Un lecteur me pose quelques questions

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"Bonjour,
Je viens de finir votre livre, sur la connaissance de soi. J'ai bien aimé l'approche analytique du ni ceci ni cela. Ça correspond bien à mon esprit occidental scientifique .
En parlant de science, vous dites que Douglas Harding à élaboré une science de la première personne .
Comme cette science ne semble pas enseignée au grand public, comment y accéder, est ce que les techniques de méditation et de mindfulness sont une pratique de cette science ?
Pratiquant un peu les techniques de pleine conscience, j'ai parfois quelques impressions de cette conscience non duelle. Est il possible de maintenir cette conscience au quotidien ? Par la pratique ? La compréhension ?
Merci d'avance pour vos réponses, et je relirai votre livre dans quelques temps, le temps que ça infuse ...
Bien à vous."

Bonjour,

Je suis content que vous ayez aimé le livre. J'ai aussi une formation scientifique ( je suis diplome d'une grande ecole d'ingénieur) et la rigueur rationnelle est importante dans ma pédagogie.

Peut-être pouvez-vous lire maintenant "S'éveiller à la vacuité", un autre de mes livres où je présente la voie de Douglas Harding avec un certain détail.

La mindfulness ne fait pas exactement partie de cette science de la première personne. La pleine conscience - telle qu'elle est enseignée aujourd'hui, sauf exception - permet de gouter l'espace de la conscience peu à peu, mais ne va pas exactement jusqu'à la non-dualité. Il y a encore quelqu'un qui médite.

Bien sûr si vous rencontrez un enseignant de Mindfullness qui a l'expérience de la non-dualité, il peut vous y conduire par cette méditation.

Dans certains de mes stages, je commence d'ailleurs avec la Pleine conscience, puis j'amène les gens à aller au-delà de "quelqu'un qui médite".

La Voie de la Vision sans tête commence par présenter directement la conscience vaste, sans forme. C'est en fait très simple: il suffit de constater que nous ne voyons pas le monde à partir d'un tête mais d'une immense transparence éveillée, dépourvue d'observateur. Le geste clef consiste à inverser son attention de 180° pour ramener la conscience à sa source, comme on retourne un gant.

Il s'agit d'un expérience plus que d'une compréhension.

Ensuite, on renouvelle ce geste chaque fois qu'on perd de vue cette ouverture.

Puis, peu à peu, il devient naturel de se reposer dans la grande vastitude de la conscience nue, non-conceptuelle.

Il ne s'agit pas de "maintenir" cette conscience, mais de constater que quoi que nous fassions elle est déjà là : c'est notre vraie nature.

Le quotidien est ainsi intégré dans la claire lumière, et tout s'accomplit dans et à partir de cette ouverture non-duelle.

Amicalement

José