Quand je dis que pour s'éveiller, il suffit de retourner son regard et de voir qu'il n'y a rien au-dessus de ses propres épaules, il faut bien comprendre ce que cela signifie.

Je ne veux pas dire que "Moi, José, je ne vois rien au-dessus de mes épaules".

Car alors il y aurait encore un "moi" qui affirmerait ne rien voir. Et le "moi" susbsisterait intact à la découverte.Ce n'est pas du tout cela. Un "moi" qui dit "je ne vois rien" n'a pas pris la mesure de l'évidence.

Car l'évidence ne préserve pas un "moi", un "observateur" qui constaterait - sans en être affecté - qu'il existe une vacuité là où d'habitude il y a un penseur et un observateur.

La découverte vide la place de tout observateur, d'où l'étonnement de l'éveil.

Car c'est une découverte quand même stupéfiante de constater que là où on avait placé un "moi" pendant toutes ces années -20, 30, 40, 50 ans...- il n'y a rien, sinon le monde.

Donc ce n'est pas un "moi" qui voit qu'il n'y a rien, c'est le Rien qui prend conscience de lui-même, dans une connaissance qui n'est pas duelle (un sujet face à un objet) mais dans une intuition non-duelle.

Ainsi, les personnes qui me disent ou m'écrivent "Ok, je vois qu'il n'y a rien au-dessus des épaules, et alors ?" maintiennent encore un"moi" qui observe le rien ; et on est alors infiniment loin de ce qu'il s'agit de constater.

L'éveil supprime l'observateur.

Ce qui n'est pas rien....

et pourtant ce n'est rien.

jlr

 

Je demande souvent à mes amis qui voyagent loin de me rapporter des photographies en première personne, prises consciemment à partir de la vacuité.

En voici deux, prises la semaine dernière, l'une par Franck Terreaux  à New-York.

 

franck new york

 

Et une autre prise par Eric à Tiruvanalamai en Inde.

eric