ciel

 "Un soir, alors qu’il était allongé là, comme à son habitude, Patrul Rinpoche me dit : « Cher Lung-tog ! N’as-tu pas dit que tu ne connaissais pas l’essence de l’esprit ? » [Je répondis :] « Oui, monsieur, je ne la connais pas. » [Abu dit :] « Oh, il n’y a rien à connaître. Viens ici ». Je vins donc vers lui. [Il dit :] « Allonge-toi, comme moi, et regarde le ciel. » Comme je le faisais, [la conversation continua ainsi :]

 

« Vois-tu les étoiles dans le ciel ? »

« Oui. »

« Entends-tu les chiens aboyer dans le monastère de Dzogchen ? »

« Oui. »

« Bien, c’est ça la méditation ! »

 

A cet instant, intérieurement, j’en arrivai à la certitude [d’une réalisation]. J’avais été libéré des chaînes du « c’est » et « ce n’est pas ». J’avais réalisé la sagesse primordiale, [l’union] nue de la vacuité et de la conscience intrinsèque. Je fus introduit à la réalisation par sa bénédiction, comme le dit Saraha :

 Celui pour qui les mots du maître ont pénétré le cœur

Voit [la vérité] comme un trésor dans sa propre paume.

 Après coup, lorsque les mots [de Paltul Rinpoché] furent [intellectuellement] examinés, il n’y avait pas grand chose, mais simplement ses dires que la conscience de l’œil et la conscience de l’oreille sont la conscience intrinsèque."

 

anthologie

traduit par le regretté Serge