Il y a si peu de livres sur le dzogchen que la publication d'un livre de Longchenpa par Jean-Louis Accarias mérite d'être signalée.

LONGCHENPA  LA PRÉCIEUSE GUIRLANDE EN QUATRE THÈMES

Une Introduction au Dzogchen

 avec les commentaires de Dudjom Rinpoche et Beru Khyentse Rinpoche

 Préface par Jean-Luc Achard

Longchenpa-La-precieuse-guirlande

Quatrieme

"Longchenpa (1308-1364) est un maître de l’école Nyingmapa et l’un des patriarches les plus importants de l’histoire littéraire et spirituelle de la tradition bouddhique tibétaine. Son nom est connu de tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la philosophie et aux enseignements bouddhiques car il a su parfaitement résumer les héritages de Padmasambhava et Vimalamitra et exposer les principes d’une subtilité proprement vertigineuse qui sont au cœur des enseignements de la Grande Perfection (Dzogchen).

 Dans ce texte d’une densité extrême qui se présente sous la forme d’une guirlande spirituelle composée de quatre thèmes ou étapes, Longchenpa essentialise de manière magistrale la démarche entière du Dzogchen. Il s’agit d’un enseignement qui contient la quintessence des préceptes qui mènent à la liberté en une seule vie et dont les principes sont essentiellement centrés sur la reconnaissance directe de l’état naturel de l’esprit, c’est-à-dire le véritable mode d’être de la conscience individuelle. Les préceptes du Dzogchen ont ainsi pour point commun de révéler que l’essence fondamentale de l’esprit est primordialement pure et spontanément accomplie.  Comme le souligne le tibétologue Jean-Luc Achard (CNRS) dans sa préface à l’ouvrage, avec ces textes, nous sommes en présence d’enseignements authentiques dont la pertinence et la portée rédemptrice sont entièrement maintenues, qu’ils s’adressent aux adeptes du XIVème siècle ou à ceux du XXIème siècle.

 Cette Précieuse Guirlande en Quatre Thèmes bénéficie ici de nombreux commentaires oraux fournis par de grands patriarches Nyingmapas contemporains – dont Dudjom Rinpoché – qui en font un outil d’étude et de pratique exceptionnel."

 128 pages

15,50 €

 Extrait:

"Reconnaître la base d'émergence sponta­née des passions ou, littéralement, « leur propre condition naturelle » signifie reconnaître leur véri­table nature vide. Ultimement, les pensées erro­nées ne peuvent être trouvées. Dans la mesure où elles émergent et se libèrent simultanément, à l'image de dessins tracés sur l'eau, elles n'ont pas d'existence réelle, n'existent ni ne cessent en tant qu'événements réels. Toutefois, lorsque vous êtes dans l'égarement quant à leur nature, elles semblent véritablement réelles. Mais quand vous les reconnaissez pour ce qu'elles sont, vous voyez qu'elles se libèrent automatiquement et s'apaisent d'elles-mêmes, à l'image de vagues qui se fondent automatiquement dans l'eau et dont on ne peut dire qui, de l'eau ou de la vague, s'est fondue dans l'autre. Dans cet exemple, les vagues représentent les pensées confuses et erronées, et l'eau, la véri­table nature de l'esprit. Ainsi donc, lorsque vous reconnaissez la nature des passions, vous voyez qu'elles ont la nature de leurs Sagesses corres­pondantes en lesquelles elles se purifient pour se libérer naturellement.
Par exemple, lorsque vous identifiez la nature du désir-attachement qui vous pousse à sélec­tionner quelque chose d'attirant que vous dési­rez obsessionnellement posséder, vous voyez que cette passion a la nature de la Sagesse Discrimi­nante. En d'autres termes, en reconnaissant la nature du désir, vous le dépouillez de votre saisie à l'endroit d'une existence inhérente. Vous ren­dez ainsi visible la Sagesse qui a discriminé ou sélectionné cet objet. Ainsi, le désir a été purifié en Sagesse Discriminante.
Ce n'est pas du tout que, à un moment, appa­raîtrait une passion, et qu'une fois cette passion parvenue à son terme, la Sagesse ferait son appa­rition. Les conceptions erronées émergent et se libèrent au même moment. Si vous discernez leur nature, il s'agit de la Sagesse ; si vous ne la discer­nez pas, alors, il s'agit des passions. Si vous êtes dans la confusion quant à leur nature, vous êtes dans l'égarement, sinon, elles sont pures.
Cela ne signifie pas que vous reconnaissez la nature des passions et que, le moment d'après, celles-ci se libèrent en Sagesses, à l'image de ténè­bres qui disparaîtraient pour ensuite faire place à la lumière du jour. Si tel-était le cas, l'on n'aurait nul besoin du soleil puisque les ténèbres auraient déjà disparu. Par conséquent, tout comme l'appa­rition de la lumière et la dissipation des ténèbres, la manifestation de la Sagesse et la dissipation de l'égarement sont simultanées. La seule différence réside dans leur purification ou leur non-purifi­cation dans l'Espace de la Vacuité. La Sagesse obscurcie par les ténèbres de la saisie à l'endroit d'une existence inhérente constitue l'égarement des passions ; les passions purifiées d'une telle saisie constituent la Sagesse." Longchenpa, traduction Marianne Ginalski