L'éveil à soi-même est un éveil de la perception.

Hier dans un atelier que j'ai donné à Paris avec Ilios Kotsou, un participant a dit (Patrick) :

"Les couleurs me semblent maintenant plus vives; la lumière me parait avoir plus d'éclat".

Et en effet, la découverte de sa vraie nature, c'est-à-dire l'éveil à la vacuité consciente, rend le monde plus vivant, plus intense : les couleurs deviennent plus éclatantes, la réalité retrouve une fraicheur et une nouveauté  qu'elle n'avait plus depuis l'enfance.

Et dès lors, rien n'est ennuyeux.

Quand l'observateur disparait du champ de la perception, tous les voiles qu'il projetait sur le monde (langage, concepts, mémoires, habitudes,...) se déchirent d'un coup, lequel revêt alors la nouveauté de leur source.

Ce qu'on touche à ce moment, au-delà de ce qu'on regarde et qu'on continue d'identifier à un certain niveau (on reconnait une fleur, une table, une pierre...), c'est le mystère de l'être.

Derrière les étiquettes que notre humanité fragile et transitoire jette sur le monde pour agir sur lui, l'éveil nous fait expérimenter, stupéfaits, l'inconnu même de l'Être et du Rien.

Un pur Regard qui participe du mystère de la création de toutes choses à partir de Rien.

Ce qui s'appelle Beauté.

jlr

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"De l’avis général de ceux qui en font l’expérience, toute chose prise séparément devient tôt ou tard terne et ennuyeuse, alors que la Non-chose d’où elle émane ne perd jamais son éclat. Et ce n’est pas la fin de l’histoire. Voici la suite étonnamment heureuse : lorsqu’on les voit de la seule façon dont elles puissent être réellement vues, c’est-à-dire à partir de leur Origine ici, toutes ces choses émergentes – si ennuyeuses par elles-mêmes – revêtent la splendeur de cette Origine. Elles ont le goût rafraîchissant de leur Source, le parfum de leur terre natale, le Pays de la Clarté Éternelle."

Douglas Harding, Science de la Première personne.