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Eveil et philosophie, blog de José Le Roy
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2 juillet 2017

si le chercheur s’arrête de faire par Franck Terreaux

Mon ami Franck Terreaux a posté un commentaire à la question d'un lecteur du blog : faut-il faire ou ne pas faire quelque chose sur le chemin spirituel.

Je mets son long commentaire en message, car il est vraiment interessant.

jlr

franck

 

"Je vais essayer de la faire courte mais ce thème me passionnant au plus au point ça va être un peu difficile...
Au départ, cette question part du postulat qu’il y aurait quelque chose que nous devions faire ? Comme si nous étions nés incomplets et que nous devions passer notre vie à devoir combler un manque à notre existence. La question ne serait-elle pas plutôt : pourquoi… faire ? Je vais tenter d’apporter à cette question une réponse extrêmement claire et précise.
Là, en cet instant même, ne faites rien, pas même méditer. Ressentez ce que c’est que d’être simplement là sans imaginer quoi que ce soit… il vous est impossible de rater, impossible de mal faire puisse que vous, vous ne faites rien et voyons ce qui se passe ?
Immédiatement, quelque chose s’efface. Ce qui s’efface c’est cette sorte d’état de rêve éveillé dans lequel nous vivons la majeure partie de la journée. Cela résonne comme un retour vers un déjà présent que nous n’avons jamais véritablement quitter car il a toujours été là en arrière-plan. Un déjà là qui était déjà là juste avant…
Vous savez alors que vous êtes n’est-ce pas ? Ou plutôt que cela est, car sorti de ce rêve éveillé il n’y a nul besoin de rajouter un vous qui soit à ce qui est déjà…
Cela qui est déjà, se cantonne uniquement à ce qui est perçu en cet instant même juste avant de le dire. Cela peut être vous, en train de lire comme celle de percevoir la sensation du dos avec la chaise… mais encore une fois juste avant de le dire… Cela rappelle la célèbre phrase de Saint Thomas : je ne crois que ce que je vois…
Ne faisant rien, n’imaginant rien, le je de « je suis » s’efface. Ainsi, le voile pensant disparaît au profit d’une présence qui elle a toujours été là avant toute méditation avant toute introspection… Cette clarté vous fait dire : comme c’est simple, comme c’est facile, c’est déjà là, c’est déjà là avant même l’idée que moi, je ne fasse quoi que ce soit. Alors moi le méditant je laisse tomber, parce que quoi que je fasse cela apparaît au sein de cet « état » naturel qui lui est déjà...
La réalisation de tout ceci produit un immense soulagement d’être mais celui-ci est de courte durée car le moi, réalisant que cette complétude est là lorsque lui n’est pas enfile aussitôt son habit de méditant pour revenir s’emparer de la situation.
Cette prise de conscience qui met au grand jour l’inutilité du je, et qui remet surtout en cause l’inutilité de toute entreprise à caractère spirituelle, peut selon la nature de chacun résonner de façon parfois bien différente.
Pour certains, comme ce fut mon cas, ce fut un immense soulagement d’être de m’apercevoir que tous les efforts que j’avais longtemps investis dans la méditation dans l’introspection n’avaient servi strictement à rien sinon à faire gonfler ce je- méditant plus encore. Un immense soulagement de voir qu’étant impossible de ne pas être qui plus est ailleurs ou dans un autre temps, il n’y avait donc rien que je ne devais faire ou atteindre parce que c’était manifestement là avant toute méditation avant toute introspection.
En revanche pour d’autres, n’ayant pas encore ressenti l’inutilité de ce je-méditant, cette situation peut être ressentie comme intolérable. Le je-méditant, veut ainsi récupérer le truc et faire en sorte que POUR LUI, ce ici maintenant soit là tout le temps… alors que cela qui est, n’est pas plus lié à ce je-méditant qu’il n’est lié au temps, il est le juste avant de toute choses… pour le je-méditant c’est là que les ennuis commencent.
Pour combler ce manque, il lui vient l’idée saugrenue d’aller méditer en Inde ou je ne sais où car c’est jamais ici que ça se passe mais toujours ailleurs. Partir pour quoi FAIRE hé bien commencer par FAIRE l’effort de vivre dans le moment présent. Un présent conceptuel uniquement là quand on y pense, constamment en lutte contre un passé et un futur qui le sont tout aussi et surtout, en espérant le faire perdurer très très longtemps… cela donne : j’y pense donc j’y suis… mais à condition bien sûr d’y penser tout le temps…
Lorsque qu’il est clairement vu (pas tout à l’heure ou demain mais là toute de suite) qu’il est impossible de ne pas être ailleurs qu’ici et encore moins dans un autre temps le chemin se termine avant même d’avoir commencé.
M’approchant de la fin de ma recherche, chaque matin en me réveillant, alors que j’étais habitué depuis des années à sortir le tapis de sol pour méditer je me disais : tu vois Franck, c’est déjà là ! tu y es déjà ! tu y es déjà ! il n’y a donc rien à faire…rien que tu ne doives faire…
Je vivais alors du matin au soir la joie ressentie par cette heureuse nouvelle non pas en y pensant mais en le ressentant en le vivant pleinement… Dès que l’idée récurrente de RAJOUTER de la méditation ou de l’observation surgissait encore, il était aussitôt vue que cette intention apparaissait au sein de ce déjà là à jamais présent…
Je me disais en moi-même : Te mettre à méditer, mais pourquoi faire une chose pareille, alors que manifestement c’est déjà en train d’être, c’est déjà en train de regarder avant même que cette idée de vouloir méditer ou regarder ne t’effleure l’esprit…
Contrairement à ce je, qui voudrait commencer à faire, ce déjà là n’apparaît pas, il est déjà présent en arrière-plan avant toute apparition d’un faire. Comme je ne le cesse de le répéter, il y a ce livre qui est là juste en face de vous, avez-vous BESOIN de faire un effort pour le savoir ? Evidemment la réponse est non et c’est justement là que réside toute la subtilité ou plutôt l’extrême simplicité de la chose. …
Pour le dire autrement n’y a ici aucune place pour deux. Dans le concept de dualité qui n’est qu’un concept il y à 1, pur sentiment d’être et 2, un méditant s’exerçant à vouloir l’être. Ce qui peut paraître comme un empêchement est que ce pur sentiment d’être, n’est fait que de liberté, cela signifie qu’il ne viendra jamais au grand dieu jamais se substituer au chercheur car il le laissera toujours faire ce que bon lui semble.

En revanche si le chercheur s’arrête de faire, il ne reste que pur sentiment d’être. Comme je le dis toujours, c’est dans le moins que ça se passe et non dans le plus.

Comprenez-moi bien, il ne s’agit pas de s’exercer à ne rien faire mais de simplement voir que lorsqu’on ne fait rien c’est là et que si c’est là c’est parce que nous, nous ne faisons rien…


Confirmant qu’il n’y a jamais eu BESOIN d’un moi chercheur pour que ce pur sentiment d’être soit, cette vision vous prendra alors en charge c’est elle qui fait, pas vous, alors laissez la faire… Pour finir enfin sachez que je n'ai absolument rien contre la méditation et je la recommande vivement mais l'utiliser comme seul moyen de découvrir ce que nous sommes me parait aujourd'hui hors de propos."

Franck Terreaux

Commentaires
G
L "ego" n'a pas d existence propre. En le nommant comme tel et lui attribuant cette caracteristique d " ennemie" à combattre tu le mets sur pieds et lui donne de la vigueur. D un côté tu le maintiens en vie pour des raisons obscures et de l autre tu aimerais qu'il disparaisse ... il y a encore une pensée que tu prends pour une réalité pure et dure. Et qui te donne l espoir de trouver ce que tu es. L ego se nourrit d espoir. Mais l ego est simplement une image. Une pensée de toi même. Tu dis " donc rien à faire du tout. Juste regarder ce que l on est pas " . Là tu as récupéré ce que j ai dis et tu en fais un enseignement. Mais tu ne peux pas. Tu n en as pas besoin. C'est encore cette entité qui veut prendre cela pour encore tenter quelque chose. C'est le rêve qui continue de cette manière la. Tu es ce qu'est l être . C'est ta nature . Maintenant. <br /> <br /> Cela veut dire que quoi que tu fasses ou ne fasses pas c'est la réalité. Tu ne peux pas arrêter de faire ou regarder ce que tu n'es pas simplement parce que c'est requis . Tu joues à penser toi même, l autre, la réalité, etc . Et tu as oublié que ce n était que des pensées . Mais pour penser tu dois être ...
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G
Pas mal le jeu de mot. Comme quoi la vérité sort aussi des erreurs de frappes...
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A
« Tu n'es jamais con tenu dans " ton" délire. »<br /> <br /> <br /> <br /> C'est un nouveau mantra ? :)
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G
Il n'y a pas d effort à faire pour être. C'est la réalité. C'est déjà parfaitement en place. C'est cela la réalité. C'est indestructible . C'est la base. Plutôt ne pas partir dans le rêve. Ne pas s évader dans le rêve de soi qui pourrait avoir plus et qui pourrait peut être accéder à sa propre annihilation. "Voit" cette bêtise que la pensée invente. Comme si tu étais dans cette pensée de toi qui te dit que tu pourrais être l esclave du mental à tout jamais. Tu n'es jamais con tenu dans " ton" délire. Laisse ça ! Ça ne peut même pas te mordre .
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G
Oui. Maintenant tu penses tout cela et tu penses que c'est la réalité de ce que tu es ... mais à quel moment es tu piégé ? Nies toi complètement. C'est à dire nies même le fait de te nier et soit ! Nies cette pensée qui revient sans cesse te persuader que tu dois oeuvrer pour te trouver . Ou que tu dois être plus que ce que tu es ..
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