Lucien a mis en commentaire de l'article d'hier sur les pensées un texte de Hsu Yun avec une belle image (hôte, clients).

Je le place en message pour que tout le monde puisse le lire.

Je ne parlerai pas de "pensées erronées" comme Hsu Yun, car ce qui est erronée - de mon point de vue -  ce ne sont pas les pensées, mais le fait de se prendre pour elles.

Merci à Lucien :

hsu-yun

 

"Comment débuter dans la pratique : distinction entre l’hôte et le client.
Comment doit-on commencer la pratique Ch’an ? Dans le Soûtra de la Marche héroïque, il est question de deux mots : « Poussière étrangère ». C’est justement par ceci que nous devrions commencer. Il est dit dans le Soûtra : « Par exemple, un voyageur s’arrête dans une auberge pour y passer la nuit ou y prendre un repas ; aussitôt fait, il plie bagage et poursuit sa route. L’hôte, lui, ne doit aller nulle part. J’en déduis que celui qui ne reste pas est le client et que celui qui reste est l’hôte. Quand une chose est étrangère, elle ne reste pas. Ou bien, quand dans un ciel clair, le soleil se lève et illumine la maison par l’une de ses ouvertures, on voit la poussière voler dans l’air, alors que l’air lui-même ne bouge pas. Ainsi ce qui reste immobile peut-il être considéré comme vide tandis que seule bouge la poussière. »
La poussière étrangère illustre les pensées erronées et le vide constitue notre propre nature, laquelle est l’hôte permanent qui ne suit pas le client lors de son départ. Cela sert à illustrer le caractère éternel, immuable de notre Propre Nature, qui ne suit pas les flux et reflux des pensées. Il est donc dit : « Si nous ne prêtons attention à rien, nous ne sommes pas dérangé, même au milieu du monde. » Par la poussière, qui vole mais ne trouble pas le vide, qui lui-même reste immuable, on comprend que les pensées erronées affluent et refluent sans émouvoir notre Propre Nature, inaltérable dans sa bhûtatathatâ (NDT : son ainsité). C’est ce que signifie l’adage : « Si la pensée ne s’élève pas, il n’y a rien à réprouver ».
Si les mot « étranger » et « poussière » sont assez frustes, les débutants doivent bien faire la distinction entre « hôte » et « client » ; ainsi ne seront-ils plus chahutés par l’errance de leur pensée. Au fur et à mesure, ils apprendront ce qu’expriment les mots « vide » et « poussière », et ne seront plus gênés par leur pensée vagabonde. Il est dit : « Quand on sait ce qu’est l’erreur, il n’y pas plus de mal. » Si vous approfondissez et comprenez bien tout cela, une bonne moitié de ce qu’est la pratique Ch’an vous deviendra tout à fait claire."

 

 

Cela rappelle ce que disait Shunryu Suzuki :

 

"Laissez votre entrée principale et votre porte arrière ouvertes.
Permettez à vos pensées d’aller et venir.
Mais simplement ne leur servez pas le thé". 

 

               
– Shunryu Suzuki

 

 

Voir aussi ce qu'en dit Douglas Harding ici sur ce blog : http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2015/07/05/32318056.html