Nouveau numéro de la revue 3eme millénaire

Qu'est-ce que l'attention ?

n124-la-flamme-de-l-attention

 

Sommaire

 
Fil d'Ariane de 3e millénaire
Institut Gurdjieff : Entre deux vies
Dominique Casterman : L'attention..., tout simplement
3e millénaire : Les Mystères de l'Attention
Serge Carfantan : Conscience et attention (deuxième partie)
Malo Aguettant : La double attention
Fabrice Midal : La pratique n'est pas une gymnastique mentale
Eric Baret : Explorer, tactilement
Byron Katie    : Qui suis-je ? Qui est-ce que je ne suis pas ?
Edouard Salim Michael : Le précieux joyau de l'attention
Charles Coutarel : Replacer l'attention, revenir à la terre
ShantiMayi : L'appel du Dharma
Didier Weiss : Réintégration de la conscience
Patrick Vigneau : Préparer la descente de la Grâce
Rubriques
Témoin d'Eveil : La Flamme de la totale Attention par Ilie Cioara
Psychologie transpersonnelle dans l'Art par Welleda Muller :
Auguste Rodin. Conscience du corps et attention au geste
Documents :   
Douglas Harding : L'attention au lieu de l'intention    
La vigilance selon les Pères neptiques
« L'attention juste » dans le bouddhisme
Approche de la méditation :
L'attention silencieuse par Chantal Geffroy

 

 Extrait : Serge Carfantan

"L‘attention vient de la Présence et elle y reconduit.

Ce n'est pas une décision pensée, délibérée ou réfléchie qui fait naître l'attention. Elle vient d'elle-même. L'attention est la Conscience elle­-même, avant toute construction mentale, un voir sensible qui ne découpe pas, ne tranche pas dans la perception, mais s'éprouve lui-même.

« Vous regardez une fleur. Au moment où vous la regardez, il y a seulement regard, vous ne pensez pas : "voilà une fleur". Si vous le pensez, alors il n'y a plus de regard. Ainsi, en posant les yeux sur une fleur, il n'existe que le regard» (Jean Klein, Transmettre la lumière).

C'est en ce lieu sensible que réside la sensibilité originaire, cette affection qui ne se sépare pas de Soi et ne peut pas être réellement qualifiée, nommée. La Vie s'éprouvant elle-même dans sa véritable patrie intérieure. Pas un objet qui serait objet d'analyses, de définitions. Pas un ego qui ferait irruption pour se commenter et se raconter.

Jean Klein dit que la Présence n'est entière que dans votre propre absence, c'est-à-dire en absence d'un "moi" qui serait posé face à un autre "moi" ou face à un objet.

La fleur est bien sûr une rencontre privilégiée, car elle est une grâce de la nature et la nature offre à profusion une source d'émerveillement ; et cependant, « tout objet vu, entendu, touché, peut vous ramener à votre vraie patrie qui est pur regard, pur écoute, pur toucher. » C'est une ques­tion d'approfondissement de l'expérience, ou de plongée esthétique dans le panorama sensible.

Stephen Jourdain parle même de séisme édénisa­teur à propos d'un papier dans un caniveau. Ce n'est pas l'objet qui importe, c'est le tremblement sensible, la rivière du sentiment. Ce qui est étran­ge, c'est de remarquer l'approfondissement par lequel l'attention reconduit alors vers Soi.

« Au début cela paraît comme une attention pluridi­mensionnelle, mais si l'attention demeure, elle finit par se dissoudre dans la conscience. Vous commencez par être conscient de quelque chose, puis ce quelque chose reflue dans la conscience, dans sa patrie, et ce qui reste est une conscience sans objet qui se connaît par elle-même ».

Ce mouvement d'intériorisation est la méditation. Si on préfère, dans son sens le plus subtil, c'est une prière. "

Serge Carfantan