Je reposte ce message vieux d'un an, pour ami un peu déprimé ces temps-ci.

En espérant que Rumi puisse l'aider.

jlr

 

 

"Chaque matin, une nouvelle arrivée

Une joie, une dépression, une mesquinerie
Un moment de pleine conscience qui arrive
Comme un visiteur inattendu

Accueille-les et reçois-les tous !
Même s’ils sont une foule de chagrins
Qui balaye violemment ta maison
La vide de son mobilier

Continue à traiter chaque hôte honorablement
Ils sont peut être en train de te vider
Pour faire place à de nouveaux délices

La pensée sombre, la honte et la malveillance,
Accueille-les à la porte en souriant
Et invites-les à rentrer

Sois reconnaissant pour quiconque arrive,
Car chacun d’eux a été envoyé
Comme un guide venant de l’au-delà"

Poème de Rumi

 

 

 

 

J'aime bien ce poème de Rumi.

Il parle de l'accueil des émotions qui se produisent en nous : joie, dépression, tristesse....

 

Ce texte nous rappelle que la spiritualité n'est pas une fuite de nos émotions et de notre humanité.

 

Il ne s'agit pas de s'évader dans un nirvana imaginaire qui serait vide d'émotions, de difficultés et de problèmes.

 

Non, la spiritualité consiste à vivre et à embrasser ce qui se produit.

 

Mais cet accueil n'est pas le fait de l'individu. Ce n'est pas "José" ou "Pierre" ou "Sophie" qui accueille, c'est la conscience pure, l'espace éveillé.

 

L'individu se caractérise au contraire par son refus de ce qui le gène; il n'accueille par grand chose. Il est exclusif, pas inclusif.

 

L'Ouverture de la conscience, au contraire, reçoit tout en elle : les émotions, mais aussi pensées, et les couleurs, les formes, les sons, les sensations...

 

Et paradoxalement, il n'y a aucun effort à faire pour accueillir : tout est déjà accueilli puisque tout est là.

 

Si l'émotion est en vous, c'est que la conscience l'a déjà invitée, et reçue.

 

Il suffit de prendre conscience qu'elle est arrivée ; et de l'honorer par notre attention.

 

Centrés sur l'espace nue de la vaste conscience, nous ne vivons pas les émotions comme des ennemis, mais comme des hôtes de passage, précieux qui nous parlent de notre humanité, et qui pointent tous vers la source immuable qui les accueillent.

Etant vide, nous avons de l'espace pour tout ce qui peut surgir dans l'instant et rien ne peut fermer cette maison d'hotes.

Ayant découvert la vacuité invulnérable, nous ne craignons plus d'être touchés et vulnérables.

Nous sommes touchés, en plein coeur, et pourtant libres.

Le coeur de l'espace.

 

jlr