Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

Ce blog présente la philosophie comme un chemin d'éveil à notre vraie nature. La philosophie n'est pas un simple discours mais une voie de transformation et de connaissance de soi.

24 octobre 2009

Les lieux de l'advaita vedanta: Govardhanpeetham

Sankara, le grand maitre de l'advaita vedanta, a établi des monastères aux quatres coins de l'Inde dans des lieux sacrés: au Nord, au sud, à l'Est et à l'Ouest..

4_amnaya_peethams

Celui de l'Est se nomme Govardhanpeetham et se trouve à Puri près du célèbre temple Jagannath

govardhan Govardhan

Voici un lien vers Govardhan

 

puri The Puri Jagannath Temple, dans l'Est de l'Inde, lieu de pèlerinage très important.


 

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Vivecacudamani 7

Voici la suite du vivecacudamani, traduit du sanskrit par José Le Roy. Ce texte est attribué à Shankara

Le début du texte est ICI: Vivecacudamani 



47

Par l’investigation sur l’objet du Vedânta, la suprême connaissance se produit.

Par elle, la destruction complète de la souffrance causée par le samsâra s’en suit.

48

Les moyens efficaces* qui sont : la confiance, la dévotion, la méditation sont les causes de la libération pour celui qui désire la libération, voilà ce que dit réellement la parole de la tradition.

Pour celui là, qui s’en tient à eux, il y a libération des liens du corps fabriqués par l’ignorance

Comm : je traduis, sur les conseils d’Alain Porte, Yoga (shraddhâ-bhakti-dhyâna-yogân) non pas par yoga mais par moyens efficaces

49

Le disciple dit :

« Avec compassion, écoutez, Ô Swami, ma question :

Après que j’aurai entendu cette réponse de votre bouche, je serai satisfait par votre parole.

51

Qu’est-ce que l’esclavage ? Comment est-il venu ? Comment se maintient-il ? Comment atteindre la libération ? Qu’est-ce que le non-Soi ? Qu’est-ce que le Soi Ultime ? Comment faire la distinction entre les deux ? »

52

Le Maitre dit :

« Tu es heureux, tu as fait ce qu’il fallait faire. Ta famille grâce à toi est purifiée, puisque (yad) tu veux atteindre l’état de Brahman par la libération des liens causés par l’ignorance. »

53

Les facteurs de libération des dettes pour un père sont les enfants, mais le facteur de la libération des liens n’est personne d’autre que soi-même.

54

La douleur d’un fardeau écrasé sur la tête est enlevé par les autres,

mais la souffrance causée par la faim etc. (n’est enlevée) par personne sauf soi-même.

55

Le malade par lequel est fait (suivi) scrupuleusement le régime de médicaments , pour lui on observe la guérison pas par l’action faite par un autre.

56

La nature de la réalité peut être connue par son propre œil de l’éveil grand ouvert (sphuta-bodha-cakshusa) mais pas par l’érudit ; la nature de la lune peut être connue par son propre œil, comment est-elle perçue grâce aux autres ?

57

Ce lien qui enchaine du à l’ignorance, au désir, à l’action etc. , qui pourra le libérer sauf soi-même, même avec un milliards d’années ?

58

Pas par le yoga, pas par le samkhya, pas par les œuvres ni par le savoir ; c’est par l’éveil à l’unité de Brahman et de l’atman que la libération se produit et pas par une autre manière.

59

La beauté de la forme d’une vina ou l’excellence du son des cordes n’est là que pour le plaisir des gens, cela ne confère pas la royauté.

60

De même, la faculté de bien parler, le charme de la voix, l’excellence dans l’explication des textes, l’érudition des sages, tout cela est pour la jouissance mais pas pour la libération.

61

Quand la connaissance ultime n’est pas connue, la lecture des textes est inutiles, quand la connaissance ultime est obtenue, la lecture des textes est inutile.

62

La grande forêt, faites des filets de mots, est la cause de l’errance de la pensée. D’où, avec un effort intense, la réalité du Soi peut être connue par les connaisseurs de la réalité.

63

Pour celui qui a été mordu par le serpent de l’ignorance, sans le médicament qu’est la connaissance du Brahman,

A quoi bon les védas ?

A quoi bon les traités ?

A quoi bon les mantras ?

A quoi bon les remèdes ?

64

La maladie ne disparait pas sans boire (le médicament), (simplement) à partir du mot « médicament » ; (de même) sans expérience directe, on ne se libère pas par le mot « Brahman »

65

Sans avoir fait la disparition du visible*, sans avoir connu la réalité du Soi, par les sons à l’extérieur, d’où, pour les hommes, viendrait la libération par le mot Brahman dont le fruit n’est que parole ?

Comm  : *Faire disparaitre le visible (drishyam) signifie ne plus voir le visible comme un objet face à un sujet, mais voir le monde comme Brahman.

66

Sans avoir écarté tous ses ennemis, sans avoir la richesse de la terre entière, en prononçant le mot « je suis un roi », on ne mérite pas d’être u nroi.

67

Ainsi, un trésor (nikshepah) nécessite un avis compétent, l’action de creuser, le fait de tirer vers le haut la pierre posée dessus, l’appropriation mais, en effet, il ne sort pas par des paroles.

De même (tadvad) c’est par l’enseignement, la réflexion, la contemplation etc. qu’un connaisseur de Brahman perçoit la réalité immaculée mise à l’écart par les actions de Mayâ et non par de faux raisonnements.

68

C’est pourquoi pour la libération des liens de l’existence, un effort doit être fait avec la totalité de ses propres moyens.

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25 septembre 2009

Vivecacudamani : 6

Voici la suite de la traduction du sanskrit de  cet illustre texte de l'advaita Vedânta :

Le vivecacudamani

Merci à mon professeur Alain Porte pour les précieux conseils.

Dans ce passage, le disciple approche le guru avec beaucoup de révérence pour lui demander son enseignement. Brûlé par la peur et la douleur, le disciple implore son maitre de le libérer.

shankara_

Le début du texte se trouve dans ce message

_______________________________________

36

Après avoir honoré le guru avec dévotion, salué avec des hommages respectueux et modestes,

Après avoir obtenu son accord, il demandera ce qu'il faut savoir en ce qui concerne le Soi.

 

37

« Ô Swami, salut à toi, Ô ami de ceux qui te rendent hommage, océan de compassion moi qui suis tombé dans l'océan de l'existence

sauve moi, par la vision d'un simple de tes coups d'oeil, par le déluge du nectar suprêmement compassionnel provenant de ta probité.

 

38

Brûlé par le feu de forêt irrépressible du samsâra, étant violemment secoué par les vents de l'infortune

Peureux, je tombe à tes pieds. Protège moi de la mort. Un refuge qui soit autre, je n'en connais pas.

 

39

Apaisés, grands sont les saints accomplissant le bien-être du monde comme le printemps.

Ceux qui ont traversé d'eux mêmes les vagues terrifiantes de l'existence, font traverser même les autres personnes sans motivation.

 

40

Telle est la nature libre des grandes âmes, à savoir qu'il y a inclination à écarter les fatigues des autres.

Cette lune d'elle-même protège la terre brûlée par la lumière violente du soleil.

 

41

Arrose, avec le nectar de tes paroles, douces à l'oreille, émises par ta bouche, habiles, très fraiches, pures, pleines de l'expérience du Brahman, arrose celui qui est consumé par le feu de forêt qu'est la chaleur de l'existence.

 

42

Comment traverserai-je cet océan de l'existence ? Quelle voie pour moi ? Quel est le meilleur moyen?

Je n'en sais rien. Protège moi avec compassion. Ô Seigneur, provoque la destruction du malheur du monde. »

 

43

A lui qui parlait ainsi arrivé au refuge de lui-même, brûlé par la chaleur du feu de forêt du samsâra, après l'avoir regardé avec un regard humide par la saveur de la compassion, le sage lui chassera immédiatement la peur.

 

44

Le sage, à ce disciple, qui désire aller s'asseoir, qui désire la libération, qui a l'esprit pacifié, qui accomplit parfaitement ce qui a été dit,

qui possède l'équanimité, le sage devrait lui donner l'enseignement sur la réalité par compassion.

 

45

Le guru dit:

« Ô sage, n'aie pas peur. Il n'y a pas de danger en ce qui te concerne, il y a un moyen pour la traversée de l'océan du samsara, par lequel les ascètes sont allés vers sa rive. Je te montre le chemin en vérité.

 

46

Il y a un grand moyen qui détruira la crainte du samsara.

Après avoir traversé l'océan de l'existence grâce à lui tu atteindras la suprême béatitude.

 

 

01 juillet 2009

Vivecacudamani : 5

shankaraVidya shankara temple at Sringeri en Inde

Voici la suite de ce célèbre texte de Shankara, le vivecacudamani

le texte sanskrit est disponible ici : http://sanskritdocuments.org/all_pdf/viveknew.pdf

Le début de la traduction est ici : http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2009/06/24/14198032.html

30

Mais celui dont le détachement et le désir de libération sont intenses,

en lui, en vérité, la tranquillité, et le reste des vertus seront réelles et fructueuses.

31

Là où il y a faiblesse du détachement et du désir de libération

là il n'y a qu'apparence de tranquillité comme de l'eau dans le désert.

comm: le désir de libération est essentiel sur la voie. L'eau dans le désert désigne un mirage.

32

Parmi toutes les causes de la libération, la dévotion en vérité est la plus importante; la réunion avec sa propre forme est appelée "dévotion" (bhaktih)

comm: la dévotion ne se tourne pas vers un Dieu extérieur mais vers soi-même, car c'est en soi-même que se trouve l'absolu

32

La communion avec la réalité de son propre soi, d'autres ont dit que c'était la dévotion.

comm: ce shloka semble dire que considérer sa propre forme comme le dit le shloka précédent, c'est encore apercevoir une dualité entre soi et sa nature, mais la vraie dévotion se tourne vers le Soi intérieur sans aucune dualité.

33

Celui qui désire connaitre la réalité du Soi et qui a réussi la pratique susdite

devra s'asseoir auprès d'un maitre éveillé grâce auquel il y a libération des liens.

34

Celui qui est versé dans les Vedas, celui qui est droit, non blessé par le désir, qui a la connaissance suprême du Brahman, qui trouve son repos dans le Brahman, est apaisé comme un feu sans combustible.

comm: c'est ici une description du maitre idéal.

35

Il est un océan de compassion sans cause; il est le parent des sages qui rendent hommage.

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24 juin 2009

Vivecacudamani : 4

Voici la suite de la (longue) traduction de ce texte célèbre de l'advaita vedanta : le vivekacudamani.

Dans ces shloka, Sankara décrit les qualités de celui qui aspire à l'union avec l'absolu, après avoir décrit le détachement (vairâgyam)dans le shloka précédent, il continue avec l'apaisement, la maitrise, l'arrêt, l'endurance, la confiance, la concentration, le désir de libération. Ainsi, l'aspirant doit posséder des vertus rares et difficiles à obtenir.

Merci à Alain Porte pour son aide.

22

Après être devenu indifférent à la multitude des objets des sens par la vision de leurs imperfections encore et encore,
L'établissement continu dans son propre objet est dite l'apaisement du mental (Shama)

comm: son propre objet correspond au Brahman dans lequel on doit ramener les sens.

23
Après les avoir détourné des domaines des sens,  le maintient des deux organes des sens dans leur sphère respective est appelé maitrise (damah)

comm: les organes des sens sont les organes de connaissance comme l'oreille, l'oeil etc; et les organes d'action comme la parole

24
L'absence d'appui extérieur pour la fonction telle est l'ultime arrêt (uparati)

comm: les manuscrits ne sont pas d'accord ici : on lit tantôt "bâhyânâlambanam" tantôt "bâhyanâlambanam", un instrumental ou un composé mais cela ne change guère le sens.
La fonction en question est celle des sens, qui ne sont plus tournés vers l'extérieur mais vers l'intérieur , vers le Brahman. Quand on cesse de se tourner vers l'extérieur, leur fonction propre s'arrête.

25
La résistance à tous les malheurs sans opposition
et sans  soucis et de lamentations est appelée endurance (titikshâ)

comm: Il s'agit ici d'être capable d'accepter tout ce qui se présente sans protestation, sans gémissement

26
La certitude par la compréhension de la vérité des traités et des paroles du maitre
est appelée la confiance (shraddhâ) par les sages, confiance par laquelle la réalité est perçue.

27
De tous temps l'établissement de la pure intelligence  dans le brahman en tout temps
cela est appelé concentration (samâdhânam) mais pas le flottement de la pensée.

comm: les manuscrits ne sont pas d'accord sur ce passage. On lit au début tantôt "sarvadâ" (de tous temps), tantôt "samyag" (complet)

28
Les liens qui commencent par le moi et s'achèvent par le corps, fabriqués par l'ignorance, le désir de s'en libérer grâce à l'éveil à sa propre nature est appelé désir de libération (mumukshitâ)

29
Celui-ci, même sous une forme faible ou moyenne, par l'absence de passion et par la tranquillité (shamâ) etc., par la bonne disposition d'un guru, ce désir complètement développé porte un fruit.

Le début de la traduction se trouve dans les messages suivants :

http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2009/06/03/13950820.html
http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2009/05/12/index.html
http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2009/05/04/index.html

12 mai 2009

Vivecacûdâmani 2

Je continue la traduction de ce texte célèbre de l'Advaita Vedanta :

6
Qu'on lise les traités ou qu'on sacrifie au Dieux ou qu'on fasse des actes rituels ou qu'on honore les divinités,
sans l'éveil à son identité avec le Soi, la libération ne peut être réalisée même au cours d'une centaine de durée de Brahma.

7
En ce qui concerne l'immortalité, il n'y a aucun espoir avec la fortune, dit en effet l'écriture, étant donné que clairement l'acte n'est pas la cause de la libération.

8
C'est pourquoi, le sage, après avoir rencontré un guide saint et grand, s'efforcera pour la libération, étant celui qui a abandonné le désir pour le plaisir causé par les choses extérieures , lui dont l'âme est concentrée sur les choses enseignées par lui (le maitre).

9
Il soulèvera le Soi du soi immergé dans l'océan du samsara
après avoir atteint le sommet du yoga par l'état de la vision complète

10
Après avoir renoncé à toutes actions pour la libération des liens de l'existence
qu'on s'efforce avec les savants et les sages qui se tiennent dans la méditation du Soi.

comm :Alain Porte me fait remarquer que yatyatâm est un  impératif passif de la racine YAT- s'efforcer. C'est une forme impersonnelle : qu'un effort soit fait par.

11
L'action est pour la purification de la pensée mais non pour la perception de la réalité;
l'accès à la réalité s'obtient par la discrimination pas du tout par dix millions d'actions.

04 mai 2009

Vivekacûdâmani attribué à Shankara

Voici la traduction du sanskrit du vivekacûdâmani attribué à Shankara.
C'est un des textes essentiels de l'advaita vedanta. Il est très long :580 paragraphes souvent de deux shlokas (vers) ce qui fait plus de mille vers. On verra bien si on arrive au bout...
En tout cas, c'est toujours sous la direction de mon professeur de sanskrit Alain Porte, généreux, savant et pénétrant que j'entreprends cette aventure.

Il existe différentes traductions de ce texte en anglais, notamment par le jagadguru  shri Candrashekhara Bharati  (1892-1954) un des maitres du monastère de Sringeri en Inde, monastère dit-on fondé par Shankara lui-même.

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Le précieux bijou de la discrimination

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1
Je salue le vrai maitre, Govinda, la suprême béatitude, lui qui est au-delà des sens, et qui a pour domaine le but suprême de tous les traités du vedanta.

Comm: Govinda fut le maitre de Shankara, mais ici Govinda est également Brahman, l'absolu, qui est en effet au-delà des sens. Shankara identifie son maitre et l'absolu.

2-Parmi les créatures vivantes, la naissance en tant qu'être humain est difficile à obtenir, ensuite difficile le fait de naitre mâle, ensuite difficile de naitre Brahmane, et ensuite difficile de se vouer à la voie de l'enseignement védique; mais la sagesse (vidvattam) est au-delà.

Comm: Il vaut mieux naitre homme que femme...

3-La discrimination ( vivecanam) entre le Soi et le non-Soi, l'expérience profonde par son Soi dans le Brahman, l'état de libération ne peuvent pas être atteints au cours d'un milliard de naissances sans les bonnes actions.

4-Après avoir obtenu d'une façon quelconque une naissance humaine difficile à obtenir, la masculinité même, la connaissance de l'écriture, celui qui, à l'esprit confus, ne s'efforce pas pour sa libération, tuant son âme, se suicide du fait qu'il saisit l'irréel.


5
Donc qui est celui à la pensée stupide, négligeant avec son propre intérêt , après avoir obtenu l'humanité, difficile à obtenir et même  un corps masculin?

à suivre...

08 avril 2009

conscience et pensée

Les neurosciences, les sciences du cerveau, pensent que la conscience est un épiphénomène du cerveau, un simple effet, pur produit de la matière.

cerveau


On peut en effet comprendre la conscience de deux façons: comme un résultat ou comme une source.

 

Dans le premier cas, la conscience est produite par des causes réductibles aux lois de la matière. C'est là un des principes de tout matérialisme. Les neurosciences se figurent ainsi la conscience comme un produit de l'architecture complexe du cerveau.


Mais on peut tout au contraire considérer la conscience comme une origine, source du sens qu'elle pose et des représentations qu'elle engendre. La conscience devient alors première par rapport au monde, à la matière, à la nature, à l'histoire et à l'économie.


La conscience est-elle une source ou un produit ou peut-être un peu des deux?

Il me paraît que nos idées seraient plus claires sur cette question si on cessait de confondre les pensées et la conscience. Les premières sont en partie conditionnées par le monde (mais en partie seulement) ; la seconde (ce qui nous permet de dire « JE ») est libre du monde qu'elle transcende. Le matérialisme se trompe ainsi en ne distinguant pas la conscience des pensées.

Cette distinction n'est presque jamais d'ailleurs clairement établie dans les textes philosophiques occidentaux  ou scientifiques qui traitent de la conscience ; on confond trop souvent conscience et pensées.

Pourtant n'est-il pas évident que les pensées sont des phénomènes psychiques apparaissant « dans » la conscience? Les pensées changent, passent; comment pourrions nous apercevoir ces changements sans un témoin immuable ?

Je ne suis pas une pensée; j'ai une pensée.

La conscience est le fond permanent sans lequel aucune pensée n'est possible.

Cette distinction entre conscience et pensée est en revanche bien présente dans la philosophie indienne , par exemple dans ce texte L'éveil au Soi attribué à Shankara (8ème siècle):

Adi_Shankara

"Distinct du corps, des sens , du mental , de l'intellect , de la nature, témoin de leur fonctionnement, sache que le Soi est comme un roi »(traduit du sanskrit par jlr)

Il existe quelques rares scientifiques contemporains qui le comprennent comme Dominique Laplane, neuroscientifique, qui écrit ceci: « Un autre apport essentiel, beaucoup moins connu , de la neurologie contemporaine, tient à la description de l'état de conscience vide. L'existence de tels états est cependant évidente depuis des millénaires pour les méditants orientaux. Sauf exceptions, les scientifiques ne s'y intéressaient guère. Tout ce qui est mystique est suspect de mystification. » (Penser, c'est-à-dire? Armand Colin, 2005).

dominique_laplane

José Le Roy

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