J'ai participé aux journées Emergences à Bruxelles, organisée par Ilios Kotsou et Caroline Lesire.

C'était formidable et très inspirant.

A la fin de le journée, Matthieu Ricard a parlé de la présence éveillée:

Devant 2500 personnes, tout de même.

Matthieu parle sans notes et semble improviser.

Voici un extrait de mon enregistrement.

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"Limpidité, clarté, transparence, c'est la présence éveillée, quelque soit le nom qu'on lui donne.

Elle est toujours là quoiqu'il arrive, qu'on la remarque ou non.

Toujours présente, qu'il y ait peu de pensées, beaucoup de pensées.

Cette présence ouverte, cette présence illimitée est toujours là.

Et on pourrait dire qu'à mesure, soit que les pensées se décantent, soit qu'on devient plus habile, expérimenté, familier, on a la capacité de voir en permanence cette faculté lumineuse de l'esprit qui est derrière toute cette agitation mentale, qui apparait plus clairement quand les pensées se calment momentanément, comme après un orage quand le ciel se dégage, on remarque d'autant plus le ciel immaculée de l'espace.

A mesure où on apprend à reconnaitre cela, à se reposer dans cela, à laisser les pensées survenir et se défaire sans effort; comme un oiseau qui passe dans le ciel sans laisser de traces. On laisse les pensées reposer dans leur état naturel, comme une feuille qui tombe et qui se pose.

Cette présence éveillée est toujours là. Pour le contemplatif, c'est une expérience extrêmement riche en potentiel.

En effet, si les travers de l'esprit humain qui se mélangent parfois à la lumière, et qui parfois se réifient sous la forme de haine, d'obsessions, d'intolérance, si cela faisait vraiment partie de manière solide, intrinsèque de ce qu'Alexandre Jollien appelle le "fond du fond", c'est-à-dire cette présence éveillée qui est toujours présente, à ce moment là ce serait totalement sans espoir d'essayer peu à peu de laisser ces toxines mentales s'évanouir ddu flot notre conscience.

Mais si effectivement, comme tout le reste, ce ne sont que des constructions qui résultent de facteurs, de conditions, et de causes multiples, qui sont impermanentes et fluctantes par nature, alors, dans ce cas là, on comprend que tout cela est le résultat d'un nombre incalculables de constructions mentales, mais qu'aucune d'entre elles n'est intrinsèque à cette présence éveillée, qui est la réalité ultime du contemplatif, pas plus que la plante médicinale ou un poison dans l'eau ne font partie intrinsèquement de l'eau, qui n'est pas modifié par là.

Alors on se relie à cela ; c'est une manière de retrouver la réalité de l'expérience pure.

Cette présence éveillée permet de donner de la valeur à chaque instant qui passe."

Matthieu Ricard