Je me réjouis du succès de la méditation en France, et en Europe, mais je suis sensible au fait que la méditation est parfois complètement déconnectée de sa dimension spirituelle.

La méditation ce n'est pas juste une méthode de relaxation, ou de gestion de stress, c'est - depuis 2500 ans - un chemin d'éveil, qui permet de prendre conscience de la présence universelle (quel que soit le nom qu'on lui donne).

Je suis d'accord avec les réflexions de Thierry Janssen ci-dessous, qui insiste sur cette dimension spirituelle.

J'avais fait une petit video là-dessus

 

 

jlr

 

méditation 1

Thierry Janssen :

Il me paraît important d'insister sur ce fait car la méditation en pleine conscience (mindfullness) est actuellement très populaire. Sa pratique régulière apaise le mental, améliore la concentration, détend le corps et exerce des effets très bénéfiques sur la santé. Cependant, il serait dommage de laisser croire qu'elle suffit pour accéder au plein potentiel des pratiques méditatives et contemplatives. La méditation ne peut être réduite à une simple technique
de relaxation qui permet de réduire le stress et de vivre mieux. Il ne faut pas oublier qu'elle fait partie patrimoine spirituel de l'humanité. Même à son plein potentiel, la méditation permet d’aller au-delà du mental (mind) pour comprendre la nature de l’esprit (spirit). Elle est la voie d’éveil de la conscience.

Aurélie Godefroy :

Vous insistez beaucoup sur la dimension spirituelle de la méditation. N'est-ce pas aller à l'encontre des efforts effectués ces dernières années pour introduire la méditation dans la vie laïque ?

Thierry Janssen :
Insister sur la dimension spirituelle, c'est éviter de dénaturer le trésor qu'est la méditation. Il y a deux ans, je parlais de cela avec Jon Kabat-Zinn, le biologiste américain qui a œuvré à l'introduction de la méditation en pleine conscience dans les hôpitaux puis. auprès d'un large public. Il me disait se méfier du mot « spiritualité» car celui-ci est souvent mal compris. Je lui ai répondu que refuser de parler de la dimension spirituelle de l'expérience humaine revient à nier une ressource fondamentale qui a permis à l'espèce humaine de perdurer jusqu'à nos jours. Il s'agit de ne pas confondre la spiritualité et les religions. Les religions naissent d'une intuition spirituelle mais, à force de se perdre dans des élucubrations mentales, elles finissent parfois par manquer de spiritualité. On peut avoir des croyances et une pratique religieuse sans vraiment explorer une vie spirituelle, de la même manière que l'on peut explorer une vie spirituelle sans adhérer à la moindre croyance ou pratique religieuse. Je pense qu’il faut oser parler de spiritualité car notre monde a besoin de mieux respecter la vie en nous et autour de nous. Le tout est de faire une bonne pédagogie afin d’éviter les amalgames et les confusions : « Ce sera ton job dans le futur » m'a rétorqué Jon Kabat-Zinn en arborant un large sourire. »

aurelie

Aurélie Godefroy et Thierry Janssen