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Eveil et philosophie, blog de José Le Roy
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19 mai 2018

Brahman est-il conscient de lui?

 

J'ai posé la question suivante à Swamiji Yogananda Sarasvati, qui est un advaitin français de la tradition de Shankara, de l'ashram Kaivalya. C'est un fin connaisseur des textes sanskrits de cette tradition.

Brahman est-il conscient de lui?

Brahman désigne l'absolu dans la tradition de l'advaita vedanta.

Voici sa réponse :

Sankaracharya

 

"Sachant que Brahman est Pure Conscience par nature (cinmâtra-svarûpam), qu'il est lumineux par lui-même (svayam prakâsham), qu'il est sa propre preuve (svatah siddham) et qu'il est éternellement comblé dans sa plénitude (sadâ paripûrnatvam), il est superflu de se demander si la Conscience de Brahman est consciente d'elle-même ou non, d'autant que la Conscience n'est pas un attribut de Brahman, mais sa propre nature indivisible. Etant consciente par définition, la Conscience ne saurait être inconsciente de quoi que ce soit, encore moins d'elle-même.

Personne ne se demande si le soleil brille ou si le feu chauffe. De toute évidence, Brahman ne se pose aucune question. Etant sa propre preuve autolumineuse, Brahman se suffit à lui-même. Il repose dans sa propre gloire impérissable. En lui, ni conscience objective (vishaya-jñâna), ni inconscience subjective (svâtma-ajñâna), mais Conscience à l'état pur (cidghana, vijñânaghana, prajñânaghana), sans distinction de "connaisseur" (pramâtâ), "objet de connaissance" (prameya) et "moyen de connaissance" (pramâna), car ces modalités appartiennent au monde relatif basé sur l'ignorance et caractérisé par l'action, ses facteurs et ses résultats (kriyâ-kâraka-phala).

Sans aucune aide extérieure et sans devenir un quelconque objet de perception sensorielle, Brahman qui est omniscient (sarvajña) se connaît lui-même par lui-même, raison pour laquelle Arjuna déclare : "Svayam-evâtmanâtmânam vettha tvam purushottama", "En vérité, Tu Te connais Toi-même par Toi-même, ô Etre suprême" (X, 15).

Selon l'introduction de Shankara aux Brahmasûtras, tout en étant différent d'un objet sensoriel, le Soi intérieur est néanmoins l'objet du pronom "je" (asmat-pratyaya-vishaya), lequel est direct (sâkshât) et immédiat (aparokshât). Sage ou ignorant, chacun fait référence à soi-même en tant que "je". Même un bouddhiste nihiliste ne peut échapper à l'emploi des pronoms "je " ou "on" contredisant la théorie incohérente du non-Soi.

En dernière analyse, tout comme le feu ne se brûle pas lui-même ou la lumière ne s'éclaire pas elle-même, Brahman n'a pas à se connaître, car sa nature est la Connaissance même ou la Conscience à l'état pur. Etant immuable et sans la moindre dualité, il ne se connaît ni ne s'ignore. Selon la Brihadâranyaka Upanishad (II, iv, 14), quand il y a comme une dualité, alors on sent quelque chose, on voit quelque chose, on entend quelque chose, on dit quelque chose, on conçoit quelque chose et l'on connaît quelque chose, mais quand tout est devenu uniquement le Soi, que sentirait-on et par quel moyen, que verrait-on et par quel moyen, qu'entendrait-on et par quel moyen, que dirait-on et par quel moyen, que concevrait-on et par quel moyen, que connaîtrait-on et par quel moyen ? Par quel moyen connaîtrait-on Celui par lequel tout est connu ? Par quel moyen connaîtrait-on le Connaisseur ? Quand tout est redevenu le Soi et rien que le Soi, qui alors ferait quoi que ce soit par quelque moyen que ce soit et dans quelque but que ce soit ? Telle est la grande remise en question du monde phénoménal par le Vedânta.

Dans son commentaire sur cet enseignement de Yâjñavalkya, Shankara explique que toute action implique un agent et qu'en son absence l'action n'est plus possible ni par conséquent son résultat. Ainsi, tant qu'il y a ignorance il y a le processus de l'action, de ses facteurs et de ses résultats, mais cela ne concerne pas le connaisseur de Brahman, car pour lui tout est uniquement le Soi. C'est donc seulement par ignorance que le non-Soi est imaginé, alors qu'en réalité il n'existe rien d'autre que le Soi. Par conséquent, lorsqu'il y a conscience de l'unité absolue du Soi, il ne peut y avoir conscience de l'action, de ses facteurs et de ses résultats. En raison de cette incompatibilité, il y a donc cessation totale des actions et de leurs moyens pour le connaisseur de Brahman. En effet, les paroles de Yâjñavalkya disant "Que sentirait-on et par quel moyen ?" expriment un rejet total en montrant l'impossibilité de tout autre cas de figure, vu l'impossibilité de l'action, de ses facteurs et de ses résultats. Dans la connaissance du Soi, nul ne peut donc percevoir quoi que ce soit par quelque moyen que ce soit, de quelque façon que ce soit et pour quelque raison que ce soit. C'est la Non-dualité absolue.

A la question de savoir si Brahman est conscient de lui-même ou non, la réponse est qu'en raison de sa nature de Pure Conscience immuable aucune question de ce genre ne le concerne, d'autant qu'il est impossible d'attribuer le moindre manque, la moindre nécessité ou la moindre dualité à la Plénitude absolue. Etant toujours pur, conscient et libre par nature (nitya-shuddha-buddha-mukta-svabhâva), Brahman n'est concerné ni par la connaissance ni par l'ignorance. Seul son reflet appelé jîvâtman, assujetti à l'ignorance ou la surimposition, est concerné par la connaissance de sa véritable nature en tant que Brahman, pour mettre fin à la transmigration causée par l'identification au non-Soi, transmigration qui n'est donc elle-même qu'un rêve ou une fausse notion.

En conclusion, étant Pure Conscience par nature, Brahman est au delà de la connaissance objective et de l'ignorance subjective.

Ainsi, non seulement il est faux d'envisager une connaissance de soi ou une ignorance de soi concernant Brahman, mais c'est illogique car injustifié en raison même de sa nature de Pure Conscience immuable et sans dualité. Tout comme il serait illogique de demander si le feu se brûle ou si la lumière s'éclaire, il est illogique de demander si la Conscience est consciente d'elle-même ou non, car la Conscience qui est une et indivisible se suffit à elle-même. Ni la connaissance ni l'ignorance ne la concernent. Le fait de connaître ou d'ignorer appartient au domaine relatif (vyavahâra) et non à la Réalité absolue (paramârtha) qui est lumineuse par elle-même (svayam prakâsha) et supérieure à l'ignorance (tamasah parastât). Imaginer qu'une scission en lui-même permettrait à Brahman de se connaître revient à dire qu'il ne se connaît pas, ce qui fait de Brahman un jîva alors qu'il est inconditionné (nirupâdhika) par nature. Les fausses questions doivent être passées à la faux de la logique affûtée par les paroles infaillibles des sages upanishadiques."

Swami Yogananda Sarasvati

Commentaires
J
Lorsque j'essaie de comprendre l'ultime réalité apparaissent dans ma conscience de multiples questions sans réponses incontestables possibles. En voici deux que j'ai omis d'écrire dans mon texte précédent. Vous les trouverez après le court préambule qui suit.<br /> <br /> <br /> <br /> S'IL Y A QUELQUE CHOSE PRÉSENTEMENT C’EST FORCÉMENT PARCE QU'EXISTE QUELQUE CHOSE QUI N'A JAMAIS DÉBUTÉ.<br /> <br /> <br /> <br /> Il me semble important de souligner cette mystérieuse évidence. En effet, d'absolument rien ne naît rien. S'il y avait eu rien à un moment donné, il n’y aurait toujours  rien. Ainsi, puisqu'il y a quelque chose plutôt que rien, on  ne peut qu'en déduire qu'une réalité existe depuis toujours, qu'une réalité est non née et qu'elle est indispensable pour expliquer la présence de tout ce qui est, nous inclut.<br /> <br /> <br /> <br /> En considérant sérieusement cette nécessaire existence d'une réalité sans commencement, il me semble qu'on peut déduire ce qui suit :<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Cette réalité n’a pas choisi d'exister.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Cette réalité n’a pu choisir d'être ce qu'elle est, en somme sa nature, son essence.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Si des orientations, des choix ont été fait par celle-ci dans le but de déterminer sa manière d'être, sa façon de se manifester, ceux-ci ont forcément été déterminés par ce que cette réalité est et qu'elle ne peut avoir choisi d'être puisque existant depuis toujours.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Suite à cette affirmation et ces déductions, voici pour vous deux nouvelles questions sans réponses incontestables possibles.<br /> <br /> <br /> <br /> 4.1) Est-il possible d'affirmer que le Non-né (Dieu) soit libre, même s'il n’a pas choisi d'exister et ainsi pas choisit d'être ce qu'il est et par le fait même n'a pu faire des choix (si choix il y a eu) qu'à partir de ce qu'il n’avait pas choisi, c’est-à-dire son essence, sa véritable nature ?<br /> <br /> <br /> <br /> 4.2) Se peut-il, compte tenu du fait qu'on ne peut absolument pas connaître ce qu'est réellement l'ultime réalité, que nos limites de compréhension ne nous permettent pas de voir que ce qu'est cette mystérieuse réalité dont on fait partie, n'est pas forcément une immense absurdité mais au contraire une merveilleuse présence remplie de sens et pouvant même nous permettre de grands espoirs concernant l'existence d'un bonheur éternel pour ce que nous sommes vraiment, vraiment.?<br /> <br /> <br /> <br /> Jean-Pierre
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J
J’ai relu avec beaucoup d’intérêt tout le contenu de ce blog du 19 mai 2018. Merci M. Jwami Yogananda Sarasvati pour avoir exprimé toutes ces nuances concernant votre perception de la non-dualité. Je trouve toutefois regrettable que vous ayez terminé votre magnifique texte à la manière d’un croyant fanatique en affirmant l’existence de paroles infaillibles provenant des sages upanishadiques. Il demeure que le reste de votre intervention me semble très subtile et intéressante. <br /> <br /> <br /> <br /> Celui qui se permet de vous juger ne possède qu’une connaissance très minimale du point de vue advaïtin et Bouddhiste. Je suis le contraire d’un érudit dans ce domaine. Je connais tout de même certains concepts relevant de la spiritualité mais la plupart du temps je ne sais pas de quelle tradition ou philosophe ils proviennent. Toutefois ce manque de connaissance théorique ne m’empêche pas de m’étonner d’exister et même de douter sérieusement de la justesse de l’impression d’être qu’une personne, qu’un moi séparé, distinct du reste. <br /> <br /> Lors de ces instants privilégiés d’étonnement, rien ne semble aller de soi et je me pose souvent les mêmes questions. Celles-ci rendent évidente mes limites de compréhension de la mystérieuse réalité.. <br /> <br /> Vous allez trouver une douzaine de celles-ci plus loin dans ce texte car aujourd’hui j’ai l’impression qu’il ne serait peut-être pas inutile que ce questionnement fasse aussi partie des préoccupations de certains Bouddhistes et Advaitins dont j'ai lu les propos. <br /> <br /> <br /> <br /> J’ai débuté ce questionnement bien avant de prendre connaissance du génial point de vue non dualiste qui m’a permis de comprendre que ce que je suis vraiment est une manifestation locale impermanente et interdépendante de l’Univers ainsi que la Conscience Universelle qui peut parfois être présente à elle-même. Je me perçois donc depuis un certain temps comme étant ces deux aspects d’une même réalité que je ne peux qu’être sans qu’il me soit toutefois possible de la connaître vraiment. <br /> <br /> <br /> <br /> Aujourd’hui, après lecture de plusieurs textes écrits par ceux qui font la promotion d’une conception non duelle du réel, je ne peux que constater que la réalité absolue est toujours toute aussi inaccessible et que, de plus, certains de ces promoteurs semblent parfois oublier ou ne pas réaliser que même s'ils tentent de montrer du doigt l'ultime réalité, ils ne savent rien, absolument rien concernant celle-ci, et cela même si certaines de leurs profondes analyses et affirmations semblent parfois prétendre le contraire. <br /> <br /> <br /> <br /> Il me paraît donc évident que je ne rencontrerai jamais un penseur préoccupé par l'essentiel qui puisse donner une réponse incontestable aux quelques questions qui suivent et qui préoccupent sans doute de nombreux terriens et terriennes (?). Qu'il s'agisse d'un Chrétien, d'un Bouddhiste, d'un Musulman, d'un Hindouiste, d'un Advaitin, d'un Scientifique, d'un Philosophe etc. tous, sans exception selon moi, sont condamnés à l'ignorance en ce qui concerne la réalité ultime. Ils émettront toujours que des réponses insatisfaisantes relevant forcément du domaine des interprétations subjectives, des hypothèses et des croyances invérifiables. <br /> <br /> <br /> <br /> Ainsi que l'écrivait ici Sylvain ''... pensez vous sérieusement qu'on puisse dire quoi que ce soit de l'Absolu?'' <br /> <br /> <br /> <br /> Toutefois, malgré cette certitude de l'impossibilité de savoir ce qui en est vraiment, ce questionnement me semble utile à cause du fait qu'il nous rappelle nos limites en ce qui concerne nos capacités de compréhension de l'absolu et aussi, selon moi, s'il est fait sans précipitation et avec insistence, parce que celui-ci nous rapproche un peu de cette ultime réalité omniprésente, même si elle demeure inaccessible, inconcevable. <br /> <br /> <br /> <br /> Voici donc les principales questions que je me pose. Celles-ci ont sans doute, un jour ou l'autre, préoccupé la majorité de ceux qui visitent ce blog, même les Bouddhistes et les Advaïtins qui me donnent aujourd'hui l'impression de penser connaître la vérité concernant Cela qui est , incluant notre présence consciente. <br /> <br /> <br /> <br /> La première question est une phrase de Leibniz reprise par Heidegger et Wittgenstein (Une précision provenant de M. Le Roy). <br /> <br /> <br /> <br /> 1) Il pourrait y avoir absolument rien mais ce n'est pas le cas. Alors pourquoi y a-t- il quelque chose plutôt que rien? <br /> <br /> Pourquoi y a-t-il conscience plutôt que pas? <br /> <br /> <br /> <br /> 2) Qu'est en soi la nature, l'essence de ce qui constitue ce quelque chose? <br /> <br /> <br /> <br /> 3) Pourquoi existe-t-il des constantes universelles (les forces nucléaires, la force électromagnétique, la force gravitationnelle) et pourquoi celles-ci sont-elles exactement ce qu’il faut qu'elles soient pour que puisse émerger d'un nuage d'hydrogène tout ce qui est, les entités vivantes et conscientes incluses? <br /> <br /> <br /> <br /> 4) Puisque de rien, d'absolument rien ne naît rien, comment se représenter le nécessaire non-commencement de quelque chose, en somme comment expliquer l'existence de cette Présence non née qui sans doute constitue tout ce qui est ou pour le moins explique forcément l'existence de tout ce qui est? <br /> <br /> <br /> <br /> 5) Quelle est la structure métaphysique de l'Être sans commencement qui, me semble-t-il, ne peut que constituer l'essence de tout ce qui est, nous inclus? <br /> <br /> (J'admets qu'il peut malheureusement s'avérer que moi aussi je fasse ce que je reproche à certains penseurs, soit énoncer une affirmation en la présentant, de bonne foi, comme désignant une réalité qui va de soi, alors que ce que j'expose n'est pas prouvé et peut être perçu par certains comme étant qu'une hypothèse ou qu'une croyance.) <br /> <br /> <br /> <br /> Avant de rédiger la sixième question permettez-moi d'attirer votre attention sur une réalité spirituelle, soit les vécus par la conscience. <br /> <br /> <br /> <br /> Un vécu forcément conscient de couleurs, de sons, de sentiments etc. ça existe vraiment, même si ce n'est pas matériel. Localiser et mesurer le passage d'influx nerveux ce n'est pas localiser et mesurer des vécus par la conscience (qualia). <br /> <br /> L'imagerie cérébrale semble permettre de constater l'existence d'une corrélation positive entre le passage d'influx nerveux dans telle ou telle structure neuronale et l'apparition de tel ou tel vécu dans la conscience (quale). <br /> <br /> À tord ou a raison, il me semble certain que cette corrélation n'est pas forcément synonyme de cause unique de tous les aspects de la conscience. Selon moi il est nécessaire d'ajouter au courant électrique passant dans certains circuits un autre aspect de la réalité que l'on désigne sous le nom de conscience. Ma question est la suivante: <br /> <br /> <br /> <br /> 6) Qu'il soit cause unique ou non, comment comprendre et expliquer que le passage d'un courant électrique dans certains circuits neuronaux puisse permettre que l'on soit conscient et qu'apparaisse dans la conscience des vécus aussi mystérieux que des couleurs, des sons, des sentiments etc. <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Un préambule a la prochaine question me semble de mise. Il s'agit d'une autre interrogation à laquelle il me semble tout aussi impossible de répondre vraiment et qui réaffirme l'évidence de nos limites d'accès à la réalité et ainsi de compréhension de celle-ci, même si elle nous constitue, est nous. <br /> <br /> <br /> <br /> Depuis peu le mot qualia fait partie de mon vocabulaire. Je me permets de rédiger quelques lignes concernant ce sujet tout en m'excusant à l'avance auprès de vous s'il s'avère que vous faite partie de ceux qui sont très au fait des réflexions concernant cette réalité. Si ce n'est pas votre cas il me fait plaisir de vous indiquer qu'il n'y a pas, semble-t-il, de consensus concernant la définition de ceux-ci. Pour ma part je considère que les qualia constituent l'ensemble des vécus possibles par la conscience. Ainsi ceux-ci comprennent tout autant certains vécus des chauves-souris qui ne seront jamais expérimentés par les humains que ceux des poissons, si toutefois ceux-ci s’avèrent conscients. <br /> <br /> Un quale est immatériel et personnel, même s'il n'y a personne ici pour l'expérimenter. Il serait donc plus juste de le qualifier de privés. <br /> <br /> Il est incommunicable. En effet on ne peut décrire un son à un sourd de naissance ni une couleur à un aveugle de naissance .On ne peut appréhender un quale autrement que par l'expérience directe <br /> <br /> Même les pensées permettant de communiquer, de décrire, de désigner sont elles aussi, en tant que telle, tout aussi indescriptibles et mystérieuses que la rougeur du rouge (J'espère que je ne viens pas d'écrire une bêtise.). <br /> <br /> <br /> <br /> M.Deepak Chopra aborde ce sujet dans un livre que m'a conseillé Claire et dont le titre est (Le pouvoir de l'Univers est en vous). Cet auteur souligne qu'on expérimente que des qualia et rien d'autre. Ceux-ci sont ineffables et privés écrit-il. Ils comprennent (1) les expériences perceptives, soit les perceptions visuelles, auditives, olfactives, tactiles, gustatives et les perceptions du temps et de l'espace comme dans la localisation auditive. De plus ils comprennent (2) les sensations corporelles comme la douleur, la faim, la fatigue, la chaleur etc. S'ajoute (3) les affects, soit les sentiments, émotions, passions et ce qu'il désigne le nom de (4) percepts mentaux soit la conscience (?), l'intention, les jugements, les distinctions, la concentration, la remémoration, la confiance en soi etc. Enfin il désigne (5) le sentiment du soi comme faisant partie des qualia.Cela m'amène a rédiger une autre question qui ne permet pas qu'apparaisse une réponse incontestable. <br /> <br /> <br /> <br /> 7) Qu'est en soi un quale, qu'il s'agisse de la rougeur du rouge, d'un goût de chocolat ou d'un sentiment de tristesse apparaissant dans la conscience. En quoi sont-ils en soi différents les uns des autres? <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Impossible selon moi de rédiger les dernières questions sans que quelques précisions précèdent celles-ci.. <br /> <br /> <br /> <br /> Depuis que certains textes de M. Harding et M. Le Roy ont croisés ma route des interrogations se sont ajoutées à ma liste. Je dois admettre que ces deux pédagogues m'ont permis de comprendre vraiment que ce que je percevais implicitement comme étant moi n'était qu'une création du mental concernant une entité introuvable, en somme une illusion. Ils m'ont fait comprendre qu'il n'y avait personne ici pour comprendre quoi que ce soit. <br /> <br /> Grâce à eux j'ai enfin compris que je n'avais pas de conscience (Qui aurait eu celle-ci?) mais que j'étais la conscience ou la source de celle-ci. Je percevais directement être, pour le moins, une présence impersonnelle que l'on désigne sous le nom de conscience et qui, à mon niveau, utilisait la structure d'expérience neuronale ici présente (Une des manifestations locales impermanente et interdépendante de l'Univers) pour réaliser qu'elle existe, sans toutefois être en mesure de se connaître vraiment. <br /> <br /> <br /> <br /> Leur principal enseignement était et est encore de nous conseiller de faire pivoter notre attention de 180 degrés le plus souvent possible afin d'être présent à ce que nous sommes vraiment, vraiment. <br /> <br /> Ainsi que l'écrit ici Joel, qui semble suivre la principale suggestion de la v.s.t., il s'avère que ''...lorsqu'on est dans cette conscience pure, on perçoit immédiatement que cette conscience se sait elle-même, un savoir de soi, mais sans qu'on puisse y déceler la moindre distance ou division et donc un savoir non intellectuel, plus proche de la présence que de la connaissance. Ça reste mystérieux et incompréhensible et pourtant c'est évident.'' <br /> <br /> <br /> <br /> Je réalisais donc, à cause de ces deux mystiques, être cet espace conscient, cette conscience A laquelle et DANS laquelle apparaissent tous les qualia, et cela selon toute vraisemblance, EN TANT QU’ELLE-MÊME (Rupert Spira). <br /> <br /> J'avais enfin compris que pour la conscience n'existe pas de sujet ni d'objet, mais seulement elle-même. Elle ne connaît qu'elle... tout en ne se connaissant pas. <br /> <br /> N'existe que vision, audition, pensées et sentiments etc. apparaissant en elle et en tant qu'elle, <br /> <br /> Ces qualia disparaissent ensuite dans ce mystérieux espace conscient sans contour, qui est par le fait même nulle part et partout et qui pourtant ne peut que constituer ce que nous sommes vraiment, vraiment (pour le moins en partie). <br /> <br /> <br /> <br /> Par compassion je vais vous épargner ici la métaphore des petites vagues qui sont aussi l'océan. Mon texte contient suffisamment de propos que vous connaissez mieux que moi. <br /> <br /> <br /> <br /> Voilà donc rédigé ma perception de ce qui constitue l'essentiel du message de la v.s.t. Pourtant, curieusement, je ne sais pas pourquoi, tout en tenant compte de l'enseignement décrit plus haut, je suis resté accroché aux deux citations suivantes énoncées par M. Harding. Ce sont celles-ci qui sont à l'origine de nouvelles questions sans réponses incontestables possibles et aussi de demandes légitimes de prouver certaines affirmations qui ne peuvent l'être. <br /> <br /> Voici donc ces deux citations. <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ''Tout est spirituel, tout est matériel. Deux aspects de la même chose.'' <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ''Nous sommes capacité consciente d'elle-même et au-delà de la conscience, nous sommes l'Abîme inconnaissable d'où la conscience jaillit éternellement et sans effort. Là c'est chez nous.'' <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Si la conscience (spirituel) et la matière sont deux aspects d'une même réalité, qu'elle est cette réalité? <br /> <br /> Si vous répondez Dieu, ce n'est pas selon moi une réponse satisfaisante puisque vous ne pouvez pas décrire vraiment celui-ci ou celle-ci qui n'est pas une personne mais plutôt un Abîme inconnaissable. <br /> <br /> <br /> <br /> 9) Donnez seulement une preuve irréfutable qui éliminerait tout doute possible concernant la véracité de l'affirmation indiquant que nous serions que la Conscience, que cette présence que nous avons facilement l'impression, la certitude d'être lorsque l'on suit les instructions de M. Harding. <br /> <br /> <br /> <br /> 10) Donnez seulement une preuve irréfutable qui éliminerait tout doute possible concernant la véracité de l'affirmation indiquant que nous serions l'Abîme inconnaissable d'où jaillit éternellement et sans effort la Conscience. <br /> <br /> En ce qui me concerne je me demande sérieusement comment la conscience, qui émanerait de ce possible Abîme inconnaissable, pourrait ne pas être une manifestation de celui-ci et ainsi celui-ci que l'on désigne habituellement sous le nom de Dieu, de Non-né. <br /> <br /> <br /> <br /> 10b) Malgré le fait qu'il soit logiquement impossible de connaître une réalité inconnaissable, prouvez que nous sommes vraiment, ou absolument pas, un Abîme inconnaissable d'où jaillirait éternellement et sans effort la Conscience et ses qualia ainsi que ce que l'on désigne sous le nom de matière/énergie et de constantes universelles encadrant celle-ci ... et peut-être aussi d'où jaillirait certains aspects de la réalité complètement inimaginables, inaccessibles et ainsi inconnues par nous. <br /> <br /> <br /> <br /> 11) Quelle est la structure métaphysique de l'Ultime réalité? =5) <br /> <br /> <br /> <br /> 12) Qui êtes-vous? <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Selon moi il est évident, pour ce qui à trait à ce qui nous préoccupe ici, qu'on ne peut posséder qu'une certitude qui n'exige aucune preuve, c'est la certutude d'exister. <br /> <br /> C'est totalement étonant, mystérieux et pourtant réel, je suis. <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> À l'évidence je suis d'accord avec Nisargadata Maharaj lorsqu'il suggère que ''le premier devoir du chercheur est de douter jusqu’à ce que cela ne soit plus possible.'' <br /> <br /> En ce qui me concerne, j'en arrive même à douter de la justesse des propos de celui-ci lorsqu'il suggère qu'on peut définir notre véritable nature en se disant: ''Je suis ce par quoi je sais que je suis.'' <br /> <br /> Qui sait, peut-être que ce que je suis vraiment n'est pas uniquement la Conscience mais plutôt et surtout l'Abîme inconnaissable qui la fait jaillir depuis toujours et probablement pour toujours et cela dans une réalité hors de l'espace-temps. <br /> <br /> De plus si sa définition de qui nous sommes désigne ce qu'il considère être notre véritable nature, force est d'admettre qu'on ne peut prétendre qu'il nous la décrit, qu'il nous la fait connaître un tant soit peu. <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> J'ai rédigé ce texte entre autres pour le faire lire à un ami intéressé depuis peu au mystère que constitue le fait qu'il y ait quelque chose plutôt que rien, lui inclut. <br /> <br /> <br /> <br /> Mon but était aussi de réagir a ce que j'ai lu afin que certains intellectuels Védetins comme Bouddhistes et d'autres allégeances, n'oublient pas que, s'ils se montrent sincères, ils se doivent de reconnaître qu'ils ne savent absolument rien concernant l'ultime réalité. Existe que croyances et hypothèse. <br /> <br /> <br /> <br /> Cela ne m'empêche pas d'apprécier leurs textes et de les remercier pour leurs profondes réflexions qui nous rapprochent de l'inconcevable et inaccessible réalité dont nous faisons tous partis. <br /> <br /> <br /> <br /> Toutefois qu'ils ne s'avisent pas de me dire qu'ils savent si Brahman est conscient de lui ou non. Je ne peux prendre au sérieux leurs réponses si elles ne sont pas présentées pour ce quelles sont, soit des hypothèses ou des croyances. <br /> <br /> <br /> <br /> Ainsi que l'écrit M.Le Roy: ''Au cœur de l'immanence du ''Je suis'' vit un mystère qu'aucun concept, aucune philosophie ne peut déterminer ou limiter.'' <br /> <br /> <br /> <br /> Merci de votre attention <br /> <br /> <br /> <br /> Jean-Pierre
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P
De passage sur ce blog, dont le titre nous éloigne de la Tradition, la Tradition n'étant le sujet de questionnement philosophique, mais issue d’une révélation et est suivie par ceux qui ont la foi. Avoir la foi n’est pas synonyme de croyance aveugle…<br /> <br /> Il ne faut donc pas s'étonner d'y voir la Tradition remise en question par des philosophes ou leurs suivants. Ici, sur ce post, il s'agit d’un point de vue de la Tradition Védique expliqué par un moine védantin.<br /> <br /> Sylvain, vous interférez 'innocemment' en introduisant des éléments issus de la tradition bouddhiste dont vous semblez maîtriser quelques clefs et en mélangeant votre savoir pour controverser un discours d'une autre Tradition. Ce n'est pas très sage. Il est normal que Kaviraj souhaite remettre les éléments du discours à leur place afin de clarifier la pensée des autres lecteurs.<br /> <br /> <br /> <br /> Voilà enfin quelques extraits de dialogue d’un sage advaïtin qui fait l’unanimité dans les milieux spirituels au sujet du Soi (de Brahman) et du bouddhisme.<br /> <br /> <br /> <br /> "…L’absence de pensées n’est pas un vide. Il faut qu’il y ait quelqu’un pour connaître le vide. La connaissance et l’ignorance relèvent du mental. Elles sont nées de la dualité. Mais le Soi est au-delà de la connaissance et de l’ignorance. Il est la lumière même. Il n’est pas nécessaire de voir le Soi avec un autre Soi. Il n’y a pas deux Soi. Ce qui n’est pas le Soi est non-Soi. Le non-Soi ne peut pas voir le Soi. Le Soi n’entend ni ne voit. Il est au-delà de ces deux fonctions, tout seul, en tant que pure conscience.<br /> <br /> Une femme s’imagine par erreur avoir perdu son collier qu’elle a toujours à son cou. Elle se met à le chercher partout, jusqu’à ce qu’une amie lui dise qu’il est à son cou. Elle a créé son sentiment d’avoir perdu le collier, sa propre anxiété de le rechercher, puis son propre plaisir de le retrouver.<br /> <br /> De même le Soi est toujours présent, que vous le cherchiez ou non. Tout comme la femme s’imagine que son collier a été retrouvé, de même éprouve-t-on le sentiment que le Soi, toujours présent ici et maintenant, se révèle lorsque cessent l’ignorance et la fausse identification. C’est ce qu’on nomme Réalisation. Mais il n’y a rien de nouveau. C’est simplement l’élimination de l’ignorance, et rien de plus.<br /> <br /> Le vide est le résultat néfaste de la recherche du mental. Le mental doit être tranché, racines et branches. Cherchez qui est le penseur, qui est le chercheur. Demeurez le penseur, le chercheur. Toutes les pensées disparaîtront…"<br /> <br /> <br /> <br /> "Les bouddhistes considèrent que la prise de conscience du courant de la pensée ‘je’ constitue la Libération ; là où nous disons qu’un tel courant provient du substrat sous-jacent, la seule Réalité."<br /> <br /> <br /> <br /> Ainsi, il est préférable que chacun suive sa tradition avec sincérité et en atteigne le but afin de voir ensuite si il correspond ou non à celui d'une autre tradition et d'éviter tout verbiage. La réfutation des points de vue des autres traditions est cependant utile, en se faisant, traditionnellement, dans le contexte de l’apprentissage et de la réflexion, avec un Maître et/ou intérieurement et non publiquement…
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S
En termes d'"affirmations gratuites" et d'"intolérance", vous êtes pas mal non plus! :-D<br /> <br /> Vous n'avez vraiment pas compris la doctrine de la Vacuité. Ceci dit la Vacuité est aussi (et surtout) une expérience et pas seulement une théorie intellectuelle.<br /> <br /> Mais le plus affligeant est sans doute votre manque d'humour manifeste...<br /> <br /> <br /> <br /> Vous ne voyez pas que tout ceci n'est qu'un jeu, ces discussions et débats... pensez-vous sérieusement qu'on puisse dire quoique ce soit de l'Absolu? Nous nous débattons surtout avec les mots!<br /> <br /> Je parlais uniquement de la Voie et des moyens habiles, je trouve simplement qu'ils sont plus efficaces dans le bouddhisme (affaire de sensibilité), en laissant moins de place aux croyances.<br /> <br /> <br /> <br /> Je ne suis pas "accroché" à mon véhicule comme vous semblez l'être au vôtre. Cela n'a aucune importance pour moi ultimement. <br /> <br /> Les sages upanishadiques parlent de la même chose que les mystiques bouddhistes, ou musulmans, ou chrétiens (je dis bien mystiques et pas religieux!)... je pense sincèrement cela et je ne vois pas où est le problème.<br /> <br /> Le but n'est-il pas pour chacun d'ouvrir son coeur à la sagesse de la vision non-duelle et à l'amour inconditionnel?<br /> <br /> <br /> <br /> Puissiez-vous vivre en parfaite équanimité!
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K
Namaste,<br /> <br /> <br /> <br /> Comme vos premiers commentaires en témoignaient, non seulement vous vous plaisez à jouer vainement sur les mots, mais vous faites preuve d'une mauvaise foi caractérisée qui se cache derrière une "tolérance" de façade.<br /> <br /> <br /> <br /> Tout en disant que les vieux débats brahmanes-bouddhistes ne sont pas à rouvrir, vous vous empressez d'affirmer (car tout en affirmant que vous n'affirmez rien vous passez votre temps à faire des affirmations gratuites) que ce sont les bouddhistes qui ont remporté les débats. Si c'était le cas, le bouddhisme, né en Inde, n'aurait pas quasiment disparu de ce pays...<br /> <br /> <br /> <br /> En ce qui concerne votre interprétation du vide en tant qu'interdépendance, l'interdépendance n'explique absolument rien : elle est non seulement une régression à l'infini, mais une impossibilité, tout comme votre imagination de la manifestation spontanée du monde. La vacuité ne peut tenir lieu de substrat à quelque apparence que ce soit.<br /> <br /> <br /> <br /> Le plus amusant c'est quand vous dites que, contrairement aux Vedāntins, les bouddhistes n'affirment rien, comme si les déclarations bouddhistes "ni existant ni non existant, ni Un ni multiple, ni néant ni éternité" n'étaient pas des affirmations !<br /> <br /> <br /> <br /> Enfin, votre conclusion sur l'absence d'opposition entre le bouddhisme et le Vedānta vaut son pesant d'or puisqu'après avoir ouvertement prôné la supériorité du bouddhisme,, vous voudrirez nous faire croire que chacune de ces doctrines enseigne la même chose et a le même objectif !<br /> <br /> <br /> <br /> A se demander si vous ne prenez pas vos interlocuteurs pour des benêts.<br /> <br /> <br /> <br /> En conclusion, du fait de votre mauvaise foi et de votre ambiguïté, il n'est pas vraiment possible de débattre sérieusement avec vous, encore moins dans un esprit traditionnel. Pour ces raisons, je quitte définitivement le fil de cette discussion.<br /> <br /> <br /> <br /> Bien à vous.
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Eveil et philosophie, blog de José Le Roy
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