Au-dessus de nos épaules, nous découvrons - si nous sommes attentifs -  la Vacuité, le Grand Rien.

Ici, exactement au centre de nous-mêmes, nous disparaissons complètement en tant qu'individu :

corps, sexe, nationalité, métier, religion, nation,  histoire personnelle, caractère...

...tout...

nous perdons absolument tout ICI.

Comme dans le sommeil.

Nous ne pouvons nous éveiller à ce Grand Rien sans laisser toutes nos caractéristiques individuelles à la porte.

On n'emporte rien avec soi dans ce voyage vers le Centre.

Cela peut paraitre angoissant pour la pensée peut-être,

mais en réalité, l'expérience du Grand Rien est une bénédiction.

Nous découvrons que ce Grand Rien est rempli du monde.

C'est un Grand-Rien-Qui-Est-Toutes-Choses.

Et ce Vide n'est pas mort mais éveillé.

Vibrant.

Il donne vie au monde.

Au lieu de n'être rempli que de moi et de ma petite personne, j'accueille désormais la totalité de ce qui EST.

Et aussi toutes ces caractéristiques que j'avais laissées à l'entrée:

je récupère mon histoire, ma nationalité, mon métier, mes pensées, mon corps etc...

Mais je sais que ces caractéristiques ne me limitent pas.

Elles sont en moi, importantes sans doute, précieuses aussi, mais non essentielles.

jlr

magritte

Magritte, L'ami de l'ordre, 1963.