« Les Ecritures disent qu'il y a en nous un homme extérieur et un homme intérieur...

Dehors, il y a le vieil homme, l'homme terrestre, la personne extérieure, l'ennemi, le serviteur.

A l'intérieur de nous tous, il y a l'autre personne, l'homme intérieur, que les Ecritures appellent l'homme nouveau, l'homme céleste, la personne jeune, l'ami, l'aristocrate. »

Maitre Eckhart

 

vieilhomme

 

Cette citation de Maitre Eckhart, le plus grand mystique de la chrétienneté (14 ème siècle), est illustrée par le dessin de Douglas Harding.

Le vieil homme (ou la vieille femme), nous le trouvons tous les jours dans le miroir, à peu près à un mètre de distance. Il est terrestre (c'est un individu), temporel (il a un âge), il est limité (il a une forme et une taille).

C'est à cette apparence périphérique que nous nous identifions toute la journée, depuis des années et des années. Cet homme extérieur est appelé "l'ennemi" par Eckhart parce que ce personnage périphérique prétend nous réduire à lui, lui qui n'a aucune liberté (l'esclave), lui qui n'est qu'une chose éphémère et dépendante.

Mais si nous inversons notre attention, si nous revenons en notre Centre, nous nous éveillons à l'homme intérieur, à cette présence sans âge (l'homme jeune), transcendante (l'homme céleste) et qui embrasse la totalité du monde. Cet homme est libre (l'aristocrate), il est l'ami qui nous apporte joie et détachement.

Bien sûr, les mots d'Eckhart et le dessin de Douglas Harding ne sont que des outils pédagogiques à dépasser ensuite dans l'expérience, car ultimement il n'y a ni intérieur, ni extérieur et la Présence n'est pas celle d'un homme ou d'une femme. Vu à partir de la Présence d'ailleurs, le petit personnage dans le miroir cesse d'être un ennemi et nous pouvons l'aimer pour ce qu'il est : une incarnation de la Présence.

Cette Présence est le fond sans fond de l'Un.

jlr