(repost 2011)

goorma

"Ce n'est pas à travers les trous oculaires que je vois. 

C'est à travers un oeil qui est derrière et au-dessus. 

Un oeil qui est chez moi et fait comme chez lui. 

Comme chez toi. 

C'est un regard impersonnel. 

Ce qu'il voit au dehors, est personnel. 

Ce qui est dehors, apparaît et disparaît. 

Mais cet oeil qui voit tout n'est jamais apparu, c'est simplement une ouverture qui laisse sa place au monde."

 

 

 "Je vais aller là où je ne suis jamais allé, là d'où je ne suis jamais parti. 

Revenir au séjour que je n'ai jamais quitté. 

Ce lieu abstrait, comparable au ciel immense, vide, lumineux, sans limite ni contour. 

Il n'est que de se retourner vers lui, vers ce que fondamentalement nous sommes. 

Retourner le regard vers sa source. 

Plonger dans la fontaine obscure d'où surgit le regard. 

Devenir ce qu'il n'a jamais cessé d'être. 

Une lampe allumée dans la nuit des tempes. 

Car le ciel n'est rien d'autre qu'un regard."

 

 

 "Nous regardons à partir d'un oeil immense, plus vaste que le monde. 

Je suis un espace pour le monde. 

Et l'espace sans le monde, se connaîtrait-il ? 

Disparaître à la faveur du monde. 

Voilà la vraie courtoisie.

Céder sa place à la beauté. 

Elle chante derrière la porte."

Jacques Goorma, Le séjour

Arfuyen 2009