Blog du peintre Sekinger
Je vous invite à visiter le blog de J.C. Sekinger, peintre et poète, et proche de l'enseignement de Douglas Harding
http://ailleurslatete.free.fr/?-Sans-tete-
On y lit par exemple ceci :
mardi 23 décembre 2008, par jc
- De quelle couleur est-ce Nelly ? (Elle a trois ans et demi et je désigne la nappe)
- Bleu
- Et ça ? (je désigne le bol)
- Jaune
- Et ça ? (je désigne le papier froissé)
- C’est blanc.
- Et ça ? (je désigne son visage et elle me répond sans aucune hésitation)
- Transparent
La plupart des adultes n’hésiteraient pas non plus mais se tromperaient en attribuant une couleur à une chose qu’ils ne voient pourtant pas !
samedi 7 janvier 2006, par jc
Ce matin, avant de sortir dans l’air froid, je me débattais dans l’obscurité d’un pull « rouge de Venise » que j’essayais d’enfiler quand soudain j’ai vu l’encolure s’approcher, depuis l’ombre laineuse et confuse, son ouverture transparente et béante s’aggrandir, s’aggrandir, s’arrondir ! ses bords ont disparu...
Ma tête est partie quand j’ai mis mon pull.
P.-S.
au rayon « spiritualité » des librairies, on devrait vendre aussi des pullovers
Malheureuse histoire de la proprioception narcissique
vendredi 19 mai 2006, par jc
Nous regardons dans le miroir quand cela nous arrange, nous y sourions, nous y composons facilement une apparence, l’habitude... Nous tâchons d’exporter tel quel ce brillant reflet, de l’arborer dans la foule, ce merveilleux visage... Mais les heures le défont, les secondes même : Comme un torrent, il reflete notre vie, nous ne pouvons pas le retenir, figer sa trentaine de muscles en une configuration heureuse et définitive. Dans un de ces instants troublés, alors que le contrôle de notre apparence nous échappe, qu’un miroir nous montre ce qu’il voit de nous et nous l’accuserons ! Pourtant cette image-là n’est pas plus vraie que le reflet intime et aimé qu’elle complète comme l’ombre complète la lumière. Ce reflet n’est qu’un fantôme.
lundi 26 mars 2007, par jc
Je ne possède pas de gros bagage spirituel (tout juste un petit sac) et je ne sais pas vraiment quand, comment ou pourquoi, je me suis intéressé à la Vision sans Tête (Je me permets de l’écrire avec des majuscules, bien que ça soit une chose très banale, car c’est une chose extraordinairement banale !) mais je puis cependant dire que mes raisons n’étaient pas religieuses : je ne suis pas croyant et les superstitions me désolent.
Non, c’est plutôt à cause d’un trouble face à l’idée de réel.
Peintre « réaliste », dès que j’ai pu réfléchir à ce que je faisais, j’ai bien vu que ce qu’on peint avec un souci de « réalisme » ne se distingue pas nécessairement de « la réalité » elle-même (Il y a même, dans la culture occidentale de l’imitation, la volonté de tromper : faire prendre pour « réel » ce qui est seulement peint). En tous cas, j’ai vite douté que ce que je voyais puisse être qualifié simplement de « réel » puisque mon activité consistait justement à faire prendre une illusion intangible pour de la réalité palpable... Or dans ce cas, comment ce que je reconnais comme réel est-il réel ? quelle est la nature de ce réel ? Ce que je vois est-il illusoire ? A quelle distance l’illusion cesserait-elle ? etc.
Je ne sais pas bien parler de mes découvertes d’aujourd’hui, pas en termes spirituels en tous cas. Voyez simplement votre absence de « tête » (ce qui n’implique aucunement la disparition des sensations éprouvées par là...) et votre corps « suivra », un jour ou l’autre (même si vous le voyez toujours, ce qui n’a rien... à voir). Bien sûr le corps est toujours là mais la découverte affolante (pour moi) c’est que c’est lui qui est en moi et pas l’inverse ! La Transparence soudaine, la Solitude Illimitée !
Ce que je vis là, par instant, est absolument vertigineux mais je suis encore incapable d’en tirer quelque conclusion élevée que ce soit.
lundi 26 mars 2007, par jc
Je ne suis même pas certain de la signification de cette aventure. Je peux penser la disparition de la tête comme une ouverture (au sens musical du terme aussi) et celle du corps comme la « symphonie » qu’elle annoncerait mais j’ai un peu peur de ces évènements si soudains, inattendus et inimaginables ! J’avais lu ou entendu les mots « Vide », « Espace », « Capacité » mais je ne m’étais jamais attendu à cette élision totale ! complétude dirait-on mais, désolé, c’est d’abord une disparition pour moi, terriblement fascinante : celle de l’abri de mon corps...
vendredi 30 décembre 2005, par jc
quand je parle de certaines choses
je sens se plisser mon front
puis je vois mon visage s’ouvrir, ses contours disparaître
sans explosion, avec prudence et douceur
comme pour approcher cet oiseau minuscule et ébouriffé, il faut prudence et douceur.
d’un battement d’aile il s’enfuit comme se ferme mon visage
mais je sais qu’il est toujours là, sur une branche ou sur une autre
question de confiance.
mon visage s’ouvre grand et se ferme
disparaît et s’étend infiniment puis se ferme
coquillage avec une perle dedans
coquillage vivant
Et voici quelques peintures :




