CONTEMPLATE

 

 

 

"Pratiquement, lorsque nous nous asseyons pour méditer, nous laissons notre esprit au repos dans cet état de lucidité ouverte, en relâchant toutes nos tensions. En nous laissant ainsi aller, nous découvrons un état de transparence, nous nous y abandonnons complètement, nous nous lais­sons en quelque sorte nous dissoudre ; bien que lucide, nous sommes alors absent.

Dans cet abandon et cette absence, nous cessons de lutter avec nous-­même, nous laissons tomber nos points de repères et nos références ha­bituels ; nous « partons en vacances », nous lâchons prise, nous nous laissons partir.

L’expression « en vacances» signifie ici que nous sommes vacant, vide de nous-même, nous ne sommes plus là pour répondre et réagir lorsque les pensées habituelles se présentent : il n'y a pas de répon­deur.

Dans cette qualité de vacance, d'absence, nous découvrons un état de présence véritable qui est plénitude. C'est important de bien le com­prendre : l'absence pourrait être entendue comme quelque chose de né­gatif. En fait, c'est en nous absentant de nos fixations habituelles, de nos projections et de nos conceptions que nous nous rendons disponible, plei­nement présent à ce qui est là. D'ordinaire, nous sommes présent à nos préoccupations et nous sommes absent à ce qui est là. Nous faisons ici le contraire : nous nous absentons de nos préoccupations, et devenons, par là même, disponible et présent à ce qui est là, de la façon la plus simple qui soit,

en laissant être."

Lamas Denys Teundroup

l'esprit de la méditation

dans Méditer, Ed. 3eme millénaire, 2016