle lumière au plus profond de son esprit..."

Ruysbroeck nous invite ici à inverser son regard dans la vacuité, juste au centre de nous-même, vers la Nudité, le Rien, la Vacuité qui voit en nous comme elle voit chez tous les êtres.

Et alors je suis cette même lumière, sans intermédiaire.

José le roy

14 novembre 2009

Cafe éveil à Dijon

Guy va animer un café éveil à Dijon, de manière hebdomadaire et GRATUITE (la vraie spiritualité est gratuite) où il présentera des auteurs comme Douglas Harding, Francis Lucille, etc...

eveil_cafe

Longue vie à cette aventure non-duelle!

jlr

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13 novembre 2009

Les animaux, Narcisse et l'éveil

Dans un précédent message sur Narcisse, j'évoquais l'erreur de Narcisse qui s'identifie à son reflet dans son miroir.

La plupart des animaux, eux, ne commettent pas cette erreur comme le montrent les vidéos ci-dessous, même si certains grands singes et dauphins semblent reconnaitre leur apparence dans la glace.

Un singe



Un chat

Un chien

Mais les grands singes se reconnaissent dans le miroir

Cependant, la conscience chez l'homme après être passée par cette étape d'identification peut ensuite se distinguer de cette apparence et se reconnaitre comme pure conscience. C'est l'éveil.

Les animaux et les petits enfants vivent à partir de leur vraie nature, qui est aussi la nôtre, mais sans le savoir. Ils ne sont pas encore identifiés vraiment à un individu. Ils ne disent ni ne pensent : "moi", "mien".

Les hommes vivent aussi à partir de leur vraie nature mais s'imaginent être un individu. Ils pensent : " moi" "mien" et se vivent comme des entités séparées.

L'éveillé vit également à partir de sa vraie nature ; il reconnait son apparence dans le miroir, mais sait qu'il n'est pas cela. Et il sait aussi que tous les êtres sont lui, car tous vivent à partir de l'espace, et il n'y a aucune différence.

Dans mon livre S'éveiller à la Vacuité, j'écrivais ceci :

"Les quatre étapes de la vie

Notre vraie Nature est donc le « Je Suis », la Première Personne, et nous nous sommes à tort identifiés à la troisième personne.
L'identification de la Première Personne à la troisième personne est un processus temporel, qui est en fait inévitable et même nécessaire. Nous avons tous commencé notre vie en étant Première Personne (le « Je Suis »), Espace vide, illimité pour accueillir le monde. Les petits enfants ne se prennent pas pour un individu ; ils ne s'identifient pas à l'image que leur renvoie le miroir et certainement pas à leur corps ; ils ne prétendent pas que leur apparence – un petit garçon ou une petite fille – constitue leur essence, leur vrai moi. C'est seulement à travers un processus temporel que les enfants finissent par croire aux contes des adultes : tu es ce que tu parais être.
Douglas Harding décrit ce processus en quatre étapes :
– Le nouveau-né, pour lui-même, est une Non-Chose, sans visage, grand ouvert pour recevoir le monde. Vu de l'extérieur, c'est une chose très petite, mais de son point de vue, il est sans limite et sans forme. Il est Première Personne, sans en avoir encore conscience.
– La deuxième étape correspond à l'enfance, étape bénie car l'enfant n'a pas encore perdu l'accès à sa vraie Nature. Quand il est seul, quand il joue, il est encore immense et sans forme, Espace infini qui accueille les autres visages et le monde des couleurs et des formes encore chaotique. Il ne s'est pas identifié à son apparence dans le miroir (ce petit garçon, cette petite fille); il est libre du regard des autres mais il commence à prendre conscience, peu à peu, que pour ses parents, pour ses proches il est un petit garçon ou une petite fille.
– Puis vient la troisième étape, l'adolescence, dans laquelle l'enfant a oublié sa vraie Nature pour s'identifier totalement à ce qu'il paraît, vu de quelques mètres. Douglas décrit ainsi cet enfermement : « Mais à mesure que l'enfant grandit, cette idée acquise de lui-même-vu-de-l'extérieur en arrive à obscurcir et finalement à éclipser sa vision naturelle de lui-même vu-de-l'intérieur. En fait, il rapetisse. Au début, il contenait son monde; à présent, c'est son monde qui le contient, lui – enfin, le peu qu'il reste de lui. Lorsqu'il s'agit de décrire ce qu'il est, là où il est, il croit tout le monde sur parole excepté lui-même, et il n'est plus Première Personne. Les conséquences sont de plus en plus tristes. Ayant été le Tout, on l'a fait rétrécir jusqu'à n'être plus que ce petit fragment dérisoire, alors il devient avide, haineux, craintif, refermé sur lui-même et fatigué. (...) Bref, il est à côté de lui-même, ex-centrique, étranger à lui-même – alors tout va mal. »Pour la plupart des gens, la vie, malheureusement, se passe jusqu'à la mort dans cette troisième étape qui devient à la longue un enfer, une source de souffrances.
– La quatrième étape correspond à l'éveil qui est la sortie de l'identification avec ce que nous paraissons être. La conscience se délivre de toutes les limitations imaginaires et retrouve sa nature d'Espace d'accueil infini. Douglas écrit: « Totalement non-mystique (au sens populaire du terme), c'est une expérience précise, radicale, c'est tout-ou-rien, il n'y a pas de degrés de vision. La libération est instantanée et totale – aussi longtemps que dure l'expérience. Ensuite commence la partie vraiment astreignante du travail : vous devez continuer à voir votre Absence/Présence à tous moments et où que vous soyez, autant que possible, jusqu'à ce que la vision devienne tout à fait naturelle (...) et constante  ».

L'éveil correspond à la quatrième étape de notre vie qui est une redécouverte instantanée de la Première Personne et qui correspond à une libération du regard extérieur que je pose sur moi-même en me voyant du point de vue d'autrui."

José Le Roy

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12 novembre 2009

Le Soi aime le foot

Le foot n'est pas ma tasse de thé, ni mon verre de bière, mais vu ainsi, cela devient très interessant...C'est la vacuité, le Soi qui joue au football !



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11 novembre 2009

Le Vide est Plein

Le vide, le rien, l'absence qu'on découvre au-dessus des épaules n'est pas un néant, un désert mort.
Le rien est conscient ; l'absence est une présence.
Et surtout le vide est plein.
Immédiatement, le vide que je suis se remplit du monde qui apparait en moi. On ne peut avoir l'un sans l'autre, le vide sans la forme, le rien sans le tout.

Dans le Sutra du Coeur, on lit:

"Ô Shariputra ! La forme n'est pas différente du vide, le vide n'est pas différent de la forme.

Donc la forme, c'est le vide; le vide, c'est la forme."

Le vide n'est pas différent des formes qui naissent de lui et disparaissent en lui.

etoile

Ken Wilber décrit bien cette plénitude qui jaillit du vide:

"Dans le coeur de la vacuité, il y a une mystérieuse impulsion, mystérieuse parce qu'il n'y a réellement rien dans le coeur de la vacuité . Pourtant elle est là, cette mystérieuse impulsion pour ...créer. Pour chanter, pour faire briller, pour illuminer; pour manifester, pour étendre, pour célébrer; pour chanter et crier, et pour mettre en effervescence, pour faire déborder cette mystérieuse exubérance dans le coeur de la vacuité.

La vacuité se vide elle-même de la vacuité, et ainsi elle devient pleine, enceinte de tous les mondes, fruits de l'impulsion infinie à jouer, cachée dans le coeur de votre propre Soi profond. Si vous reposez dans l'état de témoin, si vous vous installez en tant que JE-JE, et regardez très attentivement celui qui regarde - si vous vous tournez à l'intérieur juste maintenant et essayez de voir celui qui voit - vous ne verrez rien du tout, car vous ne pouvez voir celui qui voit. Tout ce que vous trouverez est une vaste liberté et vacuité, dans laquelle le Cosmos entier est en train de surgir maintenant. Sortant de la pure vacuité,  qui est votre plus profonde réalité, tous les mondes surgissent. Votre propre impulsion de regarder a fait naitre l'univers, et là il réside, dans la vastitude de l'espace, c'est-à-dire, dans la pureté de votre propre éveil primordial. Cela a toujours été évident; cela vous l'avez su toujours.

Seulement cela, et rien de plus, seulement cela."

One Taste, Ken Wilber

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