Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

Ce blog présente la philosophie comme un chemin d'éveil à notre vraie nature. La philosophie n'est pas un simple discours mais une voie de transformation et de connaissance de soi.

26 juin 2009

L'éveil et les pensées

L'éveil est la découverte que notre vraie nature, notre essence, est au-delà des pensées. En nous, au centre de nous-mêmes, existe un espace qui les transcende, qui demeure libre de toutes les pensées qui surgissent.

Cet espace est immobile, vaste, lumineux et accueille en lui les pensées qui le traversent sans l'affecter.

En nous éveillant à l'espace de notre vraie nature, nous nous libérons de nos pensées mais aussi de nos souffrances. Car notre souffrance psychique provient de notre identification aux pensées, aux jugements qui nous entrainent dans leur ronde infernale.

Ce n'est pas en luttant contre les pensées par d'autres pensées que nous sortons des affects tristes, mais en découvrant l'espace de la claire lumière qui est déjà libre de toutes les pensées, de toutes les images, de toutes les mémoires. Lutter avec une pensée contre une pensée accroit leur force.

S'éveiller à la présence-absence au cœur de notre être nous délivre d'une manière soudaine du mental en nous hissant au-delà de lui.

Le soleil est toujours brillant et le ciel est toujours bleu au-dessus des nuages : il suffit de prendre l'avion pour s'en rendre compte!

avion_au_dessus_des_nuages


josé le roy

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30 décembre 2008

Vision Sans Tête et travail psychologique

Dans mon dernier livre, S’éveiller à la vacuité, Ed. Originel-Accarias,  j’ai voulu préciser le rapport entre la voie de la Vision Sans Tête, qui est une voie directe d’éveil, et le travail psychologique :

vacuite

« Concernant l’accès à l’Eveil, l’enseignement de la Vision Sans Tête affirme que tels que nous sommes nous pouvons voir notre vraie nature ICI et MAINTENANT, sans aucune préparation psychologique préalable. Il suffit pour cela de faire les exercices avec sincérité en acceptant avec humilité la vérité que nous livre l’évidence, à savoir qu’au-dessus de nos épaules, nous ne trouvons rien sinon un espace ouvert, sans limite, sans forme et sans observateur.

La Vision Sans Tête ne nous demande pas de nous changer, de chercher à modifier notre mental, nos émotions, ou notre caractère mais de nous éveiller à la vérité de notre identité essentielle ; le problème n’est pas de modifier l’ego mais de le dépasser et de s’en rendre libre. L’individu n’a pas a créer par ses propres efforts, par exemple par une purification psychologique, ce qui le dépasse absolument (comment le fini pourrait-il créer l’infini ?) ; il doit au contraire s’ouvrir à une dimension trans-psychologique. Je ne crée pas une absence de tête au-dessus de mes épaules, je constate naïvement que je suis construit ainsi, grand ouvert et vide pour recevoir le monde.

Certes, notre humanité a mille défauts et bien davantage, et on peut croire qu’une telle imperfection doit d’abord être corrigée pour atteindre à la perfection ultime ensuite : puis-je sortir de l’ego si celui-ci est si pauvrement humain ? Ne dois-je pas dans un premier temps améliorer mon petit moi avant de me lancer à l’assaut des sommets de la mystique ?

Mais chercher à parfaire notre petit moi est une entreprise sans fin dans laquelle nous risquons de nous perdre pour longtemps; c’est en vérité chercher la perfection là où elle n’est pas. En effet seule notre essence divine est vraiment parfaite et infinie.

Cette voie affirme donc que notre vraie nature (quelque soit le nom qu’on veuille lui donner : nature-de-buddha, atman-brahman, conscience christique, vacuité…etc) est pure et parfaite dès l’origine et absolument accessible, tel que nous sommes.

Ce point est fondamental et rapproche la Vision Sans Tête du bouddhisme dzogchen ou T’chan. Dans le dzogchen , en effet, la nature de l’Esprit, Rigpa, est fondamentalement pure et accomplie dès l’origine :on peut lire par exemple dans le traitéThekcok Dzö :

« La base est présentée en tant que pureté primordiale.

La base est présentée comme présence spontanée, car dans l’essence de Rigpa les qualités sont présentes d’elles-mêmes depuis toujours, sans aucune impureté, comme les rayons qui émanent du soleil. La base est donc spontanément accomplie »1.

1 Dans Longchenpa, la liberté naturelle de l’esprit, trad. et introduction par P.Cornu, Seuil,1994, p 153

Posté par josleroy à 22:09 - Vision Sans Tête - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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