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Photo Matt Burgess

 

La non-dualité est la traduction du mot sanskrit « advaita » (en tibétain gÑis-med, en chinois pu-erh, en japonais fu-ni), qui signifie non-deux. Mais cette expression « non-dualité » est extrêmement complexe et renvoie à plusieurs choses.

Dans l’advaita vedanta indien, on entend par ce terme la non-dualité entre le moi individuel (atman) et l’absolu (Brahman). Les Upanishads et plus tard Shankara développent la thèse qu’il n’y a pas de différence entre l’individu et l’universel, car ultimement l’individu est une illusion. Nous avons cru à tort à la réalité du moi, mais ce moi est en réalité le Soi, unique, non-duel et universel.

La non-dualité c’est aussi la non-séparation entre le sujet (par exemple celui qui regarde) et l’objet (ce qui est regardé). Cette séparation apparente est dépassée dans l’expérience d’une connaissance non-duelle. On trouve cette non-dualité sujet/objet dans l’advaita vedanta, ou le bouddhisme par exemple.

La non-dualité pointe aussi vers la non-séparation de l’absolu et des phénomènes, ce que les bouddhistes indiquent par la non-séparation entre nirvana et samsara.

La non-dualité peut aussi signifier la non-séparation de l’acteur et de l’action. En général, nous pensons qu’un « moi » agit, qu’il y a un agent libre et responsable qui va entreprendre une action dans le monde. Mais dans l’action non-duelle, on ne trouve aucune différence entre un agent et une action. C’est à ce genre d’action que renvoie le concept taoïste de wei wu wei par exemple (non agir)

La non-dualité peut aussi désigner - dans le domaine des valeurs - la non séparation du bien et du mal. Bien et mal sont perçus comme deux pôles illusoires qu’il faut dépasser dans une perspective par-delà le bien et le mal (comme chez Nagarjuna par exemple).

Comme on le voit, la non-dualité est un concept complexe, et savoir si de telles non-dualité se retrouvent dans la philosophie occidentale nécessiterait une approche nuancée.

josé le roy