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Eveil et philosophie, blog de José Le Roy
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14 janvier 2015

Philosophie et souffrance animale

J'ai rencontré Matthieu Ricard en septembre; j'ai eu la chance de dialoguer avec lui sur le végétarisme. J'avais déjà beaucoup penser à la question animale et à la consommation de viande. Depuis lors, ma femme et moi avons pris la décision de devenir végétariens, de ne plus manger de viande.

Après le fracas des armes et le meurtre des journalistes de Charlie et des centaines de morts du Nigeria, on pourrait penser que c'est là une cause futile, qu'il faut d'abord s'occuper des hommes et ensuite des animaux.

Mais, les deux soucis ne sont pas exclusifs ; je crois même que celui qui est sensible à la souffrance animale est d'autant plus sensible à la souffrance des hommes.

matthieu-ricard-animaux

Le livre de Matthieu est vraiment passionnant ; il donne notamment des citations de philosophes justifiant l'exploitation animale. Il est désolant de voir une telle dureté de coeur chez des penseurs par ailleurs si brillants.

Aristote

« Les plantes existent pour le bien des animaux, et les bêtes sauvages pour le bien de l’homme. […] Comme la nature ne fait jamais rien inutilement ou en vain, il est indéniablement vrai qu’elle a fait tous les animaux pour le bien de l’homme».

Saint-Augustin

"C’est par une très juste ordonnance du Créateur que leur vie et mort sont subordonnées à notre usage."

Saint Thomas d’Aquin

«La vie des animaux […] est préservée non pour eux, mais pour l’homme ».

Descartes

"Les animaux ne sont que de simples machines, des automates. Ils ne ressentent ni plaisir, ni douleur, ni quoi que ce soit d’autre. Bien qu’ils puissent pousser des cris quand on les coupe avec un couteau, ou se contorsionner dans leurs efforts pour échapper au contact d’un fer-chaud, cela ne signifie pas qu’ils ressentent de la douleur dans ces situations. Ils sont gouvernés par les mêmes principes qu’une horloge, et si leurs actions sont plus complexes que celles d’une horloge, c’est parce que celle-ci est une machine construite par les humains, alors que les animaux sont des machines infiniment plus complexes, faites par Dieu."

Spinoza

"La loi qui défend de tuer les animaux est fondée bien plus sur une vaine superstition et une pitié de femme que sur la saine raison ; […] il n’y a pas là de raison pour ne pas chercher ce qui nous est utile, et par conséquent pour ne pas en user avec les animaux comme il convient à nos intérêts."

Kant

"Les animaux n’ont pas conscience d’eux-mêmes et ne sont par conséquent que des moyens en vue d’une fin. Cette fin est l’homme. Aussi celui-ci n’a-t-il aucun devoir immédiat envers eux. […] Les devoirs que nous avons envers les animaux n’en sont que des devoirs indirects envers l’humanité"

Heureusement certains philosophes ont une considération plus grande pour nos frères animaux :

Plutarque

"Vous me demandez pour quelle raison Pythagore s’abstenait de manger de la chair de bête ; mais moi, je vous demande avec étonnement quel motif ou plutôt quel courage eut celui qui le premier approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui toucha de ses lèvres les membres sanglants d’une bête expirante, qui fit servir sur sa table des corps morts et des cadavres, et dévora des membres qui, le moment d’auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient ? Comment ses yeux purent-ils soutenir l’aspect d’un meurtre ? Comment put-il voir égorger, écorcher, déchirer un faible animal ?"

Jean Meslier

"L’homme blanc […] ne peut avoir aucun droit, en vertu de sa couleur, à réduire en esclavage et à tyranniser l’homme noir. […] Pour la même raison, un homme ne peut avoir de droit naturel à maltraiter ou tourmenter une bête."

Schopenhauer

"On prétend que les bêtes n’ont pas de droit ; on se persuade que notre conduite à leur égard n’importe en rien à la morale, ou pour parler le langage de cette morale-là, qu’on n’a pas de devoirs envers les bêtes : doctrine révoltante, doctrine grossière et barbare, propre à l’Occident et qui a sa racine dans le judaïsme. En philosophie toutefois, on la fait reposer sur l’hypothèse d’une différence absolue entre l’homme et la bête admise en dépit de l’évidence."

Commentaires
C
Pour la dignité humaine... celle qui prends soin du Tout...<br /> <br /> http://www.francetvinfo.fr/animaux/bien-etre-animal/amerique-du-sud-des-juments-fecondees-et-avortees-a-vif-plusieurs-fois-dans-l-annee-pour-des-prelevements-de-sang_2406399.html<br /> <br /> + pétition à la fin de l'article
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S
nous sommes soit disant,!!!humain!!! et nous acceptons:que certains de notre espéce,martyrise des animaux::pourtant certaines images sont insoutenables,savons nous qu'un animal souffre ressens la douleur tout comme nous,mais ne peut crier au secours j'ai mal,mais qui viendra à mon secours!!!!quand allons,avoir le courage d'arréter cela!!!!!et d'agir!!!!! notre chien adopté dans un refuge,à subit de multiples souffrance sous les mains de se lache et bourreau,à perdu un oeil,et ça machoire abimée,croyez vous qu'un animal mérite de vivre un tel calvaire!!!! et combien subissent ses souffrances!!!!!!l'se monstre devrait subir le méme traitement mais aurait il mal!!!!notre adorable chien continue,malgré tout à faire confiance à l'humain,et à l'aimer comment le peut il !!!!! nous prenons bien soin de lui,il fait parti de notre famille,prenons bien soin de lui,nous preférons maintenant agir pour la cause animal,que défendre l'humain qui se fou de tout:::
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G
Oui parce qu'il ne fait rien, il ne crée rien, défait les créations et les croyances, ne construit pas de structures, de "réalités". il voit qu'un concept est un concept. d'ailleurs s'occuper des problèmes du monde : par où commencer ? peut etre par mes projections personnelles qui créent le monde et ses nombreux problèmes, qui créent des jugements, des compétitions, des valeurs fausses. qui créent des différences. tout ca n'existe pas en fin de compte, ca n'existe vraiment pas ce sont des croyances, des connaissances, des savoirs que je transmets en toute inconscience sur les autres, sur les animaux, etc. en fait il n'y a jamais rien eu, que des structures conceptuelles du monde, que des idées. les animaux ne sont pas moins intelligents que nous, nous les employons et les utilisons parce que nous sommes moins intelligents qu'eux. je pense que l'homme qui comprend que tout ou la plupart des choses qu'il a dans sa tete c'est de la m.. et bien celui-là fait vraiment quelque chose pour la planète, pour autrui, pour les animaux et plantes, etc..
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C
Un sage a dit : ne vous occupez pas des autres, vous vous en occuperez quand vous aurez réalisé votre vraie nature ; alors, les autres ne seront plus des autres, vous ne serez plus perdus et vous pourrez vraiment les aider. Et un autre a dit : quand un aveugle guide un autre aveugle, ils tombent dans un trou. Aucune réalisation n'atteint la valeur infinie de l'éveil : mais il est sûr qu'il est autrement plus exigeant d'y travailler que de faire de l'humanitaire ou de la politique, car ce n'est pas en cherchant sa vraie nature entre un moment de bronzage, un séance de sport et un bon film qu'on la trouve, mais en y consacrant chaque seconde de sa vie. Ramana Maharshi faisait remarquer que la dispersion rend incapable de toute réalisation. Par contre, on n'a jamais vu quelqu'un qui se consacre ainsi à la spiritualité, en y employant toute sa vie, se moquer totalement des animaux ou du sort des autres être humains : au contraire, il fait plus pour les hommes et les animaux que tous les humanistes réunis. Et d'ailleurs, si le cœur lui chante, il pourra même faire de la politique ou jouer aux cartes : mais il le fera en pleine conscience, faisant preuve d'une réelle bienveillance envers tous ceux qu'il rencontrera, hommes ou animaux, partageant avec eux son bonheur et les éclairant par sa vie et ses paroles.
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J
À la suite de la publication de Plaidoyer pour les animaux, l’un des reproches que j’ai le plus souvent entendu est qu’il est indécent de tourner son attention vers les animaux et de vouloir améliorer leur sort alors que tant de souffrances affligent les hommes en Syrie, en Irak, au Soudan et ailleurs. Le simple fait d’avoir de la considération pour les animaux serait une insulte au genre humain. Asséné avec un élan d’indignation qui a l’air de reposer sur les plus hautes vertus, cet argument peut sembler faire mouche, mais dès qu’on l’examine un peu, on s’aperçoit qu’il est parfaitement dépourvu de logique.<br /> <br /> Si le fait de consacrer quelques-unes de nos pensées, de nos paroles et de nos actions à la réduction des souffrances innommables que nous infligeons délibérément aux autres êtres sensibles que sont les animaux constitue une offense aux souffrances humaines, qu’en est-il alors de passer du temps à écouter France Musique, à faire du sport et à aller se faire bronzer sur une plage ? Ceux qui s’adonnent à ces activités et à bien d’autres deviendraient-ils d’abominables individus du fait qu’ils ne consacrent pas l’intégralité de leur temps à remédier à la famine en Somalie ?<br /> <br /> Comme le remarque justement Luc Ferry : « J’aimerais bien qu’on m’explique en quoi le fait de torturer viendrait en aide aux humains. Le sort des chrétiens d’Irak est-il amélioré parce qu’on dépèce en Chine des chiens vivants par milliers chaque année avant de les laisser crever pendant des heures, attendu que plus leur douleur est atroce, meilleure est leur chair. Est-ce parce qu’on maltraite ici les canidés qu’on est plus sensible au malheur des Kurdes ? […] Chacun d’entre nous peut s’occuper des siens, de sa famille, de son métier et s’engager en plus en politique ou dans la vie associative sans pour autant massacrer des animaux. » (Figaro, 6 novembre 2014)<br /> <br /> Si quelqu’un consacrait 100 % de son temps au travail humanitaire, on ne pourrait que l’encourager à continuer. Il est d’ailleurs à parier qu’une personne douée d’un tel altruisme serait également bienveillante à l’égard des animaux. La bienveillance n’est pas une denrée que l’on ne peut distribuer qu’avec parcimonie comme un gâteau au chocolat. C’est une manière d’être, une attitude, l’intention de faire le bien de tous ceux qui entrent dans le champ de notre attention et de remédier à leur souffrance. En aimant aussi les animaux, on n’aime pas moins les hommes, on les aime en fait mieux, car la bienveillance est alors plus vaste et donc de meilleure qualité. Celui qui n’aime qu’une petite partie des êtres sensibles, voire de l’humanité, fait preuve d’une bienveillance partiale et étriquée.<br /> <br /> Pour ceux qui n’œuvrent pas jour et nuit à soulager les misères humaines, quel mal y aurait-il à soulager les souffrances des animaux plutôt que de jouer aux cartes ? Le sophisme de l’indécence qui consiste à décréter qu’il est immoral de s’intéresser au sort des animaux alors que des millions d’êtres humains meurent de faim n’est le plus souvent qu’une dérobade de la part de ceux qui, bien souvent, ne font pas grand-chose ni pour les premiers ni pour les seconds. À quelqu’un qui ironisait sur l’utilité ultime de ses actions caritatives, Sœur Emmanuelle répliqua : « Et vous, Monsieur, qu’est-ce que vous faites pour l’humanité ? ».<br /> <br /> <br /> <br /> Matthieu Ricard sur son Blog
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  • Ce blog présente la philosophie comme un chemin d'éveil à notre vraie nature. La philosophie n'est pas un simple discours mais une voie de transformation et de connaissance de soi. Ce blog s'inscrit dans l'enseignement de Douglas Harding.
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