J'ai découvert ce livre un peu ancien récemment et je le trouve vraiment interessant. Il pointe vers l'espace de la conscience directement.

jlr

IMG_0001

 

 

"Dans la pratique du Mahamoudra/Dzogchen, les méditants découvrent la conscience non duelle, au départ dans des visions momentanées, à mesure que la focalisation sur des objets de conscience diminue peu à peu et qu'ils apprennent à demeurer dans la présence ouverte, dans ce que Franklin Merrill-Wolff nommait la « conscience sans objet ». Cette présence non duelle pourrait être décrite en termes de qualités telles que la profondeur, la luminosité ou la qualité d'espace, pourtant, dans son immédiateté, il n'y a pas de réflexion cons­ciente d'elle-même vis-à-vis d'un attribut de cette sorte. Au lieu de cela, on demeure simplement dans la clarté d'une cons­cience amplement ouverte et éveillée, sans la moindre tenta­tive d'altérer ou de fabriquer sa propre expérience.

Il s'agit ici d'une reconnaissance directe, consciente d'elle-­même, de notre propre nature en tant que pur être, sans réflexion sur elle-même. Quand l'attention est tournée vers l'extérieur, la perception est claire et aiguisée, étant donné qu'elle n'est pas revêtue de concepts. Le monde n'est pas vu comme quelque chose de séparé de la conscience et il n'est pas non plus moins vif ni immédiat que la conscience elle-même. La conscience n'est pas non plus perçue comme quelque chose de subjectif, « de ce côté-ci », séparé des apparences. La cons­cience et ce qui apparaît dans la conscience co-émergent mutuellement en un champ unifié de présence.

Dans ce champ unifié de présence, ni les perceptions ni la conscience ne peuvent être objectivées comme quelque chose que l'esprit puisse saisir. Cette qualité insaisissable de l'expé­rience est le sens fondamental du terme bouddhiste vacuité. La tradition du Mahamoudra parle du caractère inséparable de la vacuité et de la conscience, de la vacuité et de la clarté, de vacuité et de la forme, de la vacuité et de l'énergie. Nous pourrions aussi parler du caractère inséparable de la vacuité et e l'être. La présence pure est la réalisation de l'être-en-tant-que-vacuité: être sans être quelque chose. L'être est vide, non pas parce qu'il manque de quoi que ce soit, mais parce qu'il ne peut être compris en terme de point de référence quelconque en dehors de lui-même. L'être est précisément ce qui ne peut jamais être saisi ni contenu dans quelque limite physique ou désignation conceptuelle que ce soit. La vacuité, en ce sens, n'est pas un « attribut» quelconque appartenant à la conscience, à la forme ou à l'être, mais il est parfaite transparence lorsque ceux-ci sont appréhendés en pure présence, au-delà de la division sujet/objet."  

John Wellwood