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Eveil et philosophie, blog de José Le Roy
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27 février 2019

Philippe Mac Leod (1954-2019)

Je viens d'apprendre le décès (à 64 ans) il y a quelques jours d'un de nos plus grands poètes : Philippe Mac Leod.

 

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Il écrivait une poésie mystique, inspirée, qui prenait sa source dans une véritable expérience du sens et de la transcendance. Beaucoup de ses textes  contiennent des trésors à même de nous éveiller à l'infini.

Biographie ICI

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"Tout le visage n'est que lumière. Tourné vers la lumière, lui-même se présente comme une large trouée d'azur, un abîme de clarté, un grand ciel dans notre chair. Au faîte du corps, il amorce sa transforma­tion, il dit ce pour quoi nous sommes faits, où l'échelle de la vie nous conduit Grand ouvert, en lui l'homme s'évase."

 

"La paix qui émane du paysage te touche à ce point parce qu'elle éveille en toi un lieu similaire, un lieu qui l'accueille et la comprend, un lieu qui lui répond. Sa douceur, son harmonie secrète, sa grâce singulière, ne font que susciter d'intimes correspondances. Si tu parviens à rejoindre ce lieu profond, à en situer le che­min - ce lieu caché, ce lieu qui n'en est plus un, qui donne forme plus qu'il ne contient -, où que tu ailles, quoi qu'il arrive, toujours cette paix sera là. Par quel miracle, par quelle mystérieuse alchimie, deman­des-tu ? Regarde, regarde encore, contemple la paix en sa beauté, jusqu'à ce qu'elle se dessine en toi, s'y imprime, jusqu'à ce que tu comprennes qu'elle est la forme même de ton âme."

 

"Renouer avec la vérité de notre chair : le salut com­mence par cette illumination, cette ouverture à l'in­fini et à l'universalité de la vie que nous incarnons. Le Verbe s'est fait chair afin de permettre à toute chair de délivrer le sens qu'elle contient; l'esprit qu'elle recèle, la présence invisible qui la sous-tend Nous sommes éveillés, mais la plupart du temps sans présence, alors que notre seule chance de contact avec Dieu tient à cette attention qui passe par une conscience vive de l'instant, une perception qui se prolonge quand on l'affûte. Dieu, dit-on, a mis l'infini entre lui et sa créature. Mais pour la créature qui devient cet infini, plus rien ne la sépare de Dieu."

 

"Une pénétration de la vie par l'esprit, telle est l'at­tention au réel, aiguë, intense, illuminant le relief de chaque instant. Une observation libre, dégagée, béante et lumineuse. Une vigilance sans objectif. Une tension sans focalisation. Une conscience transparente et flot­tante des choses, au-delà du cercle étroit dans lequel nous évoluons quotidiennement Nous tenons au monde par les pieds et par les mains, comme par les griffes du savoir et de l'intelligence pratique. Nous y adhérons plus intimement par la force du regard, par l'acuité de notre présence, dans un échange qui nous grandit."

"Que vient dire la conscience dans l'ordre du monde ? Non point cette faculté de raisonner, si prompte à se mettre en branle, ni même cette propension à tirer des plans sur la comète, imaginer, projeter, calculer, supputer, mais cette insaisissable proximité de la connaissance, cette sorte de toile de fond qui nous soutient et nous tient en éveil, comme on parle d'un bruit de fond dans l'univers, un rayonnement dont la diversité tirerait son origine."

"En cette fin d'après-midi, d'une douceur comme suspendue, d'une paix qu'on reçoit toujours comme un don d'exception, je suis comme immobilisé par la lumière que je contemple en son étalement, incapable de me lever de la chaise, d'amorcer un vouloir quelconque, de susciter une action dans cet espace que je ne voudrais pas froisser, qui ne semble avoir éclos que pour les yeux, le silence, l'amour. Des entrelacs de la porte vitrée, les rayons obliques jouent avec un bonheur sans cesse renouvelé, se plaisant à marier le bois et la pierre, à marcher sur le carrelage comme Jésus sur les eaux, à s'attarder sur la porcelaine d'une vieille théière ou à chevaucher les barreaux de la cage d'escalier, d'un effleurement qui transforme la matière sans la renier, dans l'offrande de l'un à l'autre."
"Si je ne bouge pas, c'est que quelque chose en moi s'ouvre, avec lenteur et délicatesse. Je n'ai plus besoin d'agir dans un espace, l'espace lui-même a pris possession de tous mes recoins et m'habite comme si un rayon égaré - aussi fin, aussi pénétrant, aussi subtil et rapide que l'esprit dans le livre de la Sagesse - avait poussé loin sa progression, pour ouvrir les scellés d'une âme encore trop confinée sous les replis de réflexions sans lendemain."
"La pensée qui s'opère alors - car c'en est une - ne se saisit d'aucun concept, d'aucune notion, elle est celle d'un regard qui s'arrondit comme un miroir du monde, miroir tendu au mystère, à l'invisible qui est la trame du visible, vaste parabole captant les tremblements d'une profondeur de la vie depuis les commencements, miroir de l'être à travers les mille soubresauts du créé, ses infinies variations, ses inflexions dans le silence."
"L'instant se prolonge, d'une ampleur, d'une vastitude de l'infime se déployant tel un bouton, une fleur lumineuse portant au jour le monde qui se cache en celui-ci et en se prolongeant éveille des clartés toujours plus loin en moi, sans qu'il soit possible de bien définir ce qui est dedans ou dehors, tant l'unité est grande, l'équilibre entre le réel et l'âme d'une perfection rare, la paix pouvant se traduire en plénitude, en joie discrète, et comme dans la Bible accompagner les temps messianiques d'un accord premier enfin retrouvé."
"Oui, qu'est-ce que la conscience ? Car c'est au fond une question qui surgit en même temps que l'émerveillement, comme si cet accord retrouvé nous offrait une autre connaissance de nous-même. N'est-elle pas essentiellement contemplative, réalisant non seulement notre unité intérieure mais l'unité de l'homme et du monde ? Et la contemplation, n'est-elle pas ce moment de conscience rendue à sa pureté originelle, comme un œil qui s'ouvre, l'être au fond de cet œil suffisant à la plénitude de la vision ? "
"On pleurerait devant tant de beauté, tant de grandeur dans un seul moment d'être. On aurait envie de s'y accrocher comme à une certitude infaillible au milieu de la confusion des mots et des sentiments."
"Mais on n'emporte rien. On a vu, une fois. On a touché terre comme pour la première fois, d'une manière unique, et c'est pour jamais."

 

Voir d'autres textes ici

Commentaires
D
la Vie qui les traverse.. :)
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P
Un cadeau du ciel✨ces magnifiques textes. <br /> <br /> Ciel que les poètes ne quittent jamais et qu’ils nous offrent en partage. Merci ✨C’est beau !
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Eveil et philosophie, blog de José Le Roy
  • Ce blog présente la philosophie comme un chemin d'éveil à notre vraie nature. La philosophie n'est pas un simple discours mais une voie de transformation et de connaissance de soi. Ce blog s'inscrit dans l'enseignement de Douglas Harding.
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