Voici un extrait du livre réalisé par Mathieu :

Témoignages contemporains d'éveil

Lorsque l'éveil (appelons-le ainsi) s'est produit le 21 mars 1992 , j'étais seul, et je n'ai pas pu partager ce qui arrivait. D'où ma difficulté à réaliser ce que ce que je vivais, et aussi mes inquiétudes parfois. Je me souviens que je me demandais  : Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Où ai-je disparu?

La rencontre avec Douglas Harding a été très importante, à ce moment-là, comme je le dis dans le texte. Cela m'a rassuré. Ok. Cette vacuité, c'est ma vraie nature. Et cette vacuité est pleine, sans forme, éveillée et sans limite.

C'est pour cela que j'ai accepté de témoigner dans ce livre : pour que d'autres personnes puissent comprendre ce qui se passe quand la conscience bascule au-delà du moi.

jlr

 

neige

« J’ai découvert ma vraie nature seul, en lisant un livre de Nisargadatta Maharaj (« Je Suis ») (je venais d’avoir 27 ans). Ce fut un énorme choc. Pendant un an, je n’ai absolument pas compris ce qui venait d’arriver et je ne pouvais le partager avec personne, même pas avec ma compagne Lorène. A cette époque, on trouvait moins d’enseignants de non-dualité (il en pousse aujourd’hui comme des champignons), et les livres de témoignage sur l’éveil étaient plus rares. Cette période fut à la fois très problématique et exaltante.

 

Problématique, car je n’arrivais pas à intégrer l’éveil dans ma vie ; en fait, aussi étrange que cela me paraisse aujourd’hui, je ne savais même pas que c’était un éveil spirituel. J’ai même pensé parfois que j’avais perdu la raison ce qui ne manqua pas de me causer quelques inquiétudes. Mais ce moment fut aussi exaltant car, n’ayant aucune grille d’interprétation pour saisir ce qui se passait, je vivais cela comme une existence tout à fait sauvage, libre, inconnue ; chaque jour était surprenant. De fortes extases, des levées d’énergie énormes (la fameuse kundalini), allaient et venaient, surtout dans les 6 premiers mois.

 

Puis, il y eut la rencontre avec Douglas Harding, à Paris, le 17 avril 1993. Douglas avait fait la même découverte 60 ans auparavant, et il trouva les mots pour me faire comprendre ce qui m’était arrivé. Je sentis que je pouvais me reposer dans cette vacuité et lui faire confiance. Douglas me donna aussi les outils pour partager cette expérience avec d’autres personnes, ce que j’ai fait sans interruption depuis lors et que je continue encore de faire.

 

Il est essentiel de pouvoir comprendre l’expérience de l’éveil (même si on ne peut jamais complètement la comprendre), sans quoi elle peut se révéler problématique et, peut-être, dangereuse. Pour moi, la rencontre avec un homme (et quel homme !) qui vivait l’éveil fut indispensable.

 

J’ai aussi appris à distinguer les expériences mystiques qui parfois se produisaient, de l’éveil lui-même, qui n’est pas une expérience mais le champ immuable dans lequel apparaissent toutes les expériences, agréables, désagréables ou neutres. Douglas insistait à juste titre sur ce point ; l’éveil est ordinaire, il est ce que nous sommes ; il est déjà réalisé ici et maintenant. »

José Le Roy