Un visiteur du blog me pose la question suivante :

 

"Bonjour,

Je consulte souvent votre blog et je m'intéresse à la non dualité. Ayant un aperçu concret de l'espace au dessus de mes épaules, je me rends compte de la simplicité de ce qu'on appelle la voie directe.

Cependant le moi, percevant son inutilité, va immanquablement revenir sur le devant la scène et vouloir conserver son existence ... Cela m'est arrivé et j'ai eu une longue période de difficultés...

L'approche longue n'est elle pas plus "douce" ?

Bonne journée."

Bonjour,

en effet, la voie directe est très simple.

Prendre conscience de l'espace au-dessus de ses propres épaules demande juste un peu d'attention.

Il suffit de constater l'espace transparent et sans limite dans lequel le monde se déploie maintenant.

Alors, la vision est vide d'observateur : il n'y a pas de "moi" qui regarde. Il y a vision, et il y a le monde, sans dualité.

Il est vrai que le "moi" va chercher à revenir au centre de la perception. Cela est du à nos habitudes, à nos réflexes mentaux, à nos mémoires.

C'est un processus naturel.

La voie brève, la voie directe consiste à chaque fois que cela se produit à replonger dans la vacuité de l'Ouvert, jusqu'à ce qu'il devienne naturel de vivre à partir de notre vraie nature.

Vous parlez de l'approche longue. Je ne sais pas précisément de quelle voie longue vous parlez. Peut-être d'une voie qui consisterait à enlever graduellement (par la méditation, par l'examen intellectuel??) les voiles qui nous masquent la vacuité ?

On retrouve ici le fameux débat voie directe/ voie longue.

Voici ma position là-dessus :

Choisissez la voie qui vous correspond le mieux. Suivez votre ressenti, et allez à votre rythme.

Mais dans mon expérience la voie directe n'a rien de "dure".

Au contraire, elle consiste à se fondre dans la douceur de l'être. Quoi de plus doux que de se reposer dans l'infinie plénitude du sentiment d'être ?

Juste être, non plus être quelqu'un de particulier, mais être simplement nous ouvre à une grande tendresse.

Et puis, dans cette voie courte, il n'y a rien à faire; vous pouvez jouir en un instant de la joie même de l'être, au lieu d'attendre la fin hypothétique d'un voyage long qui peut-être ne finira jamais (car après avoir enlevé un voile, il y en aura un autre, puis un autre...).

La voie directe est une voie pour les impatients, qui veulent  jouir tout de suite de la liberté de la conscience pure. Oh, que c'est doux ! Oh, que c'est bon !

Bien sûr, il y aura des moments plus difficiles que d'autres. Mais la voie spirituelle n'est pas pour les tièdes, après tout. Elle demande de la constance, de la consécration, du courage et surtout de la confiance.

Et cette confiance grandira à mesure que nous habiterons dans la Présence.

jlr

douceur