25 mai 2012
Comme un regard d'enfant
Comment avons-nous perdu ce regard de l'enfance?
Quand avons laissé partir notre héritage de joie et de simplicité?
Où s'est envolé notre trésor de liberté?
Qui a bouché la vaste transparence emplie de l'éclat du soleil et du bruit de la pluie?
...Lorsque tout brillait simplement comme une aurore
Un voile gris s'est déposé entre nous et la force de vie
qui battait dans notre coeur puissant et délicat
Alors le monde s'est éloigné
il a cessé de danser
et je suis devenu un petit personnage très sérieux
déjà... [Lire la suite]21 avril 2012
devant ma fenêtre ouverte
Aujourd'hui, devant ma fenêtre ouverte,
venant de la mer toute proche,
le vent joue dans les feuilles des peupliers.
Un pinson chante avec lui.
Je ferme les yeux, et,
c'est dans le ciel vaste de la conscience
que les sons se disposent.
Le vent souffle ; l'oiseau chante ;
ici, à zéro centimètre, sans distance,
tout résonne et prend vie.
Intérieur et extérieur
se sont évanouis dans le grand souffle de l'océan.
Il n'y a rien d'autre à dire que le vent dans les peupliers
08 mars 2012
Simplement Voir
Je suis en train de lire un livre remarquable de Christian le Dimna sur les liens entre poésie et mystique.
Simplement Voir
Christian LE DIMNA, docteur en littérature française générale et comparée (Université de Nantes) réside au Japon depuis près de 25 ans. Il a enseigné dans les universités nationales de Tsukuba et de Hiroshima et il est actuellement professeur de littérature et de langue françaises à l’Université de la Ville de Hiroshima (Hiroshima City University)
Quatrième de couv :
Dans cet essai, les connaissances... [Lire la suite]22 novembre 2011
Les quatre sans cou
Un poème de Desnos
Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête, Quatre à qui l’on avait coupé le cou, On les appelait les quatre sans cou. Quand ils buvaient un verre, Au café de la place ou du boulevard, Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs. Quand ils mangeaient, c’était sanglant, Et tous quatre chantant et sanglotant, Quand ils aimaient, c’était du sang. Quand ils couraient, c’était du vent, Quand ils pleuraient, c’était vivant, Quand ils dormaient, c’était sans regret. Quand ils travaillaient, c’était... [Lire la suite]
23 septembre 2011
Les Centuries
Enfin, voici Les Centuries de Thomas Traherne (né en 1636 ou 1637 – décédé le 10 octobre 1674)traduits en français.
Traherne est un des plus grands poètes mystiques anglais du XVIIème siècle.
Quatrième de couverture
« Tout apparaissait Neuf et Étrange au début, ineffablement rare, et Délicieux, et Beau. J'étais un petit Étranger et à mon Entrée dans le Monde j'étais Salué et Entouré de Joies innombrables. Ma Connaissance était Divine. »
Dans la campagne galloise, au milieu du XVIIe siècle anglais... [Lire la suite]24 juin 2011
Vide comme l'espace
Vide comme l'espace
Je suis
Vide comme l'espace.
Qui pourrait me saisir ?
Je suis
Vaste comme le ciel.
Qui pourrait m'attacher ?
Je suis
Aussi profond que l'océan.
Qui pourrait me sonder ?
Je suis
Aussi fort que la terre.
Qui pourrait me combattre ?
Je suis... [Lire la suite]27 mai 2011
Le visage est lumière
Je regardais mercredi dernier les livres à La FNAC de l'avenue des Ternes à Paris, et un ouvrage a attiré mon attention par son titre : Sens et Beauté de Philippe Mac Leod.Ed; Ad Solem
Je ne connaissais pas l'auteur ; j'ai ouvert les pages au hasard et ces lignes m'ont touché :
"Tout le visage n'est que lumière. Tourné vers la lumière, lui-même se présente comme une large trouée d'azur, un abîme de clarté, un grand ciel dans notre chair. Au faîte du corps, il amorce sa transformation, il dit ce pour quoi nous sommes faits,... [Lire la suite]02 mars 2011
L'irremplaçable Vide
"Il y a quelque chose en moi,Au fond de moi,au centre de moi,Quelque chose d'infiniment arideComme le sommet de hautes montagnes:Quelque chose de comparable au point mort de la rétine.Et sans écho,Et qui pourtant voit et entend;Un être ayant une vie propre,et qui,cependant,Vit toute ma vie,et écoute impassible,Tous les bavardages de ma conscience.Être fait de néant,si c'est possible,Insensible à mes souffrances physiques,Qui ne pleure pas quand je pleure,Qui ne rit pas quand je ris,Qui ne rougit pas quand je commets une action... [Lire la suite]28 janvier 2011
La joie du regard
Hugo von Hofmannsthal (1874-1929), (extrait de la Lettre de lord Chandos ) :
« Il ne m’est pas aisé d’esquisser pour vous de quoi sont faits ces moments heureux ; les mots une fois de plus m’abandonnent. Car c’est quelque chose qui ne possède aucun nom et d’ailleurs ne peut guère en recevoir, cela qui s’annonce à moi dans ces instants, emplissant comme un vase n’importe quelle apparence de mon entourage quotidien d’un flot débordant de vie exaltée. Je ne peux attendre que vous me compreniez sans un exemple et il me faut implorer... [Lire la suite]07 janvier 2011
La clarté
Je continue de lire Jacques Goorma et c'est vraiment magnifique :
La clartéLe ciel m'a enfoncé son épée dans le frontUne profondeur secrète et nueUne clarté deboutLa conversionSiDans ta têtetu te retournesface au sans facetu voisDieuIl t'effaceRien d'autre
Le vol du Loriot de Jacques Goorma, ed. Arfuyen