samanta

Texte dzogchen attribué à Buddhagupta ou Buddhaguhya (Sangs rgyas sbas pa),  le sBas pa’i sgum chung , “Les petites graines cachées”,

 

"Hommage au Vainqueur, le glorieux Samantabhadra !
Comment la profonde absence de discursivité
Peut-elle être perçue en tant qu’objet de l’esprit?
Dans l’expérience de la profonde absence de conceptualisation,
Il n’y a rien à part l’expérience elle-même.
Les phénomènes sont juste tels quels
Et ne s’imbriquent pas les uns dans les autres.
Quelle que soit la profondeur des expressions utilisées,
Comment pourraient-elles être appropriées au sens ultime?
Accumulations de mérites et de Sagesse,
Recueillement, purification des propensions,
Ce ne sont là que des clous de fixation :
Dans l’Espace où il n’y a rien à saisir, point d’artifice !
Se tenir le dos droit, les jambes croisées,
Les techniques corporelles artificielles, tout cela
Découle d’un attachement excessif au concept de corps.
Dans l’Espace sans forme, point d’artifices !
Pour ce qui demeure depuis toujours semblable à l’espace,
Il n’y a pas de posture droite les jambes croisées qui tienne !
La nature se présente en tant qu’espace,
Elle est la base des transformations au sein de cet espace.
La Nature de l’esprit est la dimension spatiale pure et parfaite,
La base d’accomplissement de l’Éveil.
La Nature de l’esprit n’a ni fondement ni origine :
Pareille au ciel, elle ne peut être trouvée par une quelconque recherche.
L’Eveil sans naissance
N’est en rien un Eveil issu de causes et de circonstances !"

 

Traduction Philippe Cornu

dans Les cahiers bouddhiques, N° 8