Un beau texte d'Albert Low sur l'évidence de notre nature de bouddha.

jlr

 

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"Comme la vérité est proche !

Dans certains monastères au Ja­pon peut lire cette inscription sur le sol de l'entrée :

«Regar­dez sous vos pieds.»

Parfois on dit :

« C'est juste devant votre nez.»

Mais c'est encore beaucoup plus intime. Je suis, du matin au soir, un courant continuel de connaître, une symphonie sans fin de con­naître, un flux et un reflux de connaître ; je ne quitte jamais le connaître, le connaître est toujours présent, toujours présence.

C'est un grand mystère, et en même temps ce n'est pas un mys­tère .

Un mystère peut être connu, mais il ne peut être exprimé.

Qui peut dire ce qu'est connaître? Ce n'est pas un mystère parce que c'est connaître, et connaître ne peut faire autrement qu'être exprimé. Pénétrer cela apporte une paix qui n'est pas une paix dénuée de conflit, mais une paix qui voit que le conflit aussi est connaître. Les oiseaux volent dans les airs, les poissons nagent sous l'eau; les humains vivent dans le connaître.

Un vieil hymne hindou chante: «Mon Seigneur est dans mon œil, c'est pourquoi – je le vois partout.»

Ça ne peut pas être plus près.

Quand on ins­pire, connaître inspire connaître; quand on expire, connaître ex­pire connaître. C'est tout.

Combien ici vont s'exclamer : «Je me demande ce qu'il veut dire par là.» Ou bien : «Ce doit être plus compliqué que ça.» Ou encore: «Sait-il vraiment de quoi il parle?»

Toutes ces questions sont sans importance.

Cherchez par vous-mêmes.

Peu importe tous ces gens qui disent ceci ou cela, regard­ez par vous-mêmes."

 

Albert Low, Dans la forge de maitre Hakuin