26 juin 2009
L'éveil et les pensées
L'éveil est la découverte que notre vraie nature, notre essence, est au-delà des pensées. En nous, au centre de nous-mêmes, existe un espace qui les transcende, qui demeure libre de toutes les pensées qui surgissent.
Cet espace est immobile, vaste, lumineux et accueille en lui les pensées qui le traversent sans l'affecter.
En nous éveillant à l'espace de notre vraie nature, nous nous libérons de nos pensées mais aussi de nos souffrances. Car notre souffrance psychique provient de notre identification aux pensées, aux jugements qui nous entrainent dans leur ronde infernale.
Ce n'est pas en luttant contre les pensées par d'autres pensées que nous sortons des affects tristes, mais en découvrant l'espace de la claire lumière qui est déjà libre de toutes les pensées, de toutes les images, de toutes les mémoires. Lutter avec une pensée contre une pensée accroit leur force.
S'éveiller à la présence-absence au cœur de notre être nous délivre d'une manière soudaine du mental en nous hissant au-delà de lui.
Le soleil est toujours brillant et le ciel est toujours bleu au-dessus des nuages : il suffit de prendre l'avion pour s'en rendre compte!
18 mai 2009
Video de Douglas Harding : Pensées et vision béatifique
Douglas Harding répond ici à une question sur les pensées.
Atelier à Paris en 2001.
merci à Yves Ledig
08 avril 2009
conscience et pensée
Les neurosciences, les sciences du cerveau, pensent que la conscience est un épiphénomène du cerveau, un simple effet, pur produit de la matière.
On peut en effet comprendre la conscience de deux façons: comme un résultat ou comme une source.
Dans le premier cas, la conscience est produite par des causes réductibles aux lois de la matière. C'est là un des principes de tout matérialisme. Les neurosciences se figurent ainsi la conscience comme un produit de l'architecture complexe du cerveau.
Mais on peut tout au contraire considérer la conscience comme une origine, source du sens qu'elle pose et des représentations qu'elle engendre. La conscience devient alors première par rapport au monde, à la matière, à la nature, à l'histoire et à l'économie.
La conscience est-elle une source ou un produit ou peut-être un peu des deux?
Il me paraît que nos idées seraient plus claires sur cette question si on cessait de confondre les pensées et la conscience. Les premières sont en partie conditionnées par le monde (mais en partie seulement) ; la seconde (ce qui nous permet de dire « JE ») est libre du monde qu'elle transcende. Le matérialisme se trompe ainsi en ne distinguant pas la conscience des pensées.
Cette distinction n'est presque jamais d'ailleurs clairement établie dans les textes philosophiques
occidentaux ou scientifiques qui traitent de la conscience ; on
confond trop souvent conscience et pensées.
Pourtant n'est-il pas évident que les pensées sont des phénomènes psychiques apparaissant « dans » la conscience? Les pensées changent, passent; comment pourrions nous apercevoir ces changements sans un témoin immuable ?
Je ne suis pas une pensée; j'ai une pensée.
La conscience est le fond permanent sans lequel aucune pensée n'est possible.
Cette distinction entre conscience et pensée est en revanche bien présente dans la philosophie indienne , par exemple dans ce texte L'éveil au Soi attribué à Shankara (8ème siècle):
"Distinct du corps, des sens , du mental , de l'intellect , de la nature, témoin de leur fonctionnement, sache que le Soi est comme un roi »(traduit du sanskrit par jlr)
Il existe quelques rares scientifiques contemporains qui le comprennent comme Dominique Laplane, neuroscientifique, qui écrit ceci: « Un autre apport essentiel, beaucoup moins connu , de la neurologie contemporaine, tient à la description de l'état de conscience vide. L'existence de tels états est cependant évidente depuis des millénaires pour les méditants orientaux. Sauf exceptions, les scientifiques ne s'y intéressaient guère. Tout ce qui est mystique est suspect de mystification. » (Penser, c'est-à-dire? Armand Colin, 2005).
José Le Roy



