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Eveil et philosophie, blog de José Le Roy
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24 novembre 2019

l’expérience de la présence de l’être

Louis Lavelle (1883-1951), un philosophe français injustement méconnu.

Pourtant sa philosophie est une invitation à se tourner vers l'Être, vers la Présence.

jlr

Louislavelle

 

"Il y a une expérience initiale qui est impliquée dans toutes les autres et qui donne à chacune d’elles sa gravité et sa profondeur : c’est l’expérience de la présence de l’être. Reconnaître cette présence, c’est reconnaître du même coup la participation du moi à l’être.

Personne sans doute ne peut consentir à cette expérience élémentaire, en la prenant dans sa simplicité la plus dépouillée, sans éprouver une sorte de frémissement. Chacun avouera qu’elle est primitive, ou plutôt qu’elle est constante, qu’elle est la matière de toutes nos pensées et l’origine de toutes nos actions, que toutes les démarches de l’individu la supposent et la développent. — Mais, cette constatation une fois faite, on passe vite : il suffit désormais qu’elle reste implicite ; et nous nous laissons attirer ensuite par les fins limitées que nous proposent la curiosité et le désir. Ainsi notre conscience se disperse ; elle perd peu à peu sa force et sa lumière ; elle est assaillie de trop de reflets ; elle ne parvient pas à les rassembler parce qu’elle s’est éloignée du foyer qui les produit.

Le propre de la pensée philosophique est de s’attacher à cette expérience essentielle, d’en affiner l’acuité, de la retenir quand elle est près d’échapper, d’y retourner quand tout s’obscurcit et que l’on a besoin d’une borne et d’une pierre de touche, d’analyser son contenu et de montrer que toutes nos opérations en dépendent, trouvent en elle leur source, leur raison d’être et le principe de leur puissance.

Mais il est difficile de l’isoler pour la considérer dans sa pureté : il y faut une certaine innocence, un esprit libéré de tout intérêt et même de toute préoccupation particulière. Savoir qu’elle existe, ce n’est pas encore en réaliser la plénitude concrète, ce n’est pas l’actualiser et la posséder.

La plupart des hommes sont entraînés et absorbés par les événements. Ils n’ont pas assez de loisir pour approfondir cette liaison immédiate de l’être et du moi qui fonde chacun de nos actes et lui donne sa valeur : ils la soupçonnent plutôt qu’ils ne la sentent ; elle n’est jamais pour eux l’objet d’un regard direct, ni d’une conscience claire ; et si parfois leur pensée vient à l’effleurer, ce n’est qu’un contact passager et dont le souvenir s’efface vite.

Mais celui qui par contre a saisi une fois dans un pur recueillement et comme l’acte même de la vie la solidarité de l’être et du moi ne peut plus détacher d’elle sa pensée : le souvenir de ce contact en renouvelle la présence qui ne cesse plus d’ébranler son esprit et de l’éclairer."

Louis Lavelle, La présence totale

 

 

lavelle

 

Commentaires
I
Merci Daniel de cet éclairage. <br /> <br /> Oui,il y a encore à dire,. Peut- être suivons-nous ( en même temps ) plusieurs chemins, parallèles : un chemin direct où l'on serait déjà arrivé en partant (voir avant de partir), divers chemins accordés à nos divers "moi", le chemin du Je, le très précieux chemin de la Pratique....<br /> <br /> Dans le sans limite, au bout du processus, le Je aussi s'évanouit. L'Unité, c'est sans distinctions, UN.<br /> <br /> Dans la mémoire du monde, c'est un autre sujet : ce qui aura été l'aura été à jamais!<br /> <br /> A suivre➡️🦉
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D
Bonsoir Isa !<br /> <br /> <br /> <br /> Ce n'est pas dit que le moi disparaisse dans le sans limite, il se peut qu'il s'élargisse et devienne tout ce qui est, en larguant ce qui fait de lui un "moi" limité, c-à-d l'imbroglios égotique formé des sensations, des perceptions, des émotions, et des pensées qui, désormais apparaîtront et disparaîtront en lui : "moi" devenu Je sans limite !
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I
'Pratiquer la Voie des éveillés,<br /> <br /> c'est se pratiquer soi-même.<br /> <br /> <br /> <br /> Se pratiquer soi-même,<br /> <br /> c'est s'oublier soi-même.<br /> <br /> <br /> <br /> S'oublier soi-même,<br /> <br /> c'est se laisser soutenir <br /> <br /> par tout ce qui existe.<br /> <br /> <br /> <br /> Se laisser soutenir par tout <br /> <br /> ce qui existe, c'est se libérer <br /> <br /> du corps et du coeur de soi<br /> <br /> et de l'autre.<br /> <br /> <br /> <br /> Il est une trace de l'éveil <br /> <br /> qui demeure insaisissable.<br /> <br /> <br /> <br /> Et c'est cette trace intangible<br /> <br /> que nous exprimons <br /> <br /> au-delà de nous.<br /> <br /> <br /> <br /> Maître Dogen<br /> <br /> <br /> <br /> R.A.S.
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I
Oui, reconnaître, enfin, que le moi aussi peut rentrer à la maison. Pas d'exclusion même si son aventure se termine là dans le sans-limite : qui perd gagne!
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D
Louis Lavelle dit :<br /> <br /> <br /> <br /> "Reconnaître cette présence, c’est reconnaître du même coup la participation du moi à l’être."<br /> <br /> <br /> <br /> Important, il ne rejette pas le moi, c'est lui qui devient transparent à l'être ! ;)
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  • Ce blog présente la philosophie comme un chemin d'éveil à notre vraie nature. La philosophie n'est pas un simple discours mais une voie de transformation et de connaissance de soi. Ce blog s'inscrit dans l'enseignement de Douglas Harding.
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