Dépouillement
En allant vers soi, on se dépouille de soi.
C'est une marche dans la nudité intérieure.
On avance au-delà de toutes les connaissances qu'on a de soi, au-delà de toutes les étiquettes.
On s'enfonce en plein désert. Dans la vacuité.
Dans le silence.
Ici je ne suis pas jeune ou vieux.
Ici je ne suis pas grand ou petit.
Ici je ne suis plus chrétien ou musulman.
Ici je ne suis plus français ou chinois.
Ici je ne suis même plus un homme ou une femme.
Ici, on ne peut avancer dans la vacuité, qu'en laissant à l'entrée toutes nos vieilles peaux, nos croyances, nos fragiles certitudes.
Comme on laisse ses chaussures à l'entrée d'un temple.
Seule la conscience nue peut s'unir à la conscience pure.
Beaucoup reculent devant ce vide, et s'arrêtent en chemin, sûrs d'êtres arrivés au bout : théologiens, croyants ou penseurs.
Car on a bien l'impression de s'appauvrir, d'entrer dans le non-savoir, d'aller vers le moins, non vers le plus...
Aller dans la lumière (light) c'est s'alléger (light).
Mais en revenant vers le Rien, pourtant, on redécouvre le Tout.
Tout nous est redonné.
Mais d'une autre manière, baigné dans une nouvelle transparence.
Si je m'identifie à une chose, je ne peux être toutes choses.
Si je saute dans le Rien, par contre, je deviens le monde.
José Le Roy
Ci-dessous un texte de Saint Jean de La croix : la Montée au Carmel.
On monte au Carmel cueillir les fruits de l'union divine en passant par le RIEN.


