Après Luis Ansa, la voie du sentir et Le bonheur quoiqu'il arrive (avec Armelle six), nous publions aux éditions Almora le nouveau livre de Robert Eymeri

 

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Extrait : Introduction :

 

"INTRODUCTION

 

C’est avec des livres, vers l’âge de quinze ans, que j’ai commencé à faire mes premiers pas sur le chemin. J’ai rencontré l’enseignement de Gurdjieff, celui de Jésus, celui aussi extraordinairement riche de l’Orient. Puis il m’a fallu un guide et je me suis engagé durant une dizaine d’années auprès de Jean Klein qui fut mon premier maître dans les pratiques de la voie directe.

 Lorsque Jean Klein partit vivre aux États-Unis, j’ai rencontré et suivi différents enseignants de différentes traditions puis je suis tombé amoureux de cet « art du sentir » que proposait Luis Ansa et qui était pour moi si sensible, si libre et si féminin. Je suis resté une vingtaine d’années auprès de cet homme jusqu’à ce moment où, sa main dans ma main, il rendit son dernier souffle et quitta ce monde.

 Sur ce chemin, il y eut également des chocs comme ceux que je reçus en face de Ma Ananda Mayi, de Krishnamurti ou du maître soufi Hassan Dédé de la lignée de Rûmî. Il y eut encore des rencontres et des amitiés avec des enseignantes et des enseignants contemporains qui me marquèrent chacun à leur manière. Puis un jour, une évidence s’imposa, l’attention se tourna vers elle-même et la liberté intérieure fut reconnue. Commença alors l’approfondissement et l’agrandissement de cette liberté à toutes les situations, à toutes les relations. En réalité, commença l’acceptation et la célébration de la vie ordinaire.

 Jean Klein et Luis Ansa m’ont montré l’essentiel. J’ai ensuite cheminé par moi-même, réinventé ce qui avait été reçu afin de trouver mes propres mots et ma propre forme pour énoncer la joie qu’il y a à être là, à vivre dans la présence. Cette école du féminin par laquelle Luis Ansa m’a fait passer, cette écoute de l’écoute que j’ai apprise auprès de Jean Klein, m’ont naturellement préparé à vivre dans l’ouverture et dans cette ouverture un regard nouveau s’est posé sur mon héritage culturel et religieux.

Un soir d’hiver, je suis entré en résonance avec cette grande figure féminine que l’on appelle Marie. Dans la mystique chrétienne, Marie n’est pas seulement la mère de Jésus, elle est celle qui enfante la conscience christique, celle qui engendre l’amour en chacun de nous, celle qui génère la grâce. Elle est cette matrice infinie qui nous met au monde dans notre humanité profonde. Plus je côtoyais cette dimension d’amour absolu, plus j’avais envie de faire des ponts entre notre héritage chrétien et les pratiques contemporaines de spiritualité.

 Durant ces deux dernières années, j’ai eu l’impression que sa présence me guidait, m’inspirait, me conseillait et c’est dans cette proximité avec elle qu’un désir d’écriture est né.

 Ce livre parle de la relation que l’on peut avoir avec ce qui, en nous, est plus grand que nous. Il nous invite à ne pas rester dans notre inertie, dans notre solitude, dans le monde étroit de notre mental et de notre égocentrisme. Il nous propose de sortir de la peur et de nous ouvrir à l’abondance de l’amour, un amour qui ici n’a pas de contraire et n’est pas l’opposé de la haine ; un amour qui nous apprend une autre façon d’être au monde, sans compétition, sans ennemi, sans bouc émissaire, sans victime et sans bourreau.

 Nous vivons aujourd’hui une époque charnière. D’un côté, se joue une fin de civilisation avec ses violences quotidiennes, ses barbaries et ses catastrophes annoncées ; et d’un autre côté, émerge le désir d’une nouvelle humanité, plus sensible, plus respectueuse du vivant et de notre environnement. Face à cette situation, nous pouvons refuser de voir ce qui se passe et essayer coûte que coûte de continuer à vivre comme on a toujours vécu ; nous pouvons également opter pour la peur et les discours de fin du monde ; ou croire que nous sommes fondamentalement impuissants et qu’il en a toujours été ainsi. Mais nous avons aussi une autre possibilité : suivre cet appel intérieur qui nous invite à grandir, à changer de niveau de conscience pour entrer dans l’expérience de la présence.

Quand on décide de s’aventurer sur ce chemin, de devenir un « porteur d’amour » comme disait Luis Ansa, on sait que plus rien ne sera comme avant. Une nouvelle vie commence. On s’embarque dans un voyage qui n’aura pas de fin ni de frontières. En fait, ce sont les portes du Royaume qui s’ouvrent.

Mais quelles que soient nos convictions ou notre foi, le chemin implique toujours, à un moment ou un autre, un travail sur soi. On quitte alors le plan de l’érudition, de l’interprétation, de l’adoration pour se confronter à la mise en pratique de l’enseignement et à son expérimentation. C’est à cette concrétisation, à cette incarnation de l’amour, que ce livre vous invite.

 Alors, par quoi commencer ? Où est le point de départ ? C’est simple. Le point de départ, c’est moi. Tel que je suis, là, en cet instant."

Robert Eymeri