Un lecteur du blog me pose cette question :

 

""Bonjour José,

En quoi le fait de savoir que nous sommes cette présence consciente nous enlève la souffrance? "

 

Bonjour,

Savoir que nous sommes cette présence consciente nous enlève certaines souffrances en effet. Voici quelques réflexions qui me viennent.

1. D'abord, nos souffrances viennent beaucoup du rapport à autrui, du sentiment d'être jugé. Nous manquons d'amour, de reconnaissance ce qui engendre de la frustration." L'enfer, c'est les autres" disait Sartre.

La découverte de notre vraie nature nous montre que nous ne sommes pas l'individu que les autres jugent et voient. L'éveil à la vacuité nous révèle que nous ne sommes pas une chose, mais une non-chose, une conscience. C'est une véritable délivrance à l'égard d'autrui. La conscience ne peut être vue comme une apparence dans le monde; elle est une transparence, légère et lumineuse.

La solution c'est n'être rien. Non-chose. Personne.

2. Nos souffrances trouvent leur origine aussi dans le fait que nous nous sentons limités et séparés. Des désirs naissent d'un manque douloureux. Nous pensons que notre bonheur se trouvera dans la réalisation de désirs. Ce qui n'arrive jamais bien sûr. D'où les frustrations et déceptions.

Avec la découverte de l'éveil, nous vivons dans une plénitude nouvelle. L'être de la présence est complet, plein. Il est total. Il est la totalité. Dès lors, ce vide psychologique disparait dans le vide métaphysique qui est aussi une complétude.

La solution c'est être tout. Toutes choses.

3- Mais des souffrances peuvent encore apparaitre dans cet espace de conscience. D'abord bien sûr des douleurs physiques, puisqu'il y a un corps. Et ensuite des émotions comme la tristesse, la colère, ...Tout le panel des émotions humaines en fait. L'humanité ne disparait pas ; elle vit dans l'espace de la conscience.

Mais il y a une paix plus profonde, invulnérable, immense, infinie qui s'est installée, et une équanimité émotionnelle beaucoup plus grande.

Mais bien sûr, il ne suffit pas de savoir que nous sommes cet espace de conscience; il faut l'expérimenter, le vivre, et s'y plonger.

Les yeux fermés, plonger dans la Présence nue du Je suis.

Les yeux ouverts, prendre conscience de l'ouverture au-dessus des épaules dans laquelle le monde se repose.

Et réaliser que nous sommes cela.

 

jlr

 

bouddha