La photographie ci-dessous a été prise dans la ferme de ma grand mère en Bretagne. Je devais avoir 4 ou 5 ans, peut-être 3. C'est un des rares photographies de mon enfance que je possède.

Mais en la revoyant aujourd'hui , je peux me souvenir de l'intense bonheur que je vivais alors. Il me semble d'ailleurs que j'ai traversé toute mon enfance avec un bonheur fou et insouciant.

 

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J'étais vraiment sans tête pour moi-même alors, pure présence ouverte sur le monde, baigné dans l'éternité de l'instant, vibrant par tous mes sens :

l'odeur des foins, la douce chanson de la pluie, le chant du coq, l'eau froide du ruisseau sur mes mains...

J'étais le monde, sans séparation.

Le poète Thomas Traherne a si bien décrit cet état de l'enfance :

"Tout apparaissait Neuf et Etrange au début, ineffablement rare, et Délicieux, et Beau.

J'étais un petit Etranger et à mon Entrée dans le Monde j'étais Salué et Entouré de Joies innombrables. Ma Connaissance était Divine"

C'est l'esprit d'enfance, l'esprit précieux de l'enfance.

Que j'ai perdu, pour entrer dans le monde étroit du personnage adulte.

Et que j'ai enfin retrouvé, 25 ans plus tard,

de manière inespérée et miraculeuse,

L'enfance, toujours présente, immaculée et neuve, m'attendait, patiente.

Et cette enfance m'a demandé lorsque je l'ai retrouvée : "Alors, José, je t'avais manqué, non?"

"Oui, bon sang, tu m'avais manqué, affreusement!"

 

jlr