Une lectrice du Blog, Caroline, m'a signalé ce livre de Gérard Pfister que je viens de lire :

Le pays derrière les yeux

sorti en 2009, chez Arfuyen, éditions que Pfister dirige depuis 1975.

La poésie du livre est superbe.

Il y a de fortes résonances avec ce que dit Douglas Harding.

Pfister évoque ce qu'il y avant le regard, derrière le regard, ce pur silence, d'où tout surgit.

Merci à Caroline

Extraits

Pfister-Gerard

 

derrière les yeux

est ta naissance

 

la nuit

engendre

 

mille et une fois

l'unique nuit

 

mille et une fois

un seul regard

 

*

 

regarde

derrière le regard

 

celui qui regarde

inexistant

 

celui qui voit

sans visage

 

*

 

dans le pays derrière les yeux

 

le temps

n'a plus cours

 

un seul point

dévore l'espace

 

*

 

ma patrie

n'a pas de nom

 

pas de frontière

elle est

 

derrière mes yeux

derrière

 

tes yeux

 

*

 

pur espace

 

sans rien

ni personne

 

espace ouvert

de tous les sens

 

et d'aucun

 

*

 

derrière les yeux

ce silence

 

ce vide

avant

 

qu'apparaissent

les choses

 

quand n'existe

encore

 

que leur promesse

 

*

 

avant

le premier jour

 

avant que la lumière

 

fût encore

avant

 

la nuit

quand il n'y avait

 

que la vision