Dans son beau livre, - La méditation m'a sauvé - Phakyab Rinpoche raconte son enfance au Tibet et sa vie dans une famille de nomades qui chaque année entreprenait une longue transhumance vers d’autres pâturages. Il y décrit une enfance heureuse, ouverte, émerveillée, et riche de chaque instant.

Et ouverte sur l'illimité de la conscience

jlr

 

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« J’ai souffert de la faim et du froid certains jours d’hiver. Pourtant, quand je pense à mon enfance, elle ne m’évoque aucune sensation de pauvreté. Au contraire. Aujourd’hui, ces conditions de vie, dans leur dénuement même, me parlent d’un âge d’or où nous entretenions un lien affectif avec la terre mère. J’ai connu cette époque où la nature, tout en prodiguant à nos corps la nourriture nécessaire, communiquait aussi à nos esprits une confiance illimitée. Elle nous ancrait dans une énergie d’abondance et de renouvellement. Démunis sans éprouver ni manque ni frustration, nous étions riches de chaque journée, comblés de la beauté inépuisable des êtres et du monde.(…)

Ces paysages ont déposé en moi une sensation durable d’illimité. Trente années ont passé et, en plongeant dans mes souvenirs, je revis la même expérience. Déchaînement d’immensité. Mes yeux s’ouvrent. Mon cœur s’ouvre. Mon esprit s’ouvre. Au-delà du champ de vision et du mental, dans une réceptivité exacerbée du corps et de la conscience, je revis cette fusion avec la grande vie naturelle. Une détente profonde accompagne ce ressenti qui a laissé en moi l’empreinte d’une terre et d’un ciel intacts, d’un jour neuf au goût incomparable de première fois. (…) J’ai grandi avec une sensation de vitalité, à la fois centrée en moi et ouverte. C’était une énergie partant de mon esprit vers l’infini et me revenant sous forme d’une vibration d’amour universel. En y repensant, je me dis que, sur le Toit du monde de mon enfance, la notion de limites n’existait pas. J’étais intensément relié au cosmos. »

La méditation m'a sauvé

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