Alain Jacquemart publie un nouveau livre sur Bernard Harmand, son enseignant spirituel.

Vous n'êtes pas ce que vous croyez être.

Vous-n-etes-pas-ce-que-vous-croyez-etre

J'avais déjà lu son précédent livre que j'avais trouvé très intéressant

jacquemart

 

Dans celui-ci, on assiste à des questions réponses entre des chercheurs et Bernard Harmand, et dans une seconde partie Alain nous présente l'essentiel de l'enseignement de Bernard.

Ce qui est intéressant chez Bernard c'est qu'il place le SOI, la Base, (si j'ai bien compris) au-delà de la conscience. Le Soi n'est pas conscient de lui-même. La conscience apparait le matin et disparait le soir.

D'autre part, la conscience chez lui n'est pas universelle mais toujours individuelle.

Le Soi qui est UN est donc au-delà d'elle.

Ce point de vue est aussi celui de Nisargadatta Maharaj, dont Bernard se dit proche.

Voilà un livre tout à fait passionnant.

 jlr

 

Extrait

A. : Mais quand vous dîtes : « je ne suis pas juste une personne », que cela signifie-t-il ?

Bernard : Mais c’est évident et vous l’expérimentez tous les jours dans le sommeil profond. Quand vous êtes dans le sommeil profond sans conscience, vous n’avez ni conscience d’être ni rien et vous n’êtes pas morte : donc vous n’êtes pas que ça. Vous l’expérimentez.


A. : Et une fois que l’on a cette prise de conscience, c’est l’Éveil ?


B. : Ce serait trop simple. Tout commence par la conscience je l’explique comme cela, en général. On est identifié à ça : notre corps, nos ressentis, nos émotions, notre identité. Et cela se passe au réveil chaque matin : c’est simple. Qu’est ce qui apparaît en premier quand vous vous réveillez ? La conscience d’être n’est-ce pas ? La conscience. Ça ce ne sont pas des choses à croire, vous les expérimentez ; vous vous réveillez et ce qui se passe c’est : « je sais que j’existe ». La conscience apparaît, je me sais exister : ça c’est la conscience ; ensuite le processus mental récupère le fait d’être en disant : « c’est là que tu habites ! » Donc « je suis » c’est la conscience, « dans le corps » c’est le mental qui dit ça, dans le monde, à un moment donné, qui crée l’espace/temps. Tout le monde expérimente cela.(...)

A. : Mais la conscience individuelle ne doit-elle pas devenir universelle ?


Bernard. : La conscience est toujours individuelle, il n’existe pas de conscience universelle...Cette conscience dont on dit n’importe quoi n’est pas une finalité. Bien qu’elle soit indispensable pour l’individu, elle n’est pas permanente ! En tant qu’individu, si vous n’avez pas conscience d’être, vous n’êtes pas : la conscience d’être est donc primordiale et c’est justement la particularité de l’être humain qui sait qu’il existe, contrairement aux autres espèces…

Se savoir exister, être conscient d’être là, permet de comprendre le fonctionnement de la conscience et du processus mental.


A. : Donc pas de conscience universelle, de supraconscience, de conscience cosmique dont il est tout de même question dans de nombreux livres ?


B. : Vous expérimentez, chaque matin au réveil, l’apparition de votre propre conscience qui vous permet aussitôt de vous savoir « existant ». Par contre, avez-vous la moindre expérience d’une quelconque conscience universelle ? Il n’y a pas de supra conscience, il y a tout simplement des consciences différentes. Personne n’a la même conscience, et c’est en plus évident, vous le voyez, vous en avez l’expérience. Quant à une éventuelle conscience cosmique : l’univers n’a pas conscience d’être, il n’est pas conscient de lui-même. C’est parce que vous êtes que le monde, et tout ce qu’il semble contenir, apparaissent dans le champ de votre conscience.


A. : Vous faites souvent la différence entre Conscience et mental. Est-ce très important ?


B. : Vous expérimentez cette différence chaque matin par le processus naturel du réveil
-La conscience apparaît, le « je suis », je me sais existant.
-Puis c’est le processus mental qui identifie le fait d’être à l’endroit où il se trouve : le corps.
-Cette prise de conscience suivie de l’identification tout à fait naturelle à l’ensemble corps-mental, se produit à un certain moment (le temps) et dans un lieu particulier (l’espace). Toute apparition d’une vie particulière n’est possible que dans un espace –temps."