Voilà un livre de Denis Marie que je n'avais pas lu (il date pourtant de 2007) et qui contient de belles choses.

Denis Marie raconte un éveil brusque suite à une intervention chirurgicale : il écrit sur son site :

"Le point de départ de tout ceci est l’événement qui a suivi ma transplantation. C’est arrivé le lendemain ou le surlendemain de l’opération au moment où j’exprimais ma reconnaissance. Alors qu’intimement et que du plus profond de mon cœur je remerciais le Ciel pour le dénouement de ma maladie, soudainement, tout se donnait… en moi… et tout autour de moi…

Ébahi, je faisais simplement face à l’évidence. Comme si le filtre duel superposé au réel était tombé. Tout, ici, comme au premier jour ne faisait qu’un. Tout, multiple et singulier, était contenu en un seul et même Ciel, en une seule et même Vérité."

 

denis-marie

 

Extrait:

"L'ouverture, bien qu'elle soit comme le ciel, n'est pas quelque chose que nous pouvons objectiver. Cet espace est par nature indicible et infini. C'est plutôt par un contact, une sensation, ou par sa présence pénétrante que nous réussissons à l'expérimenter. Notre conscience dans cette ouverture est comme nue et libre, elle n'est pas encore compromise dans la saisie dualiste, sujet-objet, intérieur-extérieur. Il ne sert donc à rien de tenter de la rechercher, de l'obtenir, car nous en faisons déjà partie et cela ne peut au contraire que nous en éloigner.

 L'ouverture est notre état intrinsèque, l'origine de toute chose. L'espace a toujours été là, mais nous n'y sommes pas disponibles. Par désaccord avec la vie et par habitude, nous le revêtons, le masquons de nos idées et le réduisons lui-même à une idée. La seule chose dont nous ayons vraiment besoin, c'est d'une détente intérieure, d'une ouverture paisible et confiante. Nous retrouvons l'espace un peu comme on trouve son équilibre, en se calmant et en cessant toute agitation inutile. La différence c'est qu'ici, si nous ne réussissons pas, nous ne risquons pas de tomber, juste de rester coincés là où nous nous maintenons déjà.

Il ne s'agit pas de devenir un « autre », mais de cesser de jouer à celui que nous ne sommes pas, de mettre fin à une comédie à laquelle nous nous raccrochons et qui nous prive de nous-mêmes. L'éveil ne s'ajoute pas, il nevient pas comme un état spécial. Il est pareil à une lampe radieuse qui a été recouverte et cachée et qui une fois dévoilée s'illumine de sa lumière déjà présente.

 Tout est là, aussi, il n'y a pas de réel enjeu. Se tourner vers l'ouverture, c'est se tourner vers une simplicité désarmante, une tranquillité confiante. Il n'y a pas d'ouverture séparée de nous, il n'y a aucune étrangeté, mais une liberté insoupçonnée. Aussi, si nous permet­tons juste à notre agitation de se calmer, détente et ouverture émergeront d'elles-mêmes naturellement. Ce n'est bien sûr pas un relâchement qui endort et qui fait sombrer dans l'apathie, mais bien l'état inverse, car le fait de prendre appui, d'atterrir et de reposer en soi nous donne à goûter pleinement un confort, une paix liée à la stabilité de notre base."

Denis Marie