Interview de Lorène
A la demande de Christine qui habite à Hawaï, Lorène a participé à un zoom de "headless women" avec Christine, Judy Bruce (Angleterre) Catherina (Angleterre) Carole Oliver (Angleterre) et Karin Visser (Pays Bas).
Elle a répondu aux questions de Christine et une très bonne idée d"avoir une orientation féminine. Voici ces questions réponses ;
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"- Comment définiriez-vous « Voir Qui Vous Êtes Vraiment » ? En quoi la Voie Sans Tête est-elle différente des autres voies ?
Lorène : Dans la voie sans tête il s’agit toujours de se référer à sa propre autorité, ne pas croire mais expérimenter. C’est la seule voie que je connaisse où l’expérience de chacun est reconnue comme juste, il n’y a aucun dogme, et pas une « bonne façon » d’interpréter l’expérience. Ce qui est central c’est le retour à l’espace et à notre vraie nature.
C’est à la fois une voie absolument complète, car la voie sans tête nous conduit directement au centre de nous-même, mais c’est également une voie inclusive. Elle ne nous dit pas la façon dont nous devons vivre et interpréter l’expérience.
Une autre originalité spécifique à la voie sans tête est qu’elle ne mets pas en avant les expériences mystiques ou de « pic » même si elles peuvent survenir mais au contraire elle se propose comme une méditation pour la place du marché.
A la fois très profonde et très simple
- Pourquoi est-ce important ? Quel sens tirez-vous de la vision de votre vraie nature ? (Certains disent : « Et alors ! »).
Lorène : Finalement la question pourrait être en quoi la vision sans tête apporte-t-elle quelque chose à notre individualité. Ici c’est une réponse qui est de l’ordre du témoignage. Ce n’est pas une vérité objective, c’est la façon dont moi après toutes ces années je vis avec cette incroyable découverte qu’au centre de moi-même se trouve le monde vivant et vibrant, que je disparais en faveur du monde
La réponse que je vais donner ne peut pas être définitive, c’est l’aventure même de la vie, les découvertes se font pour chacun d’entre nous instant après instant et cela jusqu’à la fin du chemin. C’est une aventure paradoxale car d’un côté le chemin est terminé, l’absolu et l’au-delà du monde se révèlent mais en même temps il y a toujours une individualité qui peut en parler, commenter et en jouir.
Et alors ?
Vivre en étant ouverte sur le centre de soi-même c’est découvrir le centre de tout ce qui est vivant. J’aime bien utiliser l’analogie de l’envers et de l’endroit pour expliquer cela. En me connectant avec mon endroit je me connecte avec le centre de chaque être vivant. Et cette connexion se fait avec le cœur, par le biais d’un sentiment d’intimité. Je suis en intimité avec ce qui m’entoure mais ce n'est pas parce que je le décide c’est parce que c’est la nature même de la réalité.
J’ai également un lieu en mon centre qui se trouve au-delà des mouvements du monde, un peu comme si lors d’une journée en mer agitée j’avais la possibilité de me connecter avec les profondeurs des abysses. Et ce n’est en aucun cas une idée mais uniquement la description du réel. Habituellement nous ne voyons que la moitié du monde avec la vision sans tête je peux me percevoir ce lieu sans effort.
C’est donc une ressource formidable pour le quotidien.
Plus connectée
Plus libre
- Comment votre vision a-t-elle évolué au fil des décennies ?
Lorène :
La vision en elle-même n’a pas du tout évolué. Ce que je trouve au centre de moi-même lorsque je tourne mon attention est exactement le même et a toujours été là.
Ce qui change c’est la relation que j’ai avec cette part de moi-même
Aujourd’hui j’ai une confiance totale dans cette ressource.
Je ne doute à aucun moment de pouvoir trouver ce que je suis en retournant la flèche de mon attention
Il est très classique au début de penser que l’on a perdu « la vision » C’est un processus normal. Parce que les premières fois où l’on voit cela, la différence entre la vie à partir d’une idée de soi-même et celle à partir de la source semble tellement énorme que cela nous donne l’impression que sans l’intensité de l’expérience, sans les couleurs vives et l’énergie soulevées par la réalisation on est plus connecté. Puis une musique plus douce s’installe. Et on s’aperçoit que ce qui est toujours là c’est le vide au-dessus des épaules. Le silence qui accueille les sons est toujours là. La vaste transparence lumineuse qui accueille les couleurs est toujours là. La tranquillité immobile qui accueille le mouvement des émotions est toujours là. Par contre pour moi il y a des choses qui vont et qui viennent. J’appellerais ça les fruits de la vision. Par exemple le sentiment d’intimité et d’amour que je peux ressentir avec mon environnement est plus ou moins là. La jouissance et la joie qui émergent de la réalisation de cette merveilleuse présence vont et viennent, cela dépend de la grâce pour moi.
Un élément extrêmement important aujourd’hui pour moi est le partage de cette expérience avec d’autres. Affirmer la réalité de cet au-delà du monde avec d’autres personnes, reconnaître avec l’autre cette réalisation est une source de joie profonde
- Catherine Harding, l’épouse de Douglas Harding, a apporté une approche de la vision centrée sur le cœur et l’amour. Quelle est votre conception d’une approche de la vision centrée sur le cœur ? Quel est le lien entre la compassion et la vision ?
Lorène :
Peut-être que la rencontre de Catherine a fait mettre la dimension du cœur plus en avant dans l’enseignement de Douglas. Moi je n’ai pas connu Douglas sans Catherine, dès le départ je les ai connu ensembles. Mais peut-être les amis anglais ont vu une évolution. Pour moi Catherine avait la même approche que Douglas, centrée sur l’expérience, le retour à l’évidence et la liberté de chacun Dans l’expérience du réel il y a deux facettes, on peut soit mettre l’accent sur le vide soit l’accent sur le plein. Mais c’est la même réalité. Douglas a toujours pointé dans les deux directions. Le centre de gravité change lorsque lorsqu’on s’aperçoit qu’au-dessus des épaules nous trouvons l’espace rempli par le monde. Auparavant il se situait au-dessus des épaules dans ce masque imaginaire. Puis le centre de gravité descend au niveau du cœur, c’est une expérience très physique. Percevoir le vide c’est percevoir que la présence que je suis est absolument partout, c’est explorer un sentiment d’intimité avec le monde, c’est développer une écoute sans distance, c’est percevoir que dans la relation il n’y a pas deux mais une seule présence. Dans l’exercice du tube, et dans tous les exercices qui pointent vers la relation, nous découvrons l’unicité profonde qui sous-tend l’expérience du réel. Pour moi il n’y a rien de plus à faire que d’être attentive au monde tel qu’il est pour découvrir l’amour. Et partager cette merveilleuse découverte.
- Où voyez-vous l’évolution de l’absence de tête dans les cinquante prochaines années ou plus ? Avez-vous une vision de ce que pourrait devenir l’absence de tête (une vision ? Un souhait ? Un coup de pouce ?) ?
Lorène :
Douglas Harding était un génie au sens où il a vraiment initié une voie moderne simple, très accessible et totalement laïque. La voie sans tête propose immédiatement à celui qui a perçu sa vraie nature d’utiliser les outils pour partager. Et il y a aujourd’hui dans le monde entier des partages qui se font par zoom. Moi je connais les zooms français et la profondeur des échanges entre les participants est incroyable, les interventions sont très percutantes.
Mais les personnes sont parfois mal à l’aise pour mener des ateliers. Moi et José avons assisté à énormément d’ateliers avec Douglas, nous avons en quelque sorte intégré le vocabulaire, le verbatim des exercices et les références à force d’avoir assisté à ces ateliers. Les gens qui n’ont pas connu Douglas n’ont pas pu faire ce travail d’imprégnation. Nous avons décidé en France avec un groupe de personne de mettre en place un parcours d’accompagnement pour aider ceux qui veulent partager la voie sans tête. Nous avons créé ce parcours à partir de questions que j’ai posées aux personnes ayant mené des ateliers. Je leur ai demandé comment ils avaient préparé les ateliers, à quoi ils avaient pensé et quelles ont été leurs difficultés éventuelles. A partir de ces remarques nous avons élaboré une sorte de formation pour aider ceux qui le souhaitent à partager la voie de la vision sans tête.
- Enfin, avez-vous des idées, des révélations ou des conseils de sagesse que vous aimeriez partager avec le spectateur ?
Lorène :
Ayez confiance dans ce pouvoir de créativité qui est en chacun de nous. Mon conseil : revenir à cet espace que vous êtes et laissez vous surprendre
