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Dans le texte célèbre de Dogen (1200-1253), le Shobogenzo, on trouve cette phrase de maître Nyojô (maitre chinois de Dogen):

" Au moment où Gautama perd la prunelle de son œil

Au sein de la neige, une seule branche de prunier en fleurs ! 

Dans ce Présent, où prolifèrent un peu partout les épines,

En retour rient-elles du vent du printemps qui les entrelace si fort. »

 

Que signifie perdre la prunelle de son oeil?

C'est voir qu'on ne regarde pas à partir d'un oeil coloré, limité, mais à partir de l'espace vide et clair.

Alors la branche de prunier en fleurs est vue à partir de l'espace ouvert de la conscience vaste.

Elle apparait dans la vacuité, dans l'espace sans observateur.

Notre oeil est sans oeil.

Et Dogen commente le passage ainsi:

 

"L’Ainsi-Venu se cache dans la prunelle de l’Œil, et la prunelle de l’œil se cache dans les fleurs de prunier.

Les fleurs de prunier se cachent dans les épines.

En retour, les épines soufflent maintenant le vent du printemps.

Et bien que ce soit ainsi, elles goûtent avec allégresse la mélodie des fleurs de prunier. »

 

Il n'y a plus de dualité entre celui qui voit et l'objet vu, car maintenant tout est vision, tout est regard, tout est le Bouddha, l'Ainsi-venu.

Et quelle allégresse dans cette nouvelle vision !

Quel souffle de vie ! Quelle mélodie!

jlr

 

prunier