Mon ami Pierre Bonnasse vient de publier un nouveau livre sur le yoga nidra.

J'en ai commencé la lecture et c'est vraiment un livre très complet sur ce yoga du sommeil.

pierre-bonnasse

 

 

 

"Cet ouvrage nous plonge au cœur de la spiritualité du Yoga en général, et du « Sommeil du Yoga » (Yoga-Nidrā) en particulier. Sous la forme de méditations guidées, le Rosaire du coeur décrit non seulement 108 exercices inspirés des enseignements traditionnels de l’Inde (yoga, vedānta, tantra et bouddhisme), à pratiquer indépendamment, en posture assise ou allongée, à n’importe quel moment du jour et de la nuit, mais il invite aussi et surtout à les conjuguer, selon une méthodologie simple et clairement expliquée, pour composer vos propres séances de Yoga-Nidrā. Ce Rosaire offre ainsi une infinité de combinaisons possibles qui constituent autant de séances originales, permettant d’explorer en profondeur l’ensemble des structures de l’être et des états de la conscience, afin de les observer, de les comprendre et de laisser se dévoiler le Soi véritable et immuable qui est le Cœur de la vie spirituelle et le but du Yoga, au-delà de la veille, des rêves et du sommeil profond. (...)

La méditation véritable, qui est l’essence même de Yoga-Nidrā, n’est donc pas une action, un faire, mais la nature même de ce que nous sommes vraiment : elle se confond avec notre état naturel. Elle ne consiste ni à répéter une formule ni à scanner le corps de part en part, bien qu’il faille pour la plupart d’entre nous en passer par là. Tout au plus, elle consiste à se laisser baigner dans ce rien vivant, en marinant dans l’espace vide de la conscience, sans s’identifier à son contenu mais en demeurant en tant que pur espace, en tant que pur « je suis ». Le non-être, le non-avoir, le non-faire, le non-savoir, le non-vouloir sont alors éprouvés comme une seule et même Saveur, sans objet. En marinant dans cet Espace, même les impressions d’être rien ou d’être tout s’effacent pour juste laisser la place à Ce qui est. C’est indescriptible – on peut seulement dire que cette Saveur est débordante de paix, de joie et d’amour, même si ces mots ne sont encore qu’un pâle reflet de Cela.

 Yoga-Nidrā, notamment en jouant sur l’observation de l’endormissement, offre ainsi l’un des meilleurs cadres à cette reconnaissance. Tant qu’il y a un effort pour essayer de maintenir la conscience dans le sommeil, « pour garder une partie de l’esprit éveillée tandis que l’autre dort », comme l’affirment souvent certaines définitions erronées de Yoga-Nidrā, il y a échec. Justement parce que la personne s’invite, parce que c’est le moi-ego-mental qui essaye, et celui-ci, n’étant qu’une pensée, est condamné à inexorablement disparaître quand le corps s’endort. Il s’agit donc simplement de demeurer dans son état naturel et de reconnaître que la Conscience de l’endormissement ne s’endort pas, de la même façon que la Conscience d’une douleur ne souffre pas ou que la Conscience de la couleur rouge n’est pas rouge. La Conscience est simplement témoin de la structure corps-esprit en train de s’endormir, de dormir profondément, de rêver ou d’agir dans l’état de veille. Je (en tant que Soi) ne disparaît pas mais assiste à la disparition. C’est tout. L’état de veille, qui était perçu comme une continuité, en cristallisant l’idée d’être une personne séparée à cause de l’identification au nom, à la forme et à la mémoire, est également vu comme instable, fait de phénomènes constamment changeants à l’instar de l’état de rêve. Cette personne apparaît avec la naissance et l’état de veille, et disparaît avec le sommeil profond et la mort du corps. Si je perçois ceci et cela, c’est que je ne suis ni l’un ni l’autre. Yoga-Nidrā ne cherche ni à introduire quelque chose qui ne serait pas là, ni à le fabriquer, l’inventer, le créer, le développer ou même l’atteindre. Yoga-Nidrā n’invite qu’à reconnaître ce qui est déjà là et naturellement parfait en chacun de nous."

Pierre Bonnasse