Paroles à prononcer à l'oreille d'un mourant, selon le livre des morts tibétains pour reconnaitre notre vraie nature au moment de la mort du corps.

Cette parole est destinée à ceux qui sont mal familiarisés avec la Claire Lumière de leur vivant ou qui ne la connaissent pas du tout.

Comme une dernière chance en quelque sorte.

"La première [section], la présentation de la claire lumière.dans l'état intermédiaire du moment de la mort, est destinée aux individus qui ont une bonne compréhension mais qui n'ont pas encore été présentés [à leur état naturel], à ceux qui y ont été présentés, mais n'ont développé que peu de familiarité [avec lui], et à toutes sortes de personnes ordinaires qui n'ont pas fait l'expérience des instructions essentielles par l'expérience directe. Grâce à cette présentation de la claire lumière de la Base, sans même éprouver l'état intermédiaire, ils atteindront le Corps de réalité non né en s'élevant directement vers un état de totale transparence".

jlr

livre-des-morts

"Prononcez ces paroles : Fils de noble famille Untel : le temps est venu pour toi de chercher ton chemin. Dès l'arrêt de ta respiration va émerger ce qu'on appelle la claire lumière du premier état intermédiaire - ce que ton maître t'a jadis présenté. Ta respiration externe va cesser et tous les phénomènes feront place à un vide nu pareil à l'espace : c'est la Présence éveillée dans sa nudité, sans extériorité, la claire vacuité dépourvue de limites et de centre. À cet instant précis, reconnais-la par toi-même, en toi-même et repose en elle. Il est temps que je te la présente. ( ... )

Fils de noble famille Untel, écoute ! À présent émerge en toi la claire lumière de la Réalité pure. Reconnais-la ! Cette essence limpide, cet état présent, est une pure vacuité où n'existe en essence aucune substance, aucune caractéristique ni aucune couleur. Cela même est Samantabhadrî, la Réalité absolue. C'est l'essence vide de ta propre conscience. Or, sans sombrer dans le non-sens et un vide d'anéantissement, ta propre conscience est manifestement claire et sans entraves, limpide et vive ... Cette essence vide ... et cette présence claire et vive dans ta conscience, ces deux aspects sont, dans leur indivisibilité, le Corps de réalité des bouddhas ... par-delà la naissance et la mort. Il te suffit de le reconnaître".

Livre des morts tibétain: La Grande Libération par l'écoute dans les états intermédiaires (Bardo Thëdrël Chenmo) (trad. Ph. Cornu, Buchet Chastel, 2009, pp. 400-405