La première sensation que j'ai eu lorsque l'éveil survint fut celle-ci : "J'ai disparu".

Jusque là, je me vivais comme un observateur logé dans la tête, quelque part derrière les yeux.

Soudainement, l'observateur avait disparu.

A sa place, il y avait un Rien intensément vivant rempli par le monde, brillant de mille feux.

C'est encore vrai maintenant : "j'ai disparu".

Si vous cherchez Celui qui regarde le monde, vous ne trouverez Rien, mais un mystère vivant, un abime conscient, une gigantesque ouverture, une Présence sans limite.

Et dans cette vacuité, le monde, avec toutes ses rivières, toutes ses étoiles, ses arbres, ses animaux et ses personnes s'engouffrent immédiatement.

Et le Rien devient toutes choses.

jlr