Il ya quelques semaines j'avais signalé la parution d'un numéro de la revue du 3ème millénaire consacré à la question de personne.

voir ici.

Dans cette revue, un article de Jeff Foster mérite qu'on lui prête attention.

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Jeff Foster a publié plusieurs livres, dont un chez Almora, dans la perspective du néo-advaita. Il décrivait alors l'expérience de la non-dualité comme étant la découverte qu'au centre de nous-mêmes : 'il n'y a personne", que le moi est vide. Or, dans ce nouvel article, il nuance et même contredit ses premiers textes.

"Si vous vous rendez à une rencontre publique d'un enseignant de "l'advaita radical" et si, au moment des questions, vous commencez à parler de quelque chose de personnel - par exemple la mort d'un être cher, une de vos addictions, un événement douloureux qui s'est produit dans votre passé- ils vous diront que vous êtes "coincé dans cotre histoire", "perdu dans le rêve du temps et de l'espace" ou ils vous diront simplement que vous êtes "encore une personne" et "pas encore éveillée". Le fait que vous racontiez une histoire montre que vous venez encore de la dualité - vous êtes encore identifié en tant que chercheur, englué dans le personnel". "continuez de chercher car un jour le personnel s'effondrera."

Or c'est justement à ce rejet du personnel, de la personne au profit de l'impersonnel que Jeff renonce.

Jeff Foster admet que lui aussi pendant des années a tenu ce genre de discours : "J'ai passé des années à repousser le personnel, essayant de me débarrasser de mon histoire personnelle, de m'installer dans l'Absolu, de rejeter le "quelqu'un" et de devenir "personne". Jeff était l'ennemi , je devais m'en débarrasser." "L'expérience personnelle est pour les rêveurs ignorants, L'impersonnel est bien plus réel."

Pourtant dit Jeff, à la base du rejet de ce personnel il y a "une peur du personnel", une peur de s'ouvrir à la vie, aux autres, à ses propres émotions...

L'impersonnel doit inclure le personnel et non le rejeter.

Il est interessant de voir Jeff s'éloigner de l'advaita pour revenir au  Christ : "Pensez à Jésus sur la croix. Là, au coeur de la souffrance la plus terrible - excatement au centre des os cassés, de la peau et des muscles déchirés, le Divin brillait impersonnel et libre. Jésus était absolument humain et dans cette humanité, absolument divin."

La véritable liberté dit-il "n'est pas de fuir le personnel pour l'impersonnel - elle est à trouver au coeur même de l'expérience humaine la plus intime. Quel soulagement d'être à nouveau un être humain qui vit, respire, de permettre à la vie de s'exprimer à travers ce nom et cette forme humaine, à ravers cette magnifique expérience personnelle et de savoir que ce n'est rien d'autre que l'impersonnel, qui joue, danse et se réjouit à chaque instant."

jlr