09 septembre 2009
Sommeil profond et éveil : 2
Dans un message précédent, je disais que le sommeil profond compris comme un état de conscience qui dure n'existe pas. Personne ne fait, personne n'a fait et personne ne fera l'expérience d'une durée de sommeil pendant la nuit. Le monde retourne dans l' absolu le soir et en émerge le matin instantanément.
L'illusion est de croire que trois états successifs (la veille, le sommeil et le rêve) s'enchainent dans le temps.
Donc vous ne dormez jamais, vous êtes toujours parfaitement éveillé. Mais sur vous, en vous, apparaissent l'état de veille ou l'état de rêve.
Ce point de vue est également celui de l'advaita vedanta le plus traditionnel; c'est la thèse qu'on lit dans les Upanisads, et dans les commentaires de Shankara de ces textes.
Shankara : Mundaka-Bhâshya
"Le monde entier est une émanation de la conscience car on le voit disparaitre dans la conscience lors de l'endormissement et en sortir lors du réveil comme des étincelles sortent du feu."
Shankara : Brahma-Sûtra-Bhashya
"La conclusion des Upanishads est que pendant le sommeil profond, le moi s'unit à L'absolu et que c'est de cet Absolu que l'Univers émane. Le sommeil profond, état de pureté infini, représente la vraie nature du moi. Comme l'enseignent les Upanishads, le sommeil profond n'est rien d'autre que le Soi Suprême"
L'absolu est au-delà du temps, de l'espace et de la causalité. Dès lors en lui on ne trouve ni temps, ni espace ni causalité, aucune durée par conséquent.
Swami Satchidanandendra, une des plus grandes autorités du XXème siècle en interprétation des textes de Shankara et des Upanishads a reformulé ces vérités avec force contre toutes les erreurs d'interprétations de la véritable méthode de l'Advaita Vedanta. Je le montrerai dans de futurs messages.
Voir son site : http://www.adhyatmaprakasha.org/index.php
Swami Satchidanandendra
01 juillet 2009
Vivecacudamani : 5
Vidya shankara temple at Sringeri en Inde
Voici la suite de ce célèbre texte de Shankara, le vivecacudamani
le texte sanskrit est disponible ici : http://sanskritdocuments.org/all_pdf/viveknew.pdf
Le début de la traduction est ici : http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2009/06/24/14198032.html
30
Mais celui dont le détachement et le désir de libération sont intenses,
en lui, en vérité, la tranquillité, et le reste des vertus seront réelles et fructueuses.
31
Là où il y a faiblesse du détachement et du désir de libération
là il n'y a qu'apparence de tranquillité comme de l'eau dans le désert.
comm: le désir de libération est essentiel sur la voie. L'eau dans le désert désigne un mirage.
32
Parmi toutes les causes de la libération, la dévotion en vérité est la plus importante; la réunion avec sa propre forme est appelée "dévotion" (bhaktih)
comm: la dévotion ne se tourne pas vers un Dieu extérieur mais vers soi-même, car c'est en soi-même que se trouve l'absolu
32
La communion avec la réalité de son propre soi, d'autres ont dit que c'était la dévotion.
comm: ce shloka semble dire que considérer sa propre forme comme le dit le shloka précédent, c'est encore apercevoir une dualité entre soi et sa nature, mais la vraie dévotion se tourne vers le Soi intérieur sans aucune dualité.
33
Celui qui désire connaitre la réalité du Soi et qui a réussi la pratique susdite
devra s'asseoir auprès d'un maitre éveillé grâce auquel il y a libération des liens.
34
Celui qui est versé dans les Vedas, celui qui est droit, non blessé par le désir, qui a la connaissance suprême du Brahman, qui trouve son repos dans le Brahman, est apaisé comme un feu sans combustible.
comm: c'est ici une description du maitre idéal.
35
Il est un océan de compassion sans cause; il est le parent des sages qui rendent hommage.
24 juin 2009
Vivecacudamani : 4
Voici la suite de la (longue) traduction de ce texte célèbre de l'advaita vedanta : le vivekacudamani.
Dans ces shloka, Sankara décrit les qualités de celui qui aspire à l'union avec l'absolu, après avoir décrit le détachement (vairâgyam)dans le shloka précédent, il continue avec l'apaisement, la maitrise, l'arrêt, l'endurance, la confiance, la concentration, le désir de libération. Ainsi, l'aspirant doit posséder des vertus rares et difficiles à obtenir.
Merci à Alain Porte pour son aide.
22
Après être devenu indifférent à la multitude des objets des sens par la vision de leurs imperfections encore et encore,
L'établissement continu dans son propre objet est dite l'apaisement du mental (Shama)
comm: son propre objet correspond au Brahman dans lequel on doit ramener les sens.
23
Après les avoir détourné des domaines des sens, le maintient des deux organes des sens dans leur sphère respective est appelé maitrise (damah)
comm: les organes des sens sont les organes de connaissance comme l'oreille, l'oeil etc; et les organes d'action comme la parole
24
L'absence d'appui extérieur pour la fonction telle est l'ultime arrêt (uparati)
comm: les manuscrits ne sont pas d'accord ici : on lit tantôt "bâhyânâlambanam" tantôt "bâhyanâlambanam", un instrumental ou un composé mais cela ne change guère le sens.
La fonction en question est celle des sens, qui ne sont plus tournés vers l'extérieur mais vers l'intérieur , vers le Brahman. Quand on cesse de se tourner vers l'extérieur, leur fonction propre s'arrête.
25
La résistance à tous les malheurs sans opposition
et sans soucis et de lamentations est appelée endurance (titikshâ)
comm: Il s'agit ici d'être capable d'accepter tout ce qui se présente sans protestation, sans gémissement
26
La certitude par la compréhension de la vérité des traités et des paroles du maitre
est appelée la confiance (shraddhâ) par les sages, confiance par laquelle la réalité est perçue.
27
De tous temps l'établissement de la pure intelligence dans le brahman en tout temps
cela est appelé concentration (samâdhânam) mais pas le flottement de la pensée.
comm: les manuscrits ne sont pas d'accord sur ce passage. On lit au début tantôt "sarvadâ" (de tous temps), tantôt "samyag" (complet)
28
Les liens qui commencent par le moi et s'achèvent par le corps, fabriqués par l'ignorance, le désir de s'en libérer grâce à l'éveil à sa propre nature est appelé désir de libération (mumukshitâ)
29
Celui-ci, même sous une forme faible ou moyenne, par l'absence de passion et par la tranquillité (shamâ) etc., par la bonne disposition d'un guru, ce désir complètement développé porte un fruit.
Le début de la traduction se trouve dans les messages suivants :
http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2009/06/03/13950820.html
http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2009/05/12/index.html
http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2009/05/04/index.html
03 juin 2009
Vivekacudamani 3 : suite
Voici la suite de ma traduction du sanskrit de ce célèbre texte du Vedanta attribué à Shankara : le vivekacudamani.
Merci à mon professeur Alain Porte pour son aide.
12
Grâce à la discrimination complète, la certitude de la réalité de la corde est obtenue,
qui détruit le malheur dû à la peur du grand serpent apparue chez celui qui est dans l'illusion.
Commentaire: l'homme prend une corde pour un serpent et a peur. La discrimination nous montre que la corde n'est qu'une corde et non un serpent, et nous sommes ainsi délivrés de la crainte. Allégorie fréquente dans le vedanta.
13
La certitude de la réalité est vue grâce à la
réflexion à partir des paroles justes
et non par une ablution ou par un don ou par cent exercices de respiration.
14
L'accomplissement du fruit veut des personnes
compétentes (engagées) spécifiquement ;
les moyens habiles tel un lieu, un moment etc., sont parmi cela de bons expédients.
15
C'est pourquoi la réflexion doit être faite pour
celui qui aspire à la connaissance de la réalité du Soi,
s'étant approché d'un maitre, océan de compassion, connaisseur excellent du Brahman.
16
Un sage, un mâle, un savant, clairvoyant sur la thèse et l'antithèse,
l'homme habile dans la connaissance du Soi est celui qui est caractérisé par les signes énoncés plus haut.
17
Pour celui qui est doué de discrimination et de détachement, qui possède les caractéristiques de calme etc,
pour celui qui désire être libéré en effet, on estime qu'il y a capacité pour le désir de connaitre le Brahman
18
Ici les quatre pratiques sont énoncées par les sages,
en présence desquelles il y a établissement dans l'être, et en l'absence desquelles cet établissement ne se produit pas.
19
On compte, d'abord : la discrimination entre les choses éternelles et non éternelles ;
puis, le détachement de la jouissance des fruits ici-bas et dans l'autre monde,
puis l'obtention des six (vertus) en commençant par la tranquillité (shama) et enfin le désir de libération.
20
La certitude de cette sorte : "Brahman est réel, le monde est une illusion",
c'est bien celle-ci qui est exprimée en tant que la discrimination entre les choses éternelles et non-éternelles
21
Cela est détachement qui est le désir de renoncer par la vision et l'écoute etc,
les objets de jouissance qui commencent par les corps jusqu'à Brahma étant transitoires.
12 mai 2009
Vivecacûdâmani 2
Je continue la traduction de ce texte célèbre de l'Advaita Vedanta :
6
Qu'on lise les traités ou qu'on sacrifie au Dieux ou qu'on fasse des actes rituels ou qu'on honore les divinités,
sans l'éveil à son identité avec le Soi, la libération ne peut être réalisée même au cours d'une centaine de durée de Brahma.
7
En ce qui concerne l'immortalité, il n'y a aucun espoir avec la fortune, dit en effet l'écriture, étant donné que clairement l'acte n'est pas la cause de la libération.
8
C'est pourquoi, le sage, après avoir rencontré un guide saint et grand, s'efforcera pour la libération, étant celui qui a abandonné le désir pour le plaisir causé par les choses extérieures , lui dont l'âme est concentrée sur les choses enseignées par lui (le maitre).
9
Il soulèvera le Soi du soi immergé dans l'océan du samsara
après avoir atteint le sommet du yoga par l'état de la vision complète
10
Après avoir renoncé à toutes actions pour la libération des liens de l'existence
qu'on s'efforce avec les savants et les sages qui se tiennent dans la méditation du Soi.
comm :Alain Porte me fait remarquer que yatyatâm est un impératif passif de la racine YAT- s'efforcer. C'est une forme impersonnelle : qu'un effort soit fait par.
11
L'action est pour la purification de la pensée mais non pour la perception de la réalité;
l'accès à la réalité s'obtient par la discrimination pas du tout par dix millions d'actions.
04 mai 2009
Vivekacûdâmani attribué à Shankara
Voici la traduction du sanskrit du vivekacûdâmani attribué à Shankara.
C'est un des textes essentiels de l'advaita vedanta. Il est très long :580 paragraphes souvent de deux shlokas (vers) ce qui fait plus de mille vers. On verra bien si on arrive au bout...
En tout cas, c'est toujours sous la direction de mon professeur de sanskrit Alain Porte, généreux, savant et pénétrant que j'entreprends cette aventure.
Il existe différentes traductions de ce texte en anglais, notamment par le jagadguru shri Candrashekhara Bharati (1892-1954) un des maitres du monastère de Sringeri en Inde, monastère dit-on fondé par Shankara lui-même.
Le précieux bijou de la discrimination

1
Je salue le vrai maitre, Govinda, la suprême béatitude, lui qui est au-delà des sens, et qui a pour domaine le but suprême de tous les traités du vedanta.
Comm: Govinda fut le maitre de Shankara, mais ici Govinda est également Brahman, l'absolu, qui est en effet au-delà des sens. Shankara identifie son maitre et l'absolu.
2-Parmi les créatures vivantes, la naissance en tant qu'être humain est difficile à obtenir, ensuite difficile le fait de naitre mâle, ensuite difficile de naitre Brahmane, et ensuite difficile de se vouer à la voie de l'enseignement védique; mais la sagesse (vidvattam) est au-delà.
Comm: Il vaut mieux naitre homme que femme...
3-La discrimination ( vivecanam) entre le Soi et le non-Soi, l'expérience profonde par son Soi dans le Brahman, l'état de libération ne peuvent pas être atteints au cours d'un milliard de naissances sans les bonnes actions.
4-Après avoir obtenu d'une façon quelconque une naissance humaine difficile à obtenir, la masculinité même, la connaissance de l'écriture, celui qui, à l'esprit confus, ne s'efforce pas pour sa libération, tuant son âme, se suicide du fait qu'il saisit l'irréel.
5
Donc qui est celui à la pensée stupide, négligeant avec son propre intérêt , après avoir obtenu l'humanité, difficile à obtenir et même un corps masculin?
à suivre...
16 mars 2009
Un nouveau livre de Balsekar
Les editions Accarias-Originel viennent de publier un nouveau livre de Balsekar qui contient des lettres de Balsekar adressées à ses disciples ou à ses visiteurs à la fin des années 80.
Ramesh S. Balsekar est un maitre indien vivant à Bombay. Directeur de la « Bank of India », il rencontre le sage Nisargadatta Maharaj peu de temps après avoir pris sa retraite. Très vite il commença à traduire ses entretiens chaque matin pour les occidentaux qui se pressent alors dans la soupente de Maharaj. La Compréhension Ultime se fait jour en lui quelques mois plus tard.
L'enseignement est toujours le même, de livre en livre :
-l'individu est une illusion
-le fonctionnement de la manifestation est impersonnel et nécessaire
-tout est conscience
-notre vraie est nature est la Réalité, la suprême subjectivité, la conscience
-la libération de l'illusion surgit par la compréhension
-la compréhension se produit de manière impersonnelle.
jlr
"La question se pose alors : Qu'y a-t-il donc à faire? Il ne peut y être répondu que par une autre question : À faire par qui ? Tout ce qui est, est Conscience, et « l'être humain » n'est simplement qu'un objet dans la manifestation inconcevablement fantastique et son fonctionnement impersonnel auto-généré. Si seule existe la manifestation impersonnelle et son fonctionnement auto-généré, le fait unique et simple qui en ressort est que l'être humain comme entité séparée est tout simplement un concept, une illusion. Et un simple concept, une simple illusion, ne peut avoir ni obligations ni responsabilités d'aucune sorte, ou encore ni culpabilité ni remord dont il pourrait souffrir - précisément comme le personnage d'un rêve individuel dont les facéties ne peuvent qu'être vues d'un regard témoin neutre et sur lesquelles il n'est jamais possible d'intervenir. Une telle acceptation équivaut à un immense sentiment de liberté ou de soulagement, qui se trouve souvent décrit de façon erronée (donnant lieu à beaucoup de malentendus) comme étant Félicité ou Amour. Mais, quelle que soit la manière dont elle est décrite ou étiquetée (assez inutilement), la Vérité suprême est qu'elle n'est pas un objet à atteindre ou à accomplir par l'illusoire être humain à travers un quelconque effort, tout aussi illusoire." Balsekar, p 41
Voici la quatrième de couverture:
« ...l’illumination ou la compréhension, c’est l’éviction du sentiment d’un agir personnel et autonome qui a engendré la séparation en tant qu’entité indépendante...
Les mots à la fois écrits et parlés deviennent nécessaires pour provoquer une situation où l’intellect, à un moment précis, rend les armes et où l’ego, nu et vulnérable, est démasqué comme le simple concept qu’il est.»
Les lettres qui suivent, adressées à deux disciples en qui la recherche tire à sa fin, représentent un parfait condensé de l’enseignement de Ramesh S. Balsekar à la fin des années quatre-vingt.
Claires, touchantes, pleines d’une patiente compassion pour les tourments dont ses interlocuteurs sont le théâtre, elles sont émaillées d’anecdotes personnelles tirées de sa relation avec Nisargadatta Maharaj et de ses rencontres avec des visiteurs en quête de vérité du monde entier.
Jamais dupe des limitations de l’esprit et de l’intellect, Ramesh s’en sert ici à merveille pour accompagner ses correspondants dans l’inéluctable reddition de tout concept. Un lâcher-prise spontané qui préfigure et annonce l’advenue d’une aperception en laquelle ils sont sur le point de se perdre pour toujours et de se retrouver à jamais.
12 mars 2009
Nisargadatta Mahraj : Eveille toi à l'éternité : 3
Voici la suite de la video sur Nisargadatta Maharaj, maitre indien de Bombay.
08 mars 2009
Nisargadatta Maharaj : Eveille toi à l'éternité : 2
Voici aussi un extrait de son livre d'entretiens "Je Suis" où il est question de Douglas Harding:
Extrait de l'entretien n° 28 extrait du livre de dialogues de Nisargadatta Maharaj: Je Suis
Question : Je viens d'un pays lointain. J'ai fait mes propres expériences intérieures
et j'aimerais que nous échangions nos impressions.
Maharaj : Tout à fait d'accord. Vous connaissez vous vous-même ?
Q : Je sais que je ne suis pas le corps. Pas plus que je ne suis le mental.
M : Qu'est-ce qui vous autorise à parler ainsi ?
Q : Je sens que je ne suis pas dans le corps. Il me semble occuper l'espace, être
partout. Et en ce qui concerne le mental, je peux, pour ainsi dire, le brancher et
le débrancher à volonté. Ceci me fait ressentir que je ne suis pas le mental.
M : Quand vous sentez que vous occupez tous les endroits du monde, restez-vous
séparé du monde ? Ou bien, êtes-vous le monde ?
Q : Les deux. Il m'arrive de sentir que je ne suis ni le corps ni le mental mais un
regard unique percevant tout. Quand je plonge plus profondément dans cette
sensation, je suis tout ce que je vois, et le monde et moi ne faisons qu'un.
…M : Comment êtes-vous parvenu à votre état présent ?
Q : L'enseignement de Sri Ramana Maharshi m'a mis sur la voie. Puis j'ai
rencontré un certain Douglas Harding qui m'a montré comment me pencher
assidûment sur « qui suis-je ? »
M : Est-ce que cela fut soudain ou progressif ?
Q : Réellement soudain. Comme quelque chose de totalement oublié qui resurgit
dans le mental. Ou comme un éclair de compréhension. « Que c'est simple, ai-je
dit, que c'est simple ; je ne suis pas ce que je pensais être ! Je ne suis ni le perçu
ni celui qui perçoit ; je ne suis que l'acte de percevoir. »
M : Pas même l'acte de percevoir, mais ce qui rend tout cela possible.
...
09 février 2009
Douglas Harding, Ramana Maharshi et l'illusion d'être un corps
Dans son livre "Vivre Sans Tête" Ed. Le courrier du Livre 1978, (P98) Douglas Harding en introduction aux exercices qu'il développe à la fin de son livre cite d'abord Ramana Maharshi :
"L'illusion qui consiste à dire " Je suis le corps " est la cause de tous nos maux. Cette illusion doit disparaître. C'est là la réalisation. La réalisation ne consiste pas à acquérir quoi que ce soit de neuf, pas plus que ce n'est une nouvelle faculté. Cela consiste à supprimer tout ce qui est camouflage.
La vérité suprême est simple... Mais les gens ont soif de quelque chose de sophistiqué, d'attrayant et d'énigmatique.
Même dans la plus complète obscurité quand un homme ne voit pas sa propre main, il répond tout de même " Je suis ici ".
L'homme spirituel n'est pas son corps. Il est sans limites et sans formes.
Toute forme, tout aspect est cause de troubles.
Le Soi est chose évidente.
Qu'attendez-vous ?"
Douglas Harding écrit ensuite :
"Etes-vous capables de voir que vous n'êtes pas votre corps, que vous n'êtes pas un " objet " du tout? Ce fait s'impose-t-il l à vous avec toute la clarté et la force de l'évidence? A la lecture des citations qui précèdent, partagez-vous sans difficulté le point de vue de Ramana Maharshi ? Dans l'affirmative, ce chapitre ne vous apprendra rien que vous ne sachiez déjà.
Si vous ne saisissez pas de quoi il parle, et si vous n'avez aucune envie d'approfondir la question, abandonnez ce livre, ne perdez pas votre temps.
Mais si, ne comprenant pas, vous tenez vivement à vous mettre au fait, je vous invite à réaliser quelques expériences.
Comment aborder ces exercices ?- Il est plus qu'inutile, il est même nuisible de vous contenter de lire. Ces exercices doivent être faits.
- " La vérité suprême est simple... " écrit Ramana Maharshi, et le Christ déclare : " Si vous ne devenez pas comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. " Soyez comme des enfants, ou si vous préférez comme des expérimentateurs dignes de ce nom : ouverts, simples et honnêtes. "





