Dans ce livre, le Dalaï-Lama commente un texte dzogchen de Patrul Rinpoche:

"Trois mots  qui frappent le point vital".

voici un commentaire de D.L.

 

Le-coeur-de-la-meditation

 

"Reconnaissez d'abord en vous le visage naturel de l'esprit le plus secret en l'établissant en vous­-même. Une fois que vous l'avez expérimenté et qu’il constitue votre terrain d'expérience, quels que soient les concepts qui se produisent, que les pensées s'éten­dent à l'extérieur ou se retirent à l'intérieur puis cessent, il n'est pas nécessaire de bloquer inten­tionnellement les concepts. Au contraire, quand se lèvent des concepts bons ou mauvais, quand arrivent des choses bonnes ou mauvaises, vous réa­lisez que, chaque fois, cela provient de la sphère de cet esprit le plus secret, sans entrave et pénétrant tout, que vous avez déjà reconnu. Puis, quand les concepts cessent, vous comprenez qu'ils cessent en lui.          ·

Si vous arrivez à demeurer avec succès dans la reconnaissance de l'esprit le plus secret, peu importe les pensées qui se lèvent, elles ne présentent aucun danger, car vous constatez qu'elles n'excèdent pas le champ de l'esprit le plus secret. Sans avoir besoin de l'analyser, vous reconnaissez que toute pensée se produit dans la sphère de l'esprit le plus secret et qu'elle s'y dissout aussi. C'est pourquoi le texte de Patrul dit : « Que tu te disperses à l'extérieur ou que tu demeures à l'intérieur, que tu éprouves colère ou désir, bonheur ou tristesse, en tout temps, en toute situation, reconnais la sagesse primordiale du Dhar­makaya que tu as identifiée. »

 

Similitude des méditations intérieure et extérieure

 

Au sein de l'esprit le plus secret inexprimable, la pénétration de votre esprit n'est pas obstruée. Cela signifie que, sans entrave ni obstruction, quand les objets apparaissent en méditation, il n'est pas néces­saire de bloquer leur apparition. Au lieu de s'impli­quer et de se laisser captiver par l'apparence des objets, l'esprit demeure uniquement dans l'état cognitif lucide de l'esprit le plus secret. Quand cette pratique est maintenue, l'état de méditation est appelé « égalité méditative » et n'est pas très diffé­rent de la perception des objets après la méditation ou « obtention subséquente ». En ce sens: « Nulle différence entre égalité méditative et obtention sub­séquente.»

Tandis que l'on maintient le visage de l'esprit le plus secret, il n'y a plus lieu de distinguer entre la pratique formelle de l'égalité méditative et la mani­festation de l'esprit sur la base de l'égalité méditative ou en dehors de la pratique formelle d'égalité médi­tative. Que l'on soit ou non en méditation, l'esprit placé ou non sur un objet de contemplation unique, quel que soit le nom de l'état d'esprit où l'on se trouve, quelles que soient les pensées qui se lèvent, elles se lèvent à partir de la seule vibration de l'esprit le plus secret. Tous les concepts proviennent de l'espace de l'esprit· le plus secret. Tous ont pour seule origine le déploiement de l'esprit le plus secret dont ils sont l'effulgence. Si vous arrivez à les voir à partir de l'esprit le plus secret, vous comprendrez qu'ils naissent forcément de l'intérieur de l'esprit le plus secret et que leur lieu de cessation est aussi l'esprit le plus secret. Cela s'appelle « reconnaître les concepts».

Dalaï-Lama