J'ai lu aujourd'hui ce poème dans le livre de Marguerie Porete,

Le miroir des âmes simples et anéanties

marguerite porete

Marguerite Porete est une mystique française du 13ème siècle, qui vécue près de Valenciennes. Elle fut brûlée vive à Paris, place de Grève  le 1er juin 1310 pour hérésie. Son jugement fut rendu par l'inquisiteur pour le Royaume de France, Guillaume de Paris

Le poème n'est pas d'elle mais d'un de ses contemporains anonymes,mais elle aurait pu le signer, tant il est proche de sa mystique exceptionnelle.

Marguerite Porete fut une des sources, une des inspirations de Maitre Eckhart. Ce texte lui a d'ailleurs parfois été attribué.

Le poème est traduit ici par Max Huot de Longchamp

 

 

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"C’est, mais personne ne sait quoi.
C’est ici, c’est là,
C’est loin, c’est près,
C’est profond, c’est élevé ;
C’est ainsi :
Ce n’est ni ceci ni cela.


C’est lumière, c’est clarté,
C’est tout obscurité,
C’est innommé,
C’est inconnu.
Sans commencement et sans fin ;
C’est un lieu silencieux Qui s’écoule, indéfini.
Qui connaît sa maison ?
Qu’il en sorte celui-là,
Et nous dise quelle est sa forme !


Deviens comme un enfant,
Devient sourd, deviens aveugle !
Le quelque chose qui est tien
Doit devenir rien ;
Quelque chose ou rien : tout va au-delà.
Laisse le lieu, laisse le temps,
Laisse aussi l’image !
Va sans chemin Sur le sentier étroit :
Aussi viens-tu à la trace du désert.


O mon âme !
Sors ! et entre en Dieu ;
Enfonce le quelque chose qui est mien
Dans le rien de Dieu !
Enfonce dans les flots sans fond !
Que je m’enfuie de toi,
Et tu viennes à moi !
Que je me perde,
Et je te trouve
O bien superessentiel !"