01 novembre 2009
Ateliers de Vision Sans Tête en novembre
Les prochains ateliers animés par José Le Roy en novembre.
Qu'est-ce qu'un atelier de Vision Sans Tête ?
C'est un moment pendant lequel grâce à des expériences mises au point par Douglas Harding, les personnes présentes peuvent s'éveiller à ce qu'elles sont vraiment, vraiment. Il s'agit de répondre à la question : que suis-je ?
Nous vérifions alors que :
L'éveil à sa vraie nature est simple.
L'éveil à sa vraie nature est évident.
L'éveil à sa vraie nature est partageable.
L'éveil à sa vraie nature est toujours accessible.
Le but des exercices consiste à inverser la flèche de l'attention de 180° pour prendre conscience de ce qui regarde en nous. Cette voie est une voie directe qui nous permet de voir immédiatement ce que nous sommes.
1)vendredi 6 novembre 20h30 à Paris, entrée libre, avec José Le Roy et Lorène Vergne
réservation obligatoire: josleroy@aol.com
2)Vendredi 20 novembre 20h30 à Paris, entrée libre, avec José Le Roy et Lorène Vergne
réservation obligatoire: josleroy@aol.com
3)Samedi 28 et dimanche 29 novembre avec Catherine Harding et José Le Roy, Lorène Vergne, à Paris
Samedi de 14h à 17h
Dimanche de 10 h à 12H et de 14h à 17h
participation aux frais : 10 euros par demi-journée
réservation obligatoire: josleroy@aol.com
10 octobre 2009
Une photographie de Douglas Harding
J'aime beaucoup cette photo de Douglas.
30 septembre 2009
"Un mensonge : je suis humain" par Douglas Harding
Voici un article de Douglas
"Je suis humain
Nous vivons à partir d'un certain nombre de mensonges que nous acceptons comme des vérités, sans jamais les remettre en question. L'un d'entre eux consiste à dire : « Je suis humain » ou « Je suis un homme et non pas Dieu », et c'est apparemment si évident que cela va sans dire, à peu près comme ces affirmations unanimement admises : « je suis ici et pas là-bas » ou « je suis moi et je ne suis pas vous ». Mettre l'une d'elles en doute et prendre le risque de l'exprimer susciterait certainement l'inquiétude de vos parents et amis et, si vous persistiez, pourrait bien vous faire interner immédiatement en hôpital psychiatrique.
Ceci est un avertissement : SI VOUS CONTINUEZ A LIRE, C'EST A VOS RISQUES ET PERILS ! Je ne peux pas vous garantir contre les dangers que vous courez si vous poursuivez votre lecture sincèrement et faites réellement les expériences simples et faciles qui vous seront proposées - on considérera sans aucun doute que vous avez perdu la tête. (Au fait, en avez-vous jamais eu une ?) Mais vous ne courrez pas grand risque si vous prenez soin de ne communiquer vos conclusions à personne - et vous n'en courrez aucun si vous vous contentez de lire ce que j'ai à dire - c'est à dire de simplement enregistrer les mots, et si vous refusez catégoriquement de faire les expériences décrites par eux. C'est seulement dans ce cas que les mots seront pratiquement inoffensifs pour vous - ou alors (et cela revient au même) ils éveilleront en vous des sentiments pieux, banals, vaguement édifiants, mais sans la moindre valeur - et vous perdrez votre temps. Vous voilà avertis !
Pourquoi vous donner la peine d'étudier cette question avec moi, la question de votre nature humaine ? Voici trois bonnes raisons :
1- D'abord, parce que certains hommes et femmes tenus en haute estime (bien que relativement peu nombreux) ont proclamé au cours des trois millénaires passés qu'en vérité ils n'étaient pas du tout des hommes ni des femmes. Par exemple Ramana Maharshi qui affirme catégoriquement : « Je suis » est naturel tandis que « Je suis un homme » ne l'est pas. Ou cette petite histoire charmante tirée du Canon Pali :
Drona le Brahmane voyant le Bouddha assis au pied d'un arbre
lui demanda :
« Es-tu un Deva ? »
Le Très Haut répondit : « Non ».
« Es-tu un Gandharva ? »
« Non. »
« Es-tu un Yasksha ? »
« Non. »
« Es-tu un homme ? »
« Non, je ne suis pas un homme. »
Ou, comme l'a dit Jésus selon les Actes de Jean : « Ce que je semble être maintenant, cela je ne le suis pas... et c'est ainsi que je parle, détachant de moi la condition d'homme ». Ce qui nous rappelle les paroles de Rumi : « Ils virent le corps et supposèrent qu'il était un homme ». Et plus récemment, celles parmi les plusaudacieuses de Joël Goldsmith : « Celui qui croit être un homme n'a jamais ne fut-ce que commencé à pressentir la vérité spirituelle ». Si ces affirmations se révélaient justes et si vous, mon lecteur, n'étiez en fait ni un homme, ni une femme, ni un enfant, alors vous feriez mieux de laisser cette nouvelle extraordinaire pénétrer en vous, afin de vous y habituer parfaitement. Comme il serait futile de continuer comme avant - futile, peu réaliste, lamentable, lâche - de continuer à vivre avec le mensonge selon lequel vous êtes « seulement humain après tout ». En outre, quelle aventure pour vous ! expérimenter votre non-humanité ! Pouvez-vous imaginer entreprise plus aventureuse, plus passionnante, plus intéressante et plus audacieuse ?
2- Deuxièmement, il est d'autant plus important d'examiner à fond et avec un esprit largement ouvert cette question de votre véritable identité, que les maîtres ne se contentent pas de vous dire ce que vous n'êtes pas - à savoir un être humain - mais ils vous annoncent une nouvelle infiniment plus renversante encore : Ils disent que vous êtes Dieu. Oui : l'UN, l'Unique, le Seul Réel. Selon Ramana Maharshi :
"Il n'y a rien en dehors de votre Soi
Il n'y a personne d'autre.
Tout le monde sait que la goutte d'eau se fond dans l'océan, mais peu de gens savent que l'océan se fond dans la goutte d'eau."
Et voici, prises au hasard dans le monde entier, quelques autres versions du même message :
"En apparence un homme, en réalité Dieu."
Chang-tzu
"Mon MOI est Dieu."
Ste Catherine de Gênes
"La source de la religion est le sentiment que mon seul véritable moi est en fait Dieu."
A.C.Bradeley
"Peu importe combien de fois il pense à Dieu ou va à l'église, peu importe qu'il croie ou non en des dogmes religieux, si un homme reste sourd
à la question de l'existence, s'il n'y trouve aucune réponse, il ne fait que piétiner sur place, et il vit et meurt comme l’un des millions d'objets qu'il produit. Il pense à Dieu, au lieu de faire
l'expérience d'être Dieu."
Erich Fromm
3- Et c'est encore Ramana Maharshi qui nous explique clairement la troisième et dernière raison pour laquelle il nous faut examiner cette question - la raison la plus concrète que l'on puisse imaginer : « On doit réaliser son Soi pour accéder au bonheur parfait ». Ce qui revient à dire : tant que vous n'êtes pas Dieu, tant que vous n'avez pas réellement la conscience de n'être rien moins que Dieu, tant qu'il ne vous est pas naturel d'être Lui, vous ignorez ce qu'est la véritable félicité. « Lorsque vous n'êtes rien d'autre que Vous-même, vous êtes heureux » déclare Maharshi, « c'est là toute la vérité ».
Ces paroles s'adressent à ceux qui voudraient être heureux ou qui le prétendent. Je répète : qui le prétendent. Et comme elles sont belles, vraies et encourageantes, et d'une valeur inestimable si elles vous poussent réellement à les vérifier par vous-même ! Mais comme elles sont vaines si elles vous endorment dans une rêverie religieuse légèrement euphorique où vous vous imaginez ce que vous pourriez ressentir si vous étiez Dieu et par conséquent heureux ! Plus que vaines si elles attirent votre attention sur l'expérience de l'auteur et l'éloignent de la vôtre - si vous vous préoccupez de lui plutôt que de vous-même, de ce que vous n'êtes pas plutôt que de ce que vous êtes - c'est à dire : non-homme, non-femme, non-séparé, mais l'Un, l'Unique. Vous occuper de vos affaires - voilà l'objet des expériences simples qui vont suivre, et voilà pourquoi elles sont si importantes. Je vous supplie de les laisser trancher sans délai la question vitale entre toutes de savoir si vous êtes ou non un être humain, si vous êtes ou non Dieu.
Pour commencer, il vous faut avoir une idée exacte de ce qui caractérise les êtres humains. Ensuite, vous serez à même de voir si vous correspondez à cette description.
Voici donc quelques unes des caractéristiques évidentes, qui ne peuvent être sujettes à controverse, sans lesquelles des êtres ne sont certainement pas humains :
1) Si nous faisons abstraction de leurs membres (qui peuvent parfois manquer et ne sont donc pas essentiels) ils ont la forme du chiffre 8 ou d'une très grande double miche de pains ronds dont la moitié supérieure contient les organes des sens, alors que la moitié inférieure, plus grande, n'en contient pas. Des substances étrangères sont introduites dans la moitié supérieure, et évacuées par le fond de la moitié inférieure sous forme de déchets.
2) Leur taille varie de trente centimètres à deux mètres environ, et leur corpulence est proportionnelle.
3) Leur existence est limitée dans le temps - les choses éphémères durent rarement un siècle.
4) Ils se déplacent au moyen de jambes, ou de roues, ou d'ailes ou d'autres choses de ce genre.
Ce que vous devez faire maintenant pour décider si vous êtes réellement un être humain, c'est arrêter de croire ce que les gens disent que vous êtes (ils sont bien trop éloignés de vous, absolument pas en mesure de le dire) et croire plutôt ce que vous voyez que vous êtes (vous seul êtes assez proche de vous-même, vous seul pouvez connaître votre histoire intérieure, vous seul êtes en mesure d'en parler). Avant tout, il faut que vous voyiez - avec la simplicité d'un enfant - si les quatre traits caractéristiques que nous avons cités ci-dessus s'appliquent à vous. Si oui vous êtes humain. Si non, vous ne l'êtes pas. C'est aussi simple que cela. Aussi net et décisif.
Cela signifie que vous devez rassembler tout votre courage pour être la seule autorité en cette matière, au lieu de déléguer votre responsabilité à toutes sortes d'étrangers incompétents ; que vous devez être assez honnête et assez sérieux pour reprendre tout à zéro - comme si vous veniez d'apparaître - et accepter ce que vous découvrez ; que vous devez être fatigué de vivre dans un rêve, fatigué de votre crédulité et de votre manque de curiosité et avoir un besoin désespéré de faits - décidé enfin à ne pas vivre et mourir sans jamais vous être posé vous-même la question de savoir qui vit et qui meurt ; résolu maintenant à ne pas manquer cette occasion rare de trancher une fois pour toutes la question de votre nature divine.
Je vous entends d'ici me répondre : « Hélas ! c'est une tâche extrêmement difficile sinon impossible pour moi dans mon état actuel - non préparé, indécis, sensuel, tourmenté par les soucis de ce monde et les ambitions matérielles ».
Maintes et maintes fois, Ramana Maharshi a déploré cette façon faussement modeste de se chercher des excuses, de se « dégonfler ». Comme nous allons le découvrir nous-mêmes, il est plus facile de voir ce que vous êtes que n'importe quoi d'autre, et vous ne serez jamais mieux préparé ni mieux qualifié pour le faire qu'en cet instant précis. Les quatre tests suivants vont vous servir à vous examiner vous-même pour voir si vous découvrez les quatre caractéristiques des êtres humains mentionnées ci-dessus :
1) Regardez le visage d'une personne dans la pièce où vous vous trouvez en ce moment. Ou bien si vous êtes seul, regardez ce que vous voyez dans votre miroir. Ou si vous n'avez pas de miroir à portée de la main, regardez ce visage-ci :

et voyez si vous avez quoi que ce soit de semblable du côté où vous êtes. Voyez à l'évidence que vous n'êtes qu'Espace pour ce visage. Que la situation donnée est totalement asymétrique : visage là-bas - aucun visage ici ; deux petits yeux là-bas - un Œil immense ici ; des formes colorées, denses et opaques là-bas - rien de la sorte ici - Rien, Aucune Chose du tout. Constatez que la moitié supérieure de votre silhouette en forme de 8 - de votre double miche de pain - a été détachée et déposée là-bas, dans cette boîte à pain que vous appelez votre miroir. Bref, voyez que cette première investigation vous révèle déjà que vous êtes infiniment différent de tous les êtres humains que vous avez pu voir.
2) Voyez la taille des êtres humains. Sur l'évidence de l'instant présent, ne pourriez-vous pas avoir n'importe quelle taille ? Essayez de « marcher grand », aussi grand que vous le désirez, infiniment grand - avec la corpulence correspondante.
3) Voyez quelle heure il est sur votre montre là-bas. Et maintenant rapprochez-la lentement de votre œil, voyez comme ces chiffres se brouillent et disparaissent. Votre montre vous indique maintenant l'heure qu'il est ici où vous êtes - zéro heure, pas d'heure du tout. Rien d'étonnant à cela : comme vous pouvez le voir, il n'y a rien ici, rien qui puisse changer, rien qui puisse avoir besoin du temps, rien qui puisse enregistrer le temps. Là où vous êtes et Ce Que vous êtes est intemporel, éternel.
4) Levez-vous et commencez à tourner sur vous-même, et observez que c'est le plafond, les murs, les fenêtres et les portes qui tournent - au sein de votre Immobilité. Lorsque vous êtes dans votre voiture, voyez ce qui se déplace, c'est tout sauf vous - tout le paysage : poteaux télégraphiques, arbres maisons et collines - tout sauf vous.
Ces quatre exemples ne sont qu'un petit échantillon de toutes les différences qui existent entre ce que vous semblez être et ce que vous êtes, entre ce que l'on vous a habitué à croire sur votre propre nature, et votre Véritable Nature telle que vous pouvez la voir. Votre Réalité centrale et divine n'est pas un peu différente de votre apparence périphérique et humaine : à tous les égards, elle est exactement le contraire. Ainsi vous ne vous déplacez pas, vous êtes l'Immobilité même ; vous n'avez pas deux yeux, votre troisième Œil - votre Œil Divin - est unique ; votre véritable visage n'est pas votre visage humain, mais ce que le Zen appelle votre Visage Originel, qui n'est autre que la face de Dieu. Et ainsi de suite : vous pouvez continuer à explorer à loisir votre Nature Divine qui est au centre de vous-même et que vous négligez depuis si longtemps, et vous ne cesserez de découvrir un nombre incalculable de différences stupéfiantes entre elle et la nature humaine que vous avez importée et mise à sa place. Enfin, prétendu mettre à sa place. Comme si c'était possible !
Mais voici qui est plus incroyable encore : ce dont nous avons le plus besoin (cette claire vision de notre Nature Divine) est tout à fait accessible - et pourtant, c'est ce que nous négligeons le plus, nous lui résistons, nous en avons peur. De tous les faits évidents, c'est celui dont l'évidence est la plus flagrante - et pourtant, nous le dissimulons rapidement sous les écrans de fumée des émotions, les brouillards de l'intellect ou de la religion. De tous les messages, c'est le plus simple - et pourtant, c'est celui qu'on a le plus trafiqué et brouillé, comme si c'était un renseignement militaire top-secret en temps de guerre que personne ne doit déchiffrer. Simple entre tous... et pourtant il existe des bibliothèques entières bourrées de livres qui s'efforcent à prouver le contraire.
J'entends déjà vos objections : « Tout ceci n'est pas seulement simple, c'est simpliste. Excessivement, grossièrement simpliste. Il se peut que je ressemble à Dieu ici mais je n'ai absolument pas le sentiment d'être Dieu ici, pas plus que je ne pense comme Dieu. Si mon niveau de conscience était vraiment très élevé, je n'aurais jamais aucun problème pour garer ma voiture, je n'oublierais jamais un nom ou ne méjugerais jamais d'un ami - et je ne serais certainement jamais triste ou en colère. A quoi me sert-il de ressembler à Dieu si je ne puis jamais être à la hauteur de ma belle mine ? »
Objection si pertinente que je vais consacrer la fin de cet article à y répondre.
Pour commencer, jetons un coup d’œil à la tradition. Selon
la Prashna Upanishad : « Le Soi impersonnel qui voit, touche, entend, sent, goûte, pense, discerne, agit, ne fait qu'un avec le soi personnel
». Le principe fondamental des Upanishads est que c'est seulement en tant que et à travers l'Expérimentateur unique qui est dans tous les
êtres que nous percevons et ressentons et pensons et expérimentons quoi que ce soit. Et l'on trouve la même doctrine - formulée différemment,
bien sûr - dans de nombreux textes bouddhistes et sufi, ainsi que dans les écrits de grands mystiques chrétiens.
Tout ceci est bien beau, mais concrètement, comment allons-nous réconcilier l'expérience (vraisemblablement) parfaite de Dieu avec la nôtre (très certainement) imparfaite, et les réconcilier si complètement que la totalité de l'expérience se révèle entièrement Sienne. Comment allons-nous ébranler la conviction si enracinée selon laquelle bien qu'en principe nous soyons divins, en pratique nous sommes tout sauf divins ? Que si notre nature est supra-humaine, notre expérience, elle, n'est que trop humaine ?
Ici, il nous faut établir une distinction - une distinction très nette entre les deux catégories d'expériences. Appelons-les (a)
le regard tourné vers l'Extérieur (the View Out) et (b) le regard tourné vers l'Intérieur (the View In) :
a) Par « regard tourné vers l'Extérieur », j'entends
l'attention ordinaire que nous portons à ce qui se passe, au contenu
de notre expérience - que ce soit un sentiment, une pensée, une perception, une sensation ou un mélange de tout cela. Par exemple, en
ce moment vous voyez vos mains et cette page couverte de mots imprimés, plus les réflexions sur votre nature divine que suscitent ces mots, plus
les sentiments d'espoir et d'exaltation (ou d'incrédulité et de gêne) que l'idée même de votre nature divine vous inspire. On peut faire trois commentaires sur ce genre d'expérience : cela change
continuellement, c'est tellement partiel et limité que c'est au moins aussi irréel ou faux que réel ou vrai ; et c'est à la merci
des fluctuations d'éventuels sentiments tristes ou joyeux qui peuvent aussi bien nous abattre que nous stimuler. Bref, cette première catégorie
est l'expérience normale, celle que l'on attendrait naturellement d'un être humain imparfait et faillible, et en aucun cas celle d'un Etre Divin parfait et infaillible.
b) La seconde catégorie d'expérience est anormale dans le sens qu'elle est relativement rare. La flèche de l'attention n'est plus tournée vers l'extérieur, vers ce qui est expérimenté, mais vers l'intérieur, vers l'expérimentateur : elle est centripète et non plus centrifuge. Ou, pour varier les métaphores, elle se concentre sur le contenant de l’expérience qui reste immuable, et non sur son contenu toujours changeant ; sur l'Ecran vierge plutôt que sur le feuilleton très mouvementé et coloré qui apparaît dessus. La Vision Intérieure dont la vocation n'est pas de vous aider à vous souvenir, mais bien de renouveler l'expérience en vous faisant regarder maintenant ce que désigne ce doigt pointé vers vous :

en vous faisant voir effectivement cette Clarté Immense et Immaculée qui est Celui Qui Voit. En vous faisant voir Ce Que vous êtes réellement.
Quelle différence entre ces deux sortes d'expériences, entre ce Regard-ci tourné vers l'Intérieur et ce regard-là tourné vers l'Extérieur ! Aucune hésitation à attribuer le premier à Dieu et non à l'homme, à le percevoir comme la vision parfaite que Dieu a de Sa Nature parfaite. Comme la fusion du Sujet divin et de l'Objet divin, comme Dieu savourant Dieu ! En fait, attribuer cette expérience parfaite à soi-même en tant qu'expérimentateur séparé et imparfait reviendrait à faire preuve de la vanité qui a provoqué la chute de Lucifer.
Le problème alors reste entier : comment réconcilier la perfection de Dieu avec le fait qu'Il englobe toute conscience - aussi bien notre vision imparfaite lorsque notre regard est tourné vers l'extérieur, vers le monde, que notre vision parfaite lorsque notre regard est tourné vers l'intérieur, vers l'Origine du monde - aussi bien notre vision de l'irréel là-bas que notre vision du Réel ici ?
Et la solution est la suivante : c'est la vision qui est tournée vers l'extérieur qui est imparfaite, et non pas celui qui regarde. « L'imperfection » et « l'irréalité » sont du côté du monde qui est regardé et non de votre côté à vous, celui qui regarde. Elles sont du côté de votre contenu, et non de votre côté à vous, le contenant - du côté de votre feuilleton et non de votre côté à vous, Ecran immaculé. Et il n'y a rien à faire : ces « imperfections » sont ce qui permet au monde d'exister : un monde sans « feuilleton », un monde « parfait » ou « parfaitement réel » ne saurait exister. Et votre Vision tournée vers l'Extérieur, vers le monde de Dieu (tel qu'il est) procède autant de Dieu que votre Vision tournée vers l'Intérieur, vers Dieu. Des deux manières - de toutes les manières - vous êtes LUI.
« Les phénomènes sont réels quand ils sont expérimentés comme faisant partie du Soi, et illusoires quand ils sont considérés en dehors du Soi » a dit Maharshi. En d'autres termes, le feuilleton insipide devient une véritable pièce de théâtre lorsque vous
- alias Dieu - devenez son auteur. Voyez comme la pièce vous apparaît alors.
Voyez si vous pouvez continuer à coller les sur votre monde aussi inconsidérément qu'auparavant les étiquettes “MARCHANDISES DEFECTUEUSES” ou “MARCHANDISE AVARIEE” ou “ARTICLE DE SECOND CHOIX”. Voyez si vos marchandises ne sont pas finalement de très bonne qualité, voyez comme l'excellence de leur fabriquant déteint sur elles, et comme chacune porte la marque DIEU et est sous Sa Garantie Divine.
Douglas Harding"
19 septembre 2009
Echos d'atelier
Hier soir, vendredi, s'est tenu à Paris, chez moi, un atelier autour de l'enseignement de Douglas Harding.
Dans cet enseignement, il s'agit de s'éveiller à sa vraie nature; il s'agit de voir celui qui regarde en nous et qu'on identifie à tort au corps et aux pensées.
C'est par les exercices radicaux de la Vision Sans Tête qu'il devient possible de libérer l'attention de l'ignorance.
Voici quelques unes des interventions des participants.
S: Quand on voit sa vraie nature, c'est toute la vision qui s'élargit. On ne voit plus simplement une chose du monde, mais le regard s'ouvre et la sensibilité s'agrandit.
G: Quand on est identifié à son corps, on croit voir le monde à partir des yeux. Maintenant, c'est comme si j'avais reculé en moi-même; et je ne vois plus à partir des yeux mais à partir de l'espace. Je suis en réception de tout ce qui arrive.
J-F: Je n'arrive plus à me localiser. Bien sûr le corps est ici sur la chaise, mais je ne suis nulle part.
Serge : Il n'y a plus d'intérieur et d'extérieur. Je ne suis plus derrière mon visage comme derrière une façade, mais tout est un.
J-F : Dans la vision, l'amour s'élève.
C'est toujours un privilège que de pouvoir partager de manière si simple quelque chose (une non-chose!) de si profond. Quand nous voyons notre vraie nature, nous voyons la vraie nature de tous les êtres, et nous sommes UN dans cet espace.
Merci à tous.
jlr
14 septembre 2009
Atelier à Paris avec José Le Roy
Les ateliers recommencent à Paris avec José Le Roy
Comment s'éveiller à sa vraie nature ?
Par l'attention à ce que nous sommes dans l'instant présent.
Nous verrons comment retourner notre regard pour le ramener à sa source.
Il s'agit de prêter attention à ce qui regarde en nous pour permettre à la conscience de l'éveil, immense, vide et éternelle de s'ouvrir en nous.
Rien n'est plus simple, grâce aux exercices de Douglas Harding.
Rien n'est plus simple ni plus profond.
vendredi 18 septembre à 20h30 entrée libre
téléphone : 0603930627
ou josleroy@aol.com
13 septembre 2009
Christian Spiteri parle de la Vision Sans Tete
Lors du dernier stage de Vision Sans Tete que j'ai animé en Ardèche avec Catherine Harding cet été, j'ai demandé à certains amis de me parler de leur pratique. Voici l'interview de Christian.
Christian Spiteri est professeur de Qi-Gong.
Voici son site : http://www.qi-gong-yoga.com
11 septembre 2009
Vivre Sans Tête : réédition
Pendant les vacances d'été, les éditions du Courrier du Livre ont réédité le livre le plus connu de Douglas Harding :
Vivre Sans Tête
C'est le premier livre édité en français (1978), et c'est celui qui l'a fait connaitre dans le monde entier. Un chef d'oeuvre.
Catherine Harding a revu la traduction.
Voici la préface que j'ai écrite pour le livre:
Introduction
Ce livre publié en anglais en 1961 sous le nom de « On Having No Head » (et publié en français en 1978) est un classique de la littérature spirituelle du XXème siècle. Il a marqué des milliers de lecteurs, de chercheurs, d’enseignants de toutes traditions ; il a fait le tour du monde. Le secret de son succès et de sa puissante influence sur la spiritualité moderne se trouve dans la manière directe et simple avec laquelle Douglas Harding trace une voie vers l’éveil. Ce texte, d’une audace géniale, ouvre une porte nouvelle vers les plus anciennes vérités des traditions spirituelles et religieuses.
Douglas Harding
(1909-2007) est un philosophe et mystique anglais. Né dans le Suffolk à l’Est de
l’Angleterre, architecte de formation, il a, dès son adolescence, passionnément
cherché à répondre à la question « Qui suis-je ? ». C’est dans les années
quarante, tandis qu’il se trouvait en Inde, qu’il s’éveilla à sa vraie nature.
Les premières pages du livre, où il
raconte cette découverte, sont désormais célèbres : « Le plus beau jour de ma vie – ma nouvelle
naissance en quelque sorte - fut le jour où je découvris que je n’avais pas de
tête. Ceci n’est pas un jeu de mots, une boutade pour susciter l’intérêt coûte
que coûte. Je l’entends tout à fait sérieusement : je n’ai pas de
tête. »
Après cette découverte, Douglas Harding rentra en Angleterre et travailla pendant huit années à l’écriture d’un livre de philosophie The Hierarchy of Heaven and Earth (La hiérarchie du ciel et de la terre, inédit en français) dans lequel il chercha à donner sens à cette connaissance en la reliant aux grandes traditions spirituelles et aux philosophies. L’écrivain anglais C.S.Lewis, qui le préfaça lors de sa publication en 1952 reconnu dans ce livre “un travail du plus haut génie”.
Mais c’est en 1961 avec ce petit livre, “Vivre sans tête”, publié par la société bouddhiste de Londres que le public découvrit Douglas Harding. Douglas commença alors à développer des nouveaux outils pour partager cette expérience – l’éveil à notre vraie nature – avec ses contemporains, ouvrant ainsi une nouvelle voie d’éveil (la Vision Sans Tête), adaptée à notre époque moderne, ne nécessitant ni foi préalable, ni croyances religieuses, et conforme l’idéal de la science contemporaine. Cette voie s'appuie en effet uniquement sur des expériences d'attention à ce qui nous est donné dans l’instant présent, grâce auxquelles l'éveil devient enfin accessible, évident et partageable.
L'essentiel se résume ainsi : quand je regarde ce qui regarde en moi, c'est-à-dire quand je regarde dans la direction de ce qu'il y a au-dessus de mes épaules, je ne vois pas une tête, un visage ou quelqu'un mais un Espace vide, immense, sans forme et sans couleur, une pure conscience dans laquelle le monde apparaît. Je ne suis Rien et en même temps, parce que je ne suis rien, je suis tout. Je suis l’absolue non-chose, source de toutes choses. Ceci n’est pas à croire, d’ailleurs c’est incroyable, mais à tester, à vérifier.
Douglas Harding a partagé cet enseignement pendant presqu'un demi-siècle un peu partout sur la planète, animé de la conviction que la vision de notre véritable identité est la seule connaissance qu'on puisse partager parfaitement avec les autres car la pure conscience est absolument universelle et commune à tous.
Ce livre a le pouvoir de nous éveiller à nous-mêmes, à condition que nous ayons l’audace de voir ce que Douglas Harding nous invite à regarder : la vacuité infinie et sans forme, juste au-dessus de nos épaules.
José Le Roy
07 septembre 2009
Vu sur le blog de Richard Lang
sRichard Lang est un ami proche qui partage la vision sans tête un peu partout dans le monde et qui s'occupe du site anglais www.headless.org
Depuis quelques mois, il a ouvert un blog : http://www.headless.org/_blog/Headless_Blog
Sur ce blog on trouve cette video (en anglais) d'un échange entre un homme et l'enseignante spirituelle Gangaji. L'homme explique très clairement avec les mots et la méthode de Douglas Harding comment il s'éveille à lui-même.
(Vous pouvez activer les soustitres en français en activant la petite flèche en bas à droitre de l'écran)
05 septembre 2009
Nicole Maroger parle de Douglas Harding et de la Vision Sans Tet
J'ai animé un stage sur la Vision Sans Tete avec Catherine Harding cet été en Ardèche à Coeurs et Jardins.
J'ai recueilli des témoignages d'amis pour qui cette "pratique" est essentielle et qui voient leur vraie nature.
Voici le témoignage de Nicole Maroger, qui a rencontré Douglas Harding en France en 1979.
04 septembre 2009
Sommeil profond et éveil : 1
La question du sommeil profond est essentielle dans le chemin vers l'éveil, parce que si notre vraie nature est la conscience pure comment expliquer alors l'apparition du sommeil profond qui semble la faire disparaitre. Notre vie psychique n'est-elle pas anéantie de manière régulière par le sommeil, sans parler du coma ou de l'évanouissement ?

Mais d'abord y a-t-il quelque chose comme le sommeil profond? Entrons nous tous les soirs dans cet état qui dure 7 à 8 heures? Le sommeil profond est-il un état que nous expérimentons?
Avons-nous une expérience du sommeil profond?
Voilà comment les choses se passent : il est minuit, je me couche dans mon lit, j'éteins la lumière, je ferme les yeux et...
...et je les rouvre, il est huit heures du matin, la pièce est claire. C'est le matin.
Entre le moment où j'ai fermé les yeux et celui où je les ai rouverts, il ne s'est rien passé pour moi, dans ma propre expérience. Je ferme les yeux et instantanément, je les rouvre. Pas de temporalité. Rien.
Je n'ai pas d'expérience de mon sommeil. Je ne dors jamais.
C'est Douglas Harding qui le premier a attiré mon attention sur ce point fondamental; il affirmait constamment qu'il ne dormait jamais, que la conscience n'avait chez lui aucune interruption.
Il est tout à fait remarquable d'ailleurs que certains petits enfants n'ont pas connaissance qu'ils dorment. Par exemple, des enfants peuvent affirmer, après la sieste, pendant laquelle ils ont, pour un observateur extérieur, manifestement dormi, qu'ils n'ont pas du tout dormi.
Nous croyons que nous dormons parce que nous pensons avoir dormi pendant un certain nombre d'heures, mais ce n'est pas ce que nous expérimentons en Première Personne. Nous prenons en imagination le point de vue d'un spectateur extérieur sur nous-même ; nous croyons que nous dormons parce que nous nous plaçons dans une perspective de troisième personne, et nous négligeons le témoignage de la Première Personne. Ce qui est une erreur.
Le sommeil est une réabsorption du monde, de l'espace, du temps et de la causalité dans la pure conscience non-duelle et heureuse (heureuse parce que non-duelle). Mais il n'y pas de temps, donc pas de durée, juste un point métaphysique qui contient en potentialité l'univers, le temps et l'espace. Le soir le monde retourne à sa source, le matin il en émerge. Instantanément.
josé le roy


