Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

08 juillet 2017

Guru Rinpoche Padmasambhava , un maitre dzogchen par Philippe Cornu

 

 Guru Rimpoché, sa vie

Invité : Philippe Cornu

 Sagesses bouddhistes 07 05 2017

 

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"Dans cette claire vacuité où les pensées passées se sont évanouies

sans trace aucune,

Dans cette fraîcheur où les pensées à venir ne sont pas encore :

 A l'instant où s'établit le mode naturel sans fabrications, Voici cette conscience qui, à ce moment, est en elle-même tout ordinaire,

Et dès que vous tournez votre regard nu sur vous-même,

Ce regard qui n'a rien à voir débouche sur la clarté,

La Présence dans son évidence, nue et vive,

C'est une pure vacuité qui n'a été créée d'aucune manière.

Un état inaltéré où clarté et vide sont indivisibles,

Ni éternel puisque rien n'y existe vraiment

Ni néant puisqu'il est clair et vif.

Il ne se réduit pas à l'un, étant présent et limpide en toutes  choses.

Et n'est pas le multiple, car tout y est d'une saveur unique dans l'inséparabilité,

Telle est cette Présence intrinsèque et elle n'est rien d'autre.

(...)

19. Même si on examinait avec attention l'univers entier, il serait

impossible de l'y trouver. Il n'est pas possible de découvrir la bouddhéité en dehors l'esprit.

Quand bien même, ne reconnaissant pas cela, vous rechercheriez

l'esprit à l'extérieur,

Comment pourriez-vous vous trouver vous-même en vous cher­chant ailleurs ? Ainsi d'un idiot qui, immergé dans la foule

Et fasciné par son spectacle, se serait perdu lui-même,

Et, ne se reconnaissant plus, se chercherait lui-même partout,

Prenant à tort les autres pour lui-même.

De même, puisque vous ne voyez pas l'état naturel qui constitue la condition authentique des choses,

Vous vous diluez dans le samsara, ne sachant pas que les appa­rences sont l'esprit,

Et, sans voir que le bouddha est votre propre esprit, vous occultez l'au-delà de la souffrance.

Samsara et nirvana sont distincts, compte tenu de la connaissance et de l'ignorance,

Mais, en l'espace d'un instant, la différence entre eux s'abolit.

En les voyant ailleurs qu'en votre esprit, vous vous illusionnez.

Or la méprise et la non-méprise sont d'une unique essence.

Comme il n'est pas établi que la série psychique des êtres est double,

La nature de l'esprit sans artifices se libère quand on la laisse simplement en elle-même,

Mais  si vous n'êtes pas conscient que l'illusion même gît dans l'esprit,

Vous  ne comprendrez jamais ce sens ultime de la Réalité.

Par conséquent, observez en vous-même et par vous-même ce qui

émerge et surgit naturellement,

Ces apparences, observez d'où elles surgissent d'abord

Puis où elles résident entre-temps

Et la destination où elles se rendent pour finir.

A l’instar d'un corbeau [qui regarde dans] un puits

Puis s'envole du puits sans y retourner,

Les apparences émergent de l'esprit,

Et, étant surgies naturellement de l'esprit, s'y libèrent.

Cet esprit essentiel vide et clair connaît toutes choses, étant conscient

de tout,

Sa clarté et sa vacuité étant indivisibles depuis l'origine, on le

compare au ciel ;

Etabli  définitivement en tant que claire évidence de la sagesse née : elle-même,

Il est de fait la Réalité même.

Comprendre ce qu'il est, c'est se rendre compte que toutes les apparences phénoménales de l'existence

Sont connues au sein de votre propre esprit, et que cette nature de l'esprit

Présente et radieuse est comme le ciel.

Toutefois, cet exemple du ciel qui illustre la Réalité

Ne peut être que partiel et provisoire, un simple signe indicateur.

Car la nature de l'esprit est un vide accompagné de présence vive.

clair en tous ses aspects,

Tandis que le ciel est un vide sans présence, une béance inanimée.

Par conséquent, le véritable sens de l'esprit ne saurait être montré

par le ciel.

Reposez donc dans cet état sans aucune distraction !"

 

La libération par la vision nue

Le livre des morts tibétains, traduction Philippe Cornu

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07 juillet 2017

Se reposer dans la Vacance

Puisque c'est bientôt les vacances, pourquoi ne pas se reposer dans la vraie vacance, dans l'espace de notre vraie nature?

Pourquoi ne pas se relaxer dans la vacuité nue de notre esprit?

Pourquoi ne pas arrêter tout effort vers un quelconque accomplissement pour réaliser que la perfection intrinsèque de notre vraie nature est déjà accomplie?

 

jlr

Voici quelques citations de Longchenpa, maitre tibétain du 14eme siècle qui nous invite à cesser tout effort

 

montagne

 

«Rien n’a besoin d’être fait par le chemin de l’effort ou de la réalisation concernant l’esprit lui-même, qui est comme l’espace, car il ne peut être altéré par les causes et les effets. »

*****

« Dans l’Atiyoga, la grande perfection,

Il n’y pas de point de vue, de méditation, ou de conduite.

J’ai révélé cela complètement, alors gardez-le à l’esprit.

Il n’y a rien besoin de faire, rien à réaliser,

Aucun effort ou spéculation.

La signification ultime de la réalité elle-même a toujours été une perfection spontanée.

Comment pourrait-il y avoir quelque chose à faire ? »

*****

« Ma nature est comme l’espace, la métaphore universelle.

Dans le pur espace, tout est tel que cela n’entraîne aucun effort.

Tandis que tout le monde cherche quelque chose dans le pur espace,

L’espace est entièrement au delà de l’effort et de la réalisation. »

*****

«Repose dans l’éternelle, la vastitude spontanée de l’espace immuable de base,

dans la conscience secrète et éternelle, qui est comme l’océan. »

*****

« Repose dans ta propre nature ultime. »

*****

« Ne te démène pas, mais relaxe-toi naturellement et avec douceur.

L’état naturel (uncontrived) est le précieux trésor non-né. »

 

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Longchenpa, A Treasure Trove of scriptural Transmission, Padma Publisching, 2001, trad JLR

 

 

 

 

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06 juillet 2017

Shivaïsme du cachemire

Un exposé  interessant de David Dubois sur le Shivaïsme du cachemire.

jlr

 

 

Courant religieux essentiellement mystique, le shivaïsme du Cachemire a connu, à partir du tournant du Xe siècle, un développement philosophique culminant avec les figures d’Utpaladeva et d’Abhinavagupta. Nommé Pratyabhijñā (Reconnaissance), en référence à l'oeuvre maîtresse d'Utpaladeva, intitulée Īśvara-pratyabhijñā-kārikās (Stances pour la Reconnaissance du Seigneur en soi), ce développement philosophique considère le dieu Shiva, conscience absolue, comme étant le fondement de toute chose, et vise à réaliser l'identité du Soi et de Dieu.

Émission enregistrée le 3 mai 2017. David Dubois est philosophe et traducteur du sanskrit.

Parmi ses publications :

-60 expériences de vie intérieure, Almora, 2017

-Introduction au tantra : Pratique de l'éveil au coeur du quotidien, Almora, 2014

-Guide Almora de la spiritualité, avec Serge Durand, Almora, 2013

Il est également l'auteur du blog La vache cosmique.

Yves-Marie L’Hour est psychothérapeute et explore depuis une quinzaine d’années les convergences et complémentarités entre les traditions spirituelles d'Orient et d'Occident et les thérapies psychocorporelles contemporaines.

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05 juillet 2017

La présence pure

J'ai découvert ce livre un peu ancien récemment et je le trouve vraiment interessant. Il pointe vers l'espace de la conscience directement.

jlr

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"Dans la pratique du Mahamoudra/Dzogchen, les méditants découvrent la conscience non duelle, au départ dans des visions momentanées, à mesure que la focalisation sur des objets de conscience diminue peu à peu et qu'ils apprennent à demeurer dans la présence ouverte, dans ce que Franklin Merrill-Wolff nommait la « conscience sans objet ». Cette présence non duelle pourrait être décrite en termes de qualités telles que la profondeur, la luminosité ou la qualité d'espace, pourtant, dans son immédiateté, il n'y a pas de réflexion cons­ciente d'elle-même vis-à-vis d'un attribut de cette sorte. Au lieu de cela, on demeure simplement dans la clarté d'une cons­cience amplement ouverte et éveillée, sans la moindre tenta­tive d'altérer ou de fabriquer sa propre expérience.

Il s'agit ici d'une reconnaissance directe, consciente d'elle-­même, de notre propre nature en tant que pur être, sans réflexion sur elle-même. Quand l'attention est tournée vers l'extérieur, la perception est claire et aiguisée, étant donné qu'elle n'est pas revêtue de concepts. Le monde n'est pas vu comme quelque chose de séparé de la conscience et il n'est pas non plus moins vif ni immédiat que la conscience elle-même. La conscience n'est pas non plus perçue comme quelque chose de subjectif, « de ce côté-ci », séparé des apparences. La cons­cience et ce qui apparaît dans la conscience co-émergent mutuellement en un champ unifié de présence.

Dans ce champ unifié de présence, ni les perceptions ni la conscience ne peuvent être objectivées comme quelque chose que l'esprit puisse saisir. Cette qualité insaisissable de l'expé­rience est le sens fondamental du terme bouddhiste vacuité. La tradition du Mahamoudra parle du caractère inséparable de la vacuité et de la conscience, de la vacuité et de la clarté, de vacuité et de la forme, de la vacuité et de l'énergie. Nous pourrions aussi parler du caractère inséparable de la vacuité et e l'être. La présence pure est la réalisation de l'être-en-tant-que-vacuité: être sans être quelque chose. L'être est vide, non pas parce qu'il manque de quoi que ce soit, mais parce qu'il ne peut être compris en terme de point de référence quelconque en dehors de lui-même. L'être est précisément ce qui ne peut jamais être saisi ni contenu dans quelque limite physique ou désignation conceptuelle que ce soit. La vacuité, en ce sens, n'est pas un « attribut» quelconque appartenant à la conscience, à la forme ou à l'être, mais il est parfaite transparence lorsque ceux-ci sont appréhendés en pure présence, au-delà de la division sujet/objet."  

John Wellwood

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Cette Claire Absence

Voici un article de Richard Lang, qui fut un ami proche de Douglas Harding

jlr

 

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"Asseyez-vous, conscient de vous même, pendant 10 minutes avec le seul but de rester éveillé à Qui vous êtes vraiment.

Gardez votre attention dirigée vers cet Espace d'accueil illimité pour toutes les formes, vers ce Silence dans lequel les sons apparaissent, vers cette Claire Absence dans laquelle se déroulent les sensations corporelles. Peu importe les pensées qui s'élèvent, remarquez qu'elles apparaissent dans cette Vacuité exempte de pensées. C'est tout ce que vous avez à faire. Vous n'avez pas à essayer d'arrêter de penser, par exemple, ou d'essayer de vous sentir en paix, mais soyez conscient d'être espace pour le processus mental, ou pour tout autre ressenti.

Soyez attentif à l'Espace et à tout ce qui se produit en lui. Si vous faites cela, les choses vont se révéler à elles-mêmes et ensuite se dissoudre. Regardez simplement les choses se déployer dans l'Espace. Un semblant de compréhension peut survenir. Si c'est le cas, observez les comme des choses apparaissant dans l'Espace. Voyez-les apparaître, puis disparaître. Soyez conscient de tout ce qui apparaît là autant que de vous, regardant depuis le Mystère ici. Ce Mystère que vous êtes

Si l'expérience est plaisante, soyez conscient de ce ressenti dans l'Espace. Ressenti plaisant là, absence de ressenti ici, gardez, l'attention dans les deux sens.

Si c'est désagréable, si vous n'aimez pas ce que vous ressentez, ou que vous êtes impatient que quelque chose d'autre arrive, notez aussi que cette réaction se produit dans l'Espace. En fait quand des ressentis difficiles apparaissent, c'est une bonne nouvelle! Maintenant vous avez la chance de voir Qui vous êtes vraiment dans une situation plus stimulante. Regardez qu'ici, il n'y a rien qui puisse être stimulé. Ressenti là-bas, absence de ressenti ici...

Réaction là-bas, absence de réaction ici. Le monde là-bas, Capacité pour accueillir le monde ici. Instant après instant, restez dans cette évidence visible que, au Centre, vous n'êtes pas une chose, mais une Capacité. Cette expérience où vous contactez et vivez la vérité de Qui vous êtes vraiment dans une situation difficile vous aidera lorsque vous aurez à vivre quelque chose de désagréable une autre fois. Vous saurez que vous avez la capacité et le pouvoir de voir cela depuis l'Espace ici, et d'y réagir depuis l'Espace ici.

Il n'est pas question d'avoir une expérience particulière, mais de remarquer que, quelle que soit votre expérience, vous la voyez à partir de cette Capacité Eveillée, à partir de ce Clair Espace sans limite, de cet Oeil unique, à partir de la Liberté, à partir de la Paix."

Extrait de la revue "Vivre Sans Tête", n° 15 - avril 2009


 

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04 juillet 2017

Vivre ensemble à partir de l'Un

Dans quelques jours (dimanche), commencera un stage en Ardèche avec une quarantaine de personnes consacré à la découverte de sa vraie nature, de sa véritable identité grâce aux outils de Douglas Harding.

Je me souviens du premier stage d'été que j'ai passé avec Douglas au début des années 90 au centre du Taillé en Ardèche. Je me disais : "Bon, Douglas sans doute sera le seul éveillé dans ce groupe." C'est souvent ainsi dans les satsangs, n'est-ce pas?.

Mais là pas du tout. A ma grande surprise sur 50 personnes présentes, beaucoup voyaient parfaitement leur vraie nature (je me souviens de catherine Harding bien sur, de Georges, de Colin, de Bill, de Josette, d'Alexandre, de Paul et de tant d'autres...) Certains avaient découvert la vacuité depuis quelques mois seulement, d'autres depuis des dizaines d'années.Et, fait incroyable, pendant une semaine, le mode de vie normal consistait à vivre à partir de sa vraie nature, à partir de l'espace. La relation avec l'autre (quel autre?) se vivait à partir de la vacuité. Tout se faisait à partir de la Présence : parler, manger, boire, rire...

Et il n'y a avait pas là un gourou enseignant à d'autres ignorants, mais des amis, centrés dans l'éveil, partageant l'Un comme on partage du pain...avec simplicité.

Plus de jeu de masques ! plus de représentations! plus d'opposition!  mais au contraire, la transparence, la liberté, l'accueil inconditionnel, la joie pure de l'être.

Et quelle puissance de se retrouver ainsi avec des amis centrés, présents à leur essence.Quand l'autre personne vit consciemment à partir de sa vraie nature, il nous autorise et nous encourage à vivre aussi à partir de la même Présence, de la même conscience.

 Les nouveaux amis qui seront là vont, j'en suis sûr, pouvoir vérifier combien simple et évident est l'accès à la Présence grâce aux outils si géniaux de Douglas.

Et je me dis souvent combien douce serait l'humanité si nous pouvions vivre tous ainsi, unis à la Présence, ouverts, conscients que nous sommes enracinés dans le même Être.

Quel bonheur de nous rencontrer en conscience !

 

 

terreaulumière

 

jlr

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03 juillet 2017

Voyage spirituel en Inde du Nord

Les Routes du Monde qui est une agence de voyages canadienne m'a demandé d'accompagner un groupe de voyageurs en Inde en avril 2018.

DELHI - HARIDWAR - RISHIKESH,  SOLAN (MONASTÈRE DE MENRI), DHARAMSALA, AMRITSAR

Chaque jour je proposerai un moment d'enseignement sur la philosophe indienne et le bouddhisme, ainsi que des scéances de méditations et d'expériences d'éveil.

Nous aurons la chance unique rencontrer le maître du monastère de Menri, le Geshe Lungtok Teipei Nyima, chef spirituel du Bön (bouddhisme bön ) et à Rishikesh nous pourrons dialoguer avec le Swami Shashwat Ji (advaita vedanta).

jlr

 

 

 

 

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Fichier PDF de renseignements et d'inscriptions

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02 juillet 2017

si le chercheur s’arrête de faire par Franck Terreaux

Mon ami Franck Terreaux a posté un commentaire à la question d'un lecteur du blog : faut-il faire ou ne pas faire quelque chose sur le chemin spirituel.

Je mets son long commentaire en message, car il est vraiment interessant.

jlr

franck

 

"Je vais essayer de la faire courte mais ce thème me passionnant au plus au point ça va être un peu difficile...
Au départ, cette question part du postulat qu’il y aurait quelque chose que nous devions faire ? Comme si nous étions nés incomplets et que nous devions passer notre vie à devoir combler un manque à notre existence. La question ne serait-elle pas plutôt : pourquoi… faire ? Je vais tenter d’apporter à cette question une réponse extrêmement claire et précise.
Là, en cet instant même, ne faites rien, pas même méditer. Ressentez ce que c’est que d’être simplement là sans imaginer quoi que ce soit… il vous est impossible de rater, impossible de mal faire puisse que vous, vous ne faites rien et voyons ce qui se passe ?
Immédiatement, quelque chose s’efface. Ce qui s’efface c’est cette sorte d’état de rêve éveillé dans lequel nous vivons la majeure partie de la journée. Cela résonne comme un retour vers un déjà présent que nous n’avons jamais véritablement quitter car il a toujours été là en arrière-plan. Un déjà là qui était déjà là juste avant…
Vous savez alors que vous êtes n’est-ce pas ? Ou plutôt que cela est, car sorti de ce rêve éveillé il n’y a nul besoin de rajouter un vous qui soit à ce qui est déjà…
Cela qui est déjà, se cantonne uniquement à ce qui est perçu en cet instant même juste avant de le dire. Cela peut être vous, en train de lire comme celle de percevoir la sensation du dos avec la chaise… mais encore une fois juste avant de le dire… Cela rappelle la célèbre phrase de Saint Thomas : je ne crois que ce que je vois…
Ne faisant rien, n’imaginant rien, le je de « je suis » s’efface. Ainsi, le voile pensant disparaît au profit d’une présence qui elle a toujours été là avant toute méditation avant toute introspection… Cette clarté vous fait dire : comme c’est simple, comme c’est facile, c’est déjà là, c’est déjà là avant même l’idée que moi, je ne fasse quoi que ce soit. Alors moi le méditant je laisse tomber, parce que quoi que je fasse cela apparaît au sein de cet « état » naturel qui lui est déjà...
La réalisation de tout ceci produit un immense soulagement d’être mais celui-ci est de courte durée car le moi, réalisant que cette complétude est là lorsque lui n’est pas enfile aussitôt son habit de méditant pour revenir s’emparer de la situation.
Cette prise de conscience qui met au grand jour l’inutilité du je, et qui remet surtout en cause l’inutilité de toute entreprise à caractère spirituelle, peut selon la nature de chacun résonner de façon parfois bien différente.
Pour certains, comme ce fut mon cas, ce fut un immense soulagement d’être de m’apercevoir que tous les efforts que j’avais longtemps investis dans la méditation dans l’introspection n’avaient servi strictement à rien sinon à faire gonfler ce je- méditant plus encore. Un immense soulagement de voir qu’étant impossible de ne pas être qui plus est ailleurs ou dans un autre temps, il n’y avait donc rien que je ne devais faire ou atteindre parce que c’était manifestement là avant toute méditation avant toute introspection.
En revanche pour d’autres, n’ayant pas encore ressenti l’inutilité de ce je-méditant, cette situation peut être ressentie comme intolérable. Le je-méditant, veut ainsi récupérer le truc et faire en sorte que POUR LUI, ce ici maintenant soit là tout le temps… alors que cela qui est, n’est pas plus lié à ce je-méditant qu’il n’est lié au temps, il est le juste avant de toute choses… pour le je-méditant c’est là que les ennuis commencent.
Pour combler ce manque, il lui vient l’idée saugrenue d’aller méditer en Inde ou je ne sais où car c’est jamais ici que ça se passe mais toujours ailleurs. Partir pour quoi FAIRE hé bien commencer par FAIRE l’effort de vivre dans le moment présent. Un présent conceptuel uniquement là quand on y pense, constamment en lutte contre un passé et un futur qui le sont tout aussi et surtout, en espérant le faire perdurer très très longtemps… cela donne : j’y pense donc j’y suis… mais à condition bien sûr d’y penser tout le temps…
Lorsque qu’il est clairement vu (pas tout à l’heure ou demain mais là toute de suite) qu’il est impossible de ne pas être ailleurs qu’ici et encore moins dans un autre temps le chemin se termine avant même d’avoir commencé.
M’approchant de la fin de ma recherche, chaque matin en me réveillant, alors que j’étais habitué depuis des années à sortir le tapis de sol pour méditer je me disais : tu vois Franck, c’est déjà là ! tu y es déjà ! tu y es déjà ! il n’y a donc rien à faire…rien que tu ne doives faire…
Je vivais alors du matin au soir la joie ressentie par cette heureuse nouvelle non pas en y pensant mais en le ressentant en le vivant pleinement… Dès que l’idée récurrente de RAJOUTER de la méditation ou de l’observation surgissait encore, il était aussitôt vue que cette intention apparaissait au sein de ce déjà là à jamais présent…
Je me disais en moi-même : Te mettre à méditer, mais pourquoi faire une chose pareille, alors que manifestement c’est déjà en train d’être, c’est déjà en train de regarder avant même que cette idée de vouloir méditer ou regarder ne t’effleure l’esprit…
Contrairement à ce je, qui voudrait commencer à faire, ce déjà là n’apparaît pas, il est déjà présent en arrière-plan avant toute apparition d’un faire. Comme je ne le cesse de le répéter, il y a ce livre qui est là juste en face de vous, avez-vous BESOIN de faire un effort pour le savoir ? Evidemment la réponse est non et c’est justement là que réside toute la subtilité ou plutôt l’extrême simplicité de la chose. …
Pour le dire autrement n’y a ici aucune place pour deux. Dans le concept de dualité qui n’est qu’un concept il y à 1, pur sentiment d’être et 2, un méditant s’exerçant à vouloir l’être. Ce qui peut paraître comme un empêchement est que ce pur sentiment d’être, n’est fait que de liberté, cela signifie qu’il ne viendra jamais au grand dieu jamais se substituer au chercheur car il le laissera toujours faire ce que bon lui semble.

En revanche si le chercheur s’arrête de faire, il ne reste que pur sentiment d’être. Comme je le dis toujours, c’est dans le moins que ça se passe et non dans le plus.

Comprenez-moi bien, il ne s’agit pas de s’exercer à ne rien faire mais de simplement voir que lorsqu’on ne fait rien c’est là et que si c’est là c’est parce que nous, nous ne faisons rien…


Confirmant qu’il n’y a jamais eu BESOIN d’un moi chercheur pour que ce pur sentiment d’être soit, cette vision vous prendra alors en charge c’est elle qui fait, pas vous, alors laissez la faire… Pour finir enfin sachez que je n'ai absolument rien contre la méditation et je la recommande vivement mais l'utiliser comme seul moyen de découvrir ce que nous sommes me parait aujourd'hui hors de propos."

Franck Terreaux

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faire ou ne pas faire

Un lecteur du blog me pose cette question :

 

"Lecteur de votre blog, je me permets de vous poser une question
à laquelle je ne trouve pas de réponse saisfaisante :

" Il n’y a rien à faire, juste être. Ne faites rien, soyez. "  nous dit  Nisargadatta Maharaj.
Franck terreaux nous indique la même chose :  " Tout est là , il n'y a rien à faire. "

La tradition Dzogchen indique au contraire qu'il faut retourner notre attention , de meme douglas Harding nous propose de pointer vers notre espace intérieur là où il n'y a personne.

Dilemme que je n'arrive pas résoudre. Retourner l'attention c'est justement
faire quelquechose. Or d'autres auteurs indiquent qu'il n'y a rien à faire, simplement prendre conscience.

Cela n'est-il pas contradictoire ?

En effet si je ne fais rien, alors j'oublie de retourner mon attention, de pointer vers la vacuité. Mais si je retourne mon attention, alors je suis dans le faire...

Je n'arrive pas à résoudre la contradiction. Pouvez vous m'éclairer ?
Merci beaucoup."

Bonjour,

merci de votre question.

Oui il y a là un paradoxe apparent : faire ou ne pas faire, telle est la question!

Mais c'est un paradoxe pour la pensée, pas dans la pratique.

En fait ces enseignements sont pédagogiques : pour certaines personnes qui étaient dans un "faire" hyperactif, entendre le message qu'il n'y a rien à faire pour être est une libération.

Je dirai ceci : au début de la pratique, le geste à prendre c'est de retourner son attention de 180° pour percevoir l'absence d'observateur.

Ou bien fermez les yeux, et voyez que votre Présence silencieuse est pur accueil sans limite.

Ce geste n'est pas un "faire" mais une attention, c'est une prise de conscience. C'est constater que la vision n'a pas besoin d'un regardeur, ni l'écoute de quelqu'un qui entend. Maharaj nous le dit à sa façon : soyez attentif au Je suis (qui est en fait un SUIS sans je).

Ce geste d'attention est autre chose qu'un faire, c'est de l'être, de la présence, de la conscience.

Ensuite, une fois que c'est vu, il suffit de rester avec cela. L'espace au-dessus de vos épaules est évident.

Et si vous l'oubliez à nouveau, retournez à nouveau votre attention, c'est-à-dire voyez que personne ne regarde.

Il n'y a pas à créer la conscience, à produire je ne sais quel éveil; c'est ce que nous sommes !

Les expériences de Douglas Harding nous invite simplement à voir que CE QUI regarde en nous n'est pas l'individu, mais une Présence bien plus vaste, sans limite même.

Et vivez simplement avec cette Présence illuminant votre quotidien.

jlr

cliff

 

 

 

 

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01 juillet 2017

salle

Je cherche une salle sur Paris pouvant contenir 40 personnes pour donner des leçons de philosophie (occidentale et orientale) et de méditation à la rentrée.
Quelqu'un aurait une idée ?
merci

josé le roy

contact : joseleroy29@gmail.com

 

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